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FMI: Lagarde "horrifiée" par l'affaire Khashoggi mais ira à Ryad

La directrice générale du FMI Christine Lagarde lors d'une réunion du Fonds dans l'île indonésienne e Bali, le 13 octobre 2018
La directrice générale du FMI Christine Lagarde lors d'une réunion du Fonds dans l'île indonésienne e Bali, le 13 octobre 2018
afp.com - Goh Chai Hin
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La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde s'est dite samedi "horrifiée" par l'affaire Khashoggi, le journaliste saoudien disparu en Turquie, mais a néanmoins confirmé son intention de participer au sommet économique "Davos du désert" à Ryad.

"Les droits de l'homme, la liberté de l'information sont essentiels (...) Je suis horrifiée. Mais je dois conduire les affaires du FMI aux quatre coins du globe", a déclaré Mme Lagarde, lors de la conclusion d'une réunion du Fonds dans l'île indonésienne de Bali.

"Quand je visite un pays je dis toujours ce que je pense, vous me connaissez, je le fais", a-t-elle souligné. "Donc, à ce stade, je ne vais pas changer mes projets mais je serai très attentive aux informations qui vont apparaître ces prochains jours et je vais m'exprimer", a averti la responsable.

Egalement à Bali, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a lui aussi indiqué qu'il comptait toujours participer à la réunion des 23-25 octobre à Ryad.

"Pour l'instant, la réponse est que j'y vais (...) Si plus d'informations apparaissent la semaine prochaine, je les prendrai bien sûr en compte", a-t-il précisé samedi, interrogé au cours d'un point presse.

"Evidemment je veux exprimer mon inquiétude pour M. Khashoggi et sa famille" et "j'ai hâte de voir les résultats de l'enquête", a poursuivi le responsable américain.

De son côté, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, lui aussi présent à Bali, a estimé dans un entretien au média britannique BBC: "Nous devons avoir une ferme exigence pour éclaircir les faits".

"Nous devons savoir ce qui s'est exactement passé et qui exactement est responsable (...) J'ai l'impression que ce genre d'incidents se multiplient", a-t-il ajouté, affirmant qu'il fallait "demander des comptes" à Ryad.

L'Arabie saoudite a démenti samedi qu'un ordre ait été donné de "tuer" le journaliste dissident Jamal Khashoggi, disparu à Istanbul depuis son entrée le 2 octobre dans le consultat saoudien.

Le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Abdel Aziz ben Saud ben Nayef, a dénoncé dans une déclaration officielle comme des "mensonges sans fondement" les affirmations selon lesquelles des "ordres" ont été donnés de "tuer" ce journaliste.

Plusieurs médias, dont le Financial Times, The New York Times et The Economist ont retiré leur soutien à cette conférence, vitrine du pharaonique plan "Vision 2030" de l'Arabie Saoudite, censé transformer le premier exportateur mondial de pétrole en géant technologique et touristique.

Le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi ne devrait pas s'y rendre, de même que le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin.