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Fin du conflit social chez les douaniers

Manifestation de douaniers devant leur direction régionale à Marseille, le 7 mai 2019
Manifestation de douaniers devant leur direction régionale à Marseille, le 7 mai 2019
afp.com - Boris HORVAT

Sortie de crise aux douanes : deux mois et demi après les premiers contrôles stricts et les longues files d'attente aux départs vers la Grande-Bretagne, les syndicats de douaniers se sont mis d'accord avec Bercy sur une hausse de rémunération progressive et des négociations sur leurs conditions de travail.

A l'unanimité les organisations syndicales de la douane ont paraphé vendredi un accord prévoyant une hausse de rémunération de 50 euros nets par mois pour les quelque 17.000 douaniers à compter du 1er novembre, au lendemain de la nouvelle échéance du Brexit.

Episode final du conflit social initié le 4 mars par les syndicats pour demander plus de moyens en vue du Brexit - alors supposé intervenir le 29 mars -, le protocole d'accord prévoit que l'augmentation soit graduellement portée à environ 65 euros d'ici mi-2021.

Un geste qui correspond à une enveloppe de l'ordre de 2 à 3 millions d'euros pour l'exercice 2019. Elle passera à 17 millions d'euros annuels, quand en 2022 la montée en charge du dispositif sera complète, d'après l'entourage du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Soit un peu plus que l'offre initiale de 14 millions proposée mi-mars par le ministre et rejetée par les syndicats.

Cette rallonge sera autofinancée par les douanes, via d'autres économies dans leur budget, qui tourne autour de 1,5 milliard d'euros, assure-t-on à Bercy.

"Il faut savoir sortir des crises", a commenté auprès de l'AFP David-Olivier Caron, secrétaire général de la CFDT-Douanes, premier syndicat de la profession.

"Près de trois mois de conflit, c'est du jamais-vu depuis 2002", assure-t-il, insistant sur ce que le ministère a "mis sur la table": "Ce n'est pas rien".

La mobilisation avait perdu en intensité depuis quelques semaines, loin des retards en série d'Eurostar et des kilomètres de bouchons provoqués aux abords du port de Calais et du tunnel sous la Manche début mars.

"Le mouvement a pris différentes formes", justifie David-Olivier Caron, citant des "rassemblements" devant les directions régionales et des "rencontres avec les élus".

- "Amnistie générale" -

Les syndicats ont aussi obtenu une autre de leurs principales revendications : la revalorisation des heures de nuit via un alignement par le haut, sur le barème des catégories supérieures.

"C'est la fin d'un système injuste avec des montants en fonction des grades", salue la secrétaire générale de la CGT-Douanes Manuela Donà. Elle a signé le texte mais considère que les "avancées salariales ne sont pas à la hauteur".

Dans ce protocole, approuvé par les sept syndicats de la profession (CFDT, CGT, FO, Solidaires, Unsa, CFTC et CFE-CGC), le directeur général des douanes, Rodolphe Gintz s'engage également à un "état des lieux" des conditions de travail, permettant d'identifier les travaux à mener en priorité.

"C'est le plus important", juge David-Olivier Caron, parlant d'un "grand chantier" et d'une "négociation au long cours". Elle concernera aussi l'organisation et le temps de travail, après une "analyse de l'impact du Brexit" menée au "début de l'année 2020".

Principale ombre au tableau, de l'avis des syndicats, la poursuite par la direction générale des procédures disciplinaires à l'encontre de douaniers qui ont désobéi aux consignes hiérarchiques lors du mouvement social.

Ils sont 19 agents dans cette situation, selon eux, une petite trentaine d'après Bercy.

"L'amnistie générale aurait dû faire partie du protocole de sortie de crise", regrette Manuela Donà, dont le syndicat a lancé une pétition exigeant la "levée de toute forme de sanction disciplinaire".