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Flambée de violences en Haïti : le gouvernement fait volte-face

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TV5MONDE

La colère des Haïtiens ne faiblit pas, malgré la suspension de l'augmentation des produits pétroliers. Une hausse perçue comme insupportable par la population qui fait face à une pauvreté extrême, un chômage de masse et une inflation supérieure à 13%.

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Voitures incendiées et magasins pillés jalonnent les rues de Port au Prince et du Cap Haitien, déchirées depuis vendredi par des émeutes liées au coût de la vie en Haiti. A l'origine de cette nouvelle flambée de mécontement, l'annonce par le gouvernement d'une forte augmentation de l'essence (+38%), du diesel (+47%) et du kérosène (+51%).
 

Le gouvernement a tenté de persuader les citoyens qu'il était obligé de réviser les prix des produits pétroliers, en choisissant soigneusement ses éléments de langage : "On ne parle pas d'augmentation mais plutôt de mettre les carburants aux prix auxquels ils doivent être, soulignait le Premier ministre dans son message télévisé. "De 2010 à 2018, Haïti a subventionné les carburants à hauteur de 50 milliards de gourdes, soit environ un milliard de dollars. Ce montant aurait pu nous permettre de construire beaucoup de kilomètres de route (...), beaucoup de salles de classe (...), beaucoup de centres de santé", a expliqué le chef du gouvernement pour justifier la mesure impopulaire. Avec effet immédiat, la mesure reflète surtout les nouvelles conditions de l'aide du Fonds monétaire international au pays et la fin de la subvention publique des produits pétroliers.

Devant la flambée de violence, le président Jovenel Moïse est intervenu solennellement samedi soir à la TV assurant avoir entendu les protestataires et les a appelés à rentrer chez eux : "Dès que vous parlez, j'écoute. Parce que vous avez commencé à m'envoyer ce message depuis hier soir, je l'ai reçu et j'ai corrigé ce qu'il y avait à corriger", a-t-il déclaré.

Le bilan fait état de 2 morts au moins ce dimanche, un policier lynché à mort, et un manifestant, tandis que la situation politique reste très incertaine.