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France : Gilets Jaunes, acte V

Un cinquième samedi de mobilisation des "Gilets Jaunes"s'est déroulé dans le calme en France. Le mouvement donne des signes d'essouflement. 

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Mise à jour de 17h 30 - heure de Paris : 

Les différentes manifestations ont été beaucoup plus calmes que la semaine dernière.
La place de l'Opéra à Paris a été "occupée" avec chants, discours et minute de silence. Reste un point chaud, les Champs Elysées, où des accrochages avec les forces de l'ordre ont eu lieu. En fin de journée, ces dernières semblaient tenter d'évacuer les derniers manifestants avec des canons à eau.
Des échauffourées sont également signalées à Toulouse. 
La mobilisation est en baisse.  Les autorités ont recensé 33.500 participants dans toute la France en début d'après-midi, soit moitié moins que la semaine dernière.




Quelques milliers de manifestants étaient recensés samedi à Paris vers 12H00 d'après l'annonce de Préfécture de Police de Paris, qui veut y voir une plus faible mobilisation. Les Champs-Elysées sont encore une fois le point principal de rassemblement 
 

Paroles de gilets jaunes: 

recueillis par nos envoyés spéciaux sur les Champs-Elysées. 
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TV5MONDE - Nicolas Dudouet -Rémy Lescaut


Les premiers "gilets jaunes" convergeaient samedi dans le calme sur les Champs-Elysées, encadrés par un dispositif sécuritaire d'ampleur, pour l'acte V d'une mobilisation nationale. 
Autre point de mobilisation à Paris : l'Opéra -Garnier où les manifestants se sont rassemblés pour un sitting sur les marches. 
"La dernière fois, on était là pour les taxes, cette fois, c'est plus pour les institutions : on veut plus de démocratie directe", résume dans le froid mordant Jérémy, intérimaire de 28 ans venu de Rennes en famille "gueuler pour se faire entendre". 
Les façades de contreplaqué sont devenues un décor familier, comme à chaque week-end de mobilisation. Sur les Champs-Elysées, le Publicis Drugstore s'est protégé pour éviter une nouvelle tentative d'attaque comme celle de la semaine dernière. 
A Bastille ou à République, banques et magasins sont encore une fois barricadés derrière de hautes plaques de bois. La Banque de France s'est elle aussi ceinturée de hautes plaques de métal.
Mais contrairement à la semaine dernière, la vie matinale s'anime, notamment dans les cafés et magasins, qui ont ouvert leur portes, timidement, en attendant de voir...
Ouverts aussi la Tour Eiffel, l'Opéra Garnier, les musées du Louvre, d'Orsay et le Grand palais, fermés samedi dernier, tout comme les grands magasins (Galeries Lafayette, BHV et Printemps) à l'approche de Noël. Rue de Rivoli ou place de l'Opéra, plusieurs grandes enseignes de prêt-à-porter, protégés par des plaques de bois, sont également ouvertes.
Sur la place de la République, plusieurs magasins accueillent le public avec des vitrines couvertes de contre-plaqué, dont le Go Sport, pillé en fin de journée samedi dernier. 
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Ambiance sur les Champs-Elysées, samedi matin (images TV5Monde Rémy Lescaut)


Peu avant 09H30, une trentaine de personnes avaient été interpellées en Ile-de-France, dont 17 dans l'agglomération parisienne, bien loin des 300 interpellations recensées à la même heure samedi dernier dans le cadre de contrôles préventifs. Au total, il y eut près de 2.000 interpellations, un record.
L'ampleur des manifestations, qui ont réuni 136.000 personnes lors des deux derniers épisodes marqués par des scènes de guérilla urbaine et un dispositif sécuritaire exceptionnel, va être scrutée de près par un exécutif en proie à une crise sociale inédite.
"On s'attend à un mobilisation un peu moindre mais avec des individus un peu plus déterminés", a déclaré vendredi soir le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez.
Autour de l'arc de Triomphe, des fourgons de gendarmes mobiles étaient positionnés depuis l'aube. 8.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, appuyés par 14 véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG). 

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, a assuré sur la chaine française BFMTV samedi que les commerçants ont fait état de pertes d'activité "en moyenne de -25%, avec des pointes à -50, -70, dans certains endroits -90%".
Environ 69.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés, contre 89.000 samedi dernier. En régions où de nombreuses manifestations sont annoncées, des renforts sont prévus là ont eu lieu des violences, comme Bordeaux ou Toulouse.            

 Mobilisation en régions                

L'A6 a été coupée dans les deux sens à la limite entre la Saône-et-Loire et le Rhône par le préfet par précaution face à la mobilisation attendue de "gilets jaunes".
A Bordeaