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Extinction Rebellion : qui sont les "rebelles" de l'urgence climatique ?

Des militants d'Extinction Rebellion, lundi 15 avril à Londres.
Des militants d'Extinction Rebellion, lundi 15 avril à Londres.
© AP Photo/Alastair Grant

Des arbres plantés sur un pont de la capitale britannique, des funérailles "pour toutes les espèces disparues"...  Depuis le début de la semaine, le mouvement Extinction Rebellion mène des actions à Londres où il est né, ainsi que dans d'autres villes à travers le monde. Objectif, réclamer un état d'urgence écologique.

"Seule la colère pousse les gens à changer. Aucun changement n'est possible sans détresse émotionnelle". Roger Hallam, qui s'exprime ainsi sur la BBC, est l'un des fondateurs du mouvement. Extinction Rebellion n'a que quelques mois d'existence mais ses actions spectaculaires ont déjà marqué les esprits, en particulier cette semaine en Grande-Bretagne, le pays où il est né.

Lundi 15 avril, XR, abréviation du nom du mouvement, lance une "semaine internationale de rébellion". L'objectif, dénoncer l'inaction des gouvernements face à l'urgence climatique. En début de semaine, ils sont donc des milliers dans les rues de Londres, sur les ponts, devant des bâtiments emblématiques, des sièges d'entreprises comme le pétrolier Shell, accusé d'"écocide", de destruction des écosystèmes.

Autre action, ce mercredi 17 avril à Paris. Devant le ministère de l'Agriculture, des militants XR organisent un die-in pour, disent-ils, soutenir le monde paysan.

Le mouvement se caractérise par des actions de désobéissance massives et ponctuelles.

Lucas, militant Extinction Rebellion

Quels modes d'actions ? 

Des actions spectaculaires et transgressives, tel est le mode d'action d'Extinction Rebellion. L'idée est de "passer un cran au dessus" nous explique Lucas, un militant français du mouvement : "On part du constat que signer des pétitions, envoyer des mails, faire des marches pour le climat, etc… ça a eu son temps, ça a ses objectifs, mais pour un changement systémique profond ou des mesures concrètes, cela ne suffit pas. Le mouvement se caractérise par des actions de désobéissance massives et ponctuelles". Lucas, qui est étudiant, avait auparavant milité au sein d'un autre mouvement, Alternatiba, "mais, explique-t-il, j'ai changé parce que je sentais l’urgence et je pensais qu’on pouvait et devait faire plus si, demain, nous voulions avoir une chance d’avoir une planète habitable". 

Une rue de Londres bloquée le lundi 15 avril par des militants d'"Extinction Rebellion".
Une rue de Londres bloquée le lundi 15 avril par des militants d'"Extinction Rebellion".
© AP Photo/Kirsty Wigglesworth

Que revendique XR ?

En France, "nous demandons d'abord au gouvernement et aux entreprises de reconnaître la gravité et l’urgence des crises écologiques actuelles. On leur demande de dire à la population qu’ils sont responsables d’une partie des émissions de gaz à effet de serre et de l’épuisement des ressources naturelles, que notre modèle de croissance et de recherche du profit a mené à cette crise. Nous leur demandons de prendre des mesures pour pallier cette crise". Quelles mesures ? réduction immédiate des gaz à effet de serre "pour atteindre en 2025 la neutralité carbone", mais aussi "arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océanique et terrestre". Enfin, Extinction Rebellion demande la création d'une "assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et qui sera garante d’une transition juste et équitable pour tous". 

Déclaration de rébellion

XR est né en octobre 2018 en Angleterre. Il est issu d'une campagne initiée par l'organisation britannique Rising up qui revendique une révolution politique et économique radicale.
En France, le mouvement est officiellement créé le 24 mars dernier. Le jour de sa "déclaration de rébellion", XR mène une action à Paris au Muséum d'histoire naturelle. Lucas y participe : "nous avons voulu montrer de manière symbolique la catastrophe climatique en cours et l’extinction des espèces". L'événement est retransmis en direct sur la page Facebook du mouvement. Aujourd'hui, selon Lucas, il réunit un millier de militants actifs dans l'Hexagone, "mais ça grossit très vite".
Les actions sont organisées via des messageries, utilisées également pour faire le lien entre les différents pays.

Un maximum d'arrestations

A Londres, au soir de la deuxième journée d'actions, environs 300 militants avaient été interpellés. "L’idée, explique Lucas, est d’avoir un maximum d’arrestations : la désobéissance civile, c'est ne pas avoir peur de se faire arrêter pour une lutte qui nous parait juste et plus que nécessaire".

 

En Images : nouvelles opérations de désobéissance à Londres ce jeudi 19 avril.

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Récit : Jean-Luc Eyguesier, montage : Alice Langlois
© TV5MONDE