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Évacuations de Kaboul : l'inévitable comparaison avec la chute de Saïgon en 1975

29 avril 1975. Des civils sud-vietnamiens escaladent le mur de 4 mètres de haut de l'ambassade des États-Unis à Saigon, pour essayer d'atteindre des hélicoptères d'évacuation alors que les derniers Américains quittent le Vietnam. L'annonce de l'évacuation des ressortissants américains par 3000 GI à Kaboul, face à la progression des talibans, a ravivé aux États-Unis la douloureuse histoire de la chute de Saïgon.<br />
Photo AP
29 avril 1975. Des civils sud-vietnamiens escaladent le mur de 4 mètres de haut de l'ambassade des États-Unis à Saigon, pour essayer d'atteindre des hélicoptères d'évacuation alors que les derniers Américains quittent le Vietnam. L'annonce de l'évacuation des ressortissants américains par 3000 GI à Kaboul, face à la progression des talibans, a ravivé aux États-Unis la douloureuse histoire de la chute de Saïgon.
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3.000 soldats américains vont être déployés en Afghanistan pour évacuer diplomates et ressortissants de Kaboul. Les talibans menacent la capitale afghane. Cette situation ravive aux États-Unis le douloureux souvenir de la chute de Saïgon.

C'est une photo qui a immortalisé aux États-Unis la défaite américaine au Vietnam. Elle montre des réfugiés embarquant à bord d'un hélicoptère sur le toit d'un immeuble. Ce cliché envahit à nouveau les réseaux sociaux après l'annonce du Pentagone de l'envoi de 3000 soldats pour sécuriser l'évacuation de civils de la capitale afghane.

En raison de "l'accélération des offensives militaires des talibans" et de "la hausse de la violence et de l'instabilité", Washington a décidé de "réduire encore davantage" sa présence diplomatique à Kaboul, vient d'annoncer en effet le porte-parole du département d'État Ned Price.

29 avril 1975, zone d'atterrisage d'hélicoptères de l'ambassade des États-Unis à Saigon, au Vietnam. Le personnel autorisé et des civils sont évacués en dernière minute face à l'armée populaire vietnamienne. C'est la "chute de Saigon". Alors que les forces américaines et de l'OTAN approchent du 11 septembre 2021, date limite pour quitter l'Afghanistan, beaucoup se souviennent de cet exode désespéré et précipité de Saigon. De nombreux Américains exhortent l'administration Biden à évacuer des milliers d'Afghans qui travaillaient comme interprètes ou aidaient les opérations militaires américaines ces deux dernières décennies.<br />
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29 avril 1975, zone d'atterrisage d'hélicoptères de l'ambassade des États-Unis à Saigon, au Vietnam. Le personnel autorisé et des civils sont évacués en dernière minute face à l'armée populaire vietnamienne. C'est la "chute de Saigon". Alors que les forces américaines et de l'OTAN approchent du 11 septembre 2021, date limite pour quitter l'Afghanistan, beaucoup se souviennent de cet exode désespéré et précipité de Saigon. De nombreux Américains exhortent l'administration Biden à évacuer des milliers d'Afghans qui travaillaient comme interprètes ou aidaient les opérations militaires américaines ces deux dernières décennies.
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3000 soldats pour sécuriser l'évacuation


Pour mener à bien cette évacuation de diplomates américains, le Pentagone va déployer 3.000 soldats à l'aéroport international de la capitale afghane, a précisé son porte-parole John Kirby. Un millier d'autres seront envoyés au Qatar en soutien technique et logistique, tandis que 3.500 à 4.000 vont être prépositionnés au Koweït pour faire face à une éventuelle dégradation de la situation.
 


L’Afghanistan fonce vers un immense désastre, prévisible et qui aurait pu être évité
Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat américain


Regarder  : "Les Afghans ne veulent pas d'un émirat islamique après 20 ans de démocratie", estime l'ambassadeur de l'Afghanistan en France
 

Le chef des républicains au Sénat américain Mitch McConnell a éreinté l'administration démocrate de Joe Biden pour ces décisions.

"L’Afghanistan fonce vers un immense désastre, prévisible et qui aurait pu être évité. Et les tentatives surréalistes de l'administration pour défendre la politique dangereuse du président Biden sont franchement humiliantes", a tonné Mitch McConnel dans un communiqué.

"Les décisions du président Biden nous précipitent vers une suite encore pire que la chute humiliante de Saïgon en 1975", poursuit dans son communique le vétéran du Sénat.

