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France : Decathlon suspend la commercialisation de son "hijab du sport"

Capture d'écran du site Internet de Decathlon.
Capture d'écran du site Internet de Decathlon.

Des salariés "insultés et menacés", un déferlement de critiques sur les réseaux sociaux, puis la marche arrière. Le groupe Decathlon était en passe de devenir la première entreprise française à commercialiser des habits islamiques en France, avant de renoncer. Pour des milliers d'Internautes et une partie de la classe politique française, cette décision contrevenait aux "valeurs" du pays. Retour sur 48 heures de polémique.

Après Nike et Uniqlo entre autres, Decathlon a bien failli devenir la première entreprise française à vendre des habits islamiques en France, avant de renoncer suite aux "insultes et menaces" qu'ont reçus les salariés de Decathlon, comme l'a déploré le groupe sur Twitter ce mardi 26 février 2019.

 

Retour sur la polémique

Tout a commencé ce lundi 25 février 2019. La twittosphère s'enflamme sur la vente prochaine, en France, d'un "hijab de running". Les réactions s'enchaînent. Aurore Bergé, la députée du parti d'Emmanuel Macron, La République En Marche, indique que son "choix de femme et de citoyenne, sera de ne plus faire confiance  à une marque qui rompt avec nos valeurs".
 
Tweet de la députée Aurore Bergé
Tweet de la députée Aurore Bergé
© Capture d'écran Twitter
D'autres tout aussi virulentes viennent de la droite, du parti Les Républicains. Sa porte-parole, Lydia Guirous, dénonce un "marketing communautaire".
Tweet de la porte-parole du parti Les Républicains, Lydia Guirous
Tweet de la porte-parole du parti Les Républicains, Lydia Guirous
© Capture d'écran Twitter
Des milliers de réactions hostiles ont été publiées sur Twitter, d'autres aussi en faveur de la décision de Decathlon de vendre ce "voile de course à pied", qui couvre la tête et le cou des femmes musulmanes, désireuses de se voiler la tête tout en pratiquant la course à pied.
 

Decathlon assume, puis jette l'éponge

Ce lundi 25 février 2019, l'entreprise assume encore son choix :

Nous ne renions aucune de nos valeurs. (...) Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif.

Extrait d'un tweet de Decathlon, publié le 25 février 2019

Decathlon vend déjà ce "hijab de running" dans un des 43 pays dans lequels le groupe est présent, le Maroc. Mais alors que la polémique enfle, ce mardi 26 février 2019, impossible de trouver le "hijab de running" sur le site internet de Decathlon Maroc.

La vente de ce hijab sportif était prévu "courant mars", a indiqué à TV5MONDE l'enseigne sportive contactée sur Twitter, et uniquement sur le site Internet. La vente est désormais annulée "jusqu'à nouvel ordre" a indiqué ce mardi 26 février 2019 le directeur de la communication de l'enseigne sportive, Xavier Rivoire chez nos confrères de RTL.

Ces polémiques sur le port du voile en France ne sont pas nouvelles : elles ont éclaté lors du vote de la loi du 15 mars 2004, interdisant le port de signes religieux jugés "ostensibles", comme le hijab.

Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.

Article 1 de la loi du 15 mars 2004

D'autres débats ont éclaté six ans plus tard, quand la France a interdit la dissimulation du visage dans l'espace public le 11 octobre 2010, et donc le voile intégral, comme le niqab ou la burqa.

À revoir
Notre chronique de ce mardi 25 février 2019 sur le dossier :

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