29 avril 1975. Une mère sud-vietnamienne et ses trois enfants se tiennent sur le pont d'un navire de commandement amphibie en train d'être retiré de Saigon par des hélicoptères de la Marine américaine au Vietnam. La guerre a pris fin le 30 avril 1975, avec la chute de Saigon, aujourd'hui connue sous le nom de Ho Chi Minh-Ville, aux mains des troupes communistes du nord. <br />
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29 avril 1975. Une mère sud-vietnamienne et ses trois enfants se tiennent sur le pont d'un navire de commandement amphibie en train d'être retiré de Saigon par des hélicoptères de la Marine américaine au Vietnam. La guerre a pris fin le 30 avril 1975, avec la chute de Saigon, aujourd'hui connue sous le nom de Ho Chi Minh-Ville, aux mains des troupes communistes du nord. 
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Regarder : Afghanistan : une guerre aux traces indélébiles

"Zéro" comparaison possible selon Joe Biden  

Pourtant, depuis l'annonce à la mi-avril d'un retrait total des forces étrangères d'Afghanistan d'ici au 11 septembre, l'administration de M. Biden a tout fait pour éviter le parallèle avec le Vietnam.


Il n'y aura personne qu'il faudra évacuer par les airs du toit d'une ambassade américaine en Afghanistan. Ce n'est pas du tout comparable.
Joe Biden, président américain

Récemment, le président américain affirmait qu'il y avait "zéro" comparaison possible entre le départ d'Afghanistan et la fin piteuse de la guerre au Vietnam. "Il n'y aura personne qu'il faudra évacuer par les airs du toit d'une ambassade américaine en Afghanistan. Ce n'est pas du tout comparable", assurait-il.

"Je peux avoir tort, on ne peut pas prédire l'avenir, mais je ne vois pas Saïgon 1975 en Afghanistan", renchérissait deux jours plus tard le chef d'état-major américain, le général Mark Milley. "Les talibans ne sont pas l'armée nord-vietnamienne", ajoutait-il avec dédain.

29 avril 1975. Des civils sud-vietnamiens escaladent le mur de 4 mètres de haut de l'ambassade des États-Unis à Saigon, pour essayer d'atteindre des hélicoptères d'évacuation alors que les derniers Américains quittent le Vietnam.<br />
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29 avril 1975. Des civils sud-vietnamiens escaladent le mur de 4 mètres de haut de l'ambassade des États-Unis à Saigon, pour essayer d'atteindre des hélicoptères d'évacuation alors que les derniers Américains quittent le Vietnam.
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Une opération d'évacuation qui n'a pas de nom 

Pressé de questions jeudi sur la nouvelle mission des militaires américains à Kaboul, le porte-parole du Pentagone John Kirby a refusé de la qualifier d'"opération d'évacuation de non-combattants", dite NOE dans le jargon militaire américain. Il a aussi indiqué que cette opération n'avait pas de nom et évité de parler d'évacuations.

La mission "NOE" la plus célèbre est l'opération "Frequent Wind", au cours de laquelle plus de 7.000 civils vietnamiens avaient été évacués de Saïgon les 29 et 30 avril 1975 par hélicoptère.

29 avril 1975. Des citoyens américains arrivent à bord du navire de commandement et de contrôle USS Blue Ridge après avoir été évacués de Saigon, au Sud-Vietnam, par des hélicoptères de la Marine et de l'Air Force des États-Unis.<br />
US Navy via AP
29 avril 1975. Des citoyens américains arrivent à bord du navire de commandement et de contrôle USS Blue Ridge après avoir été évacués de Saigon, au Sud-Vietnam, par des hélicoptères de la Marine et de l'Air Force des États-Unis.
US Navy via AP

"Protéger les nôtres"


Questionné sur l'image qu'allait donner le départ de diplomates américains sous protection militaire et l'inévitable comparaison avec la chute de Saïgon, M. Kirby a tenté de souligné les différences avec le Vietnam de 1975.

Ce n'est pas les laisser tomber, c'est faire ce qu'il faut quand il faut pour protéger les nôtres.John Kirby,  porte-parole du Pentagone

"Nous ne laissons pas tomber les forces afghanes. Nous n'éliminons pas complètement notre présence diplomatique sur le terrain"", a-t-il répondu. "Personne n'abandonne l'Afghanistan", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas les laisser tomber, c'est faire ce qu'il faut quand il faut pour protéger les nôtres".

Afghanistan : Washington envoie 3000 soldats à Kaboul pour rapatrier ses ressortissants

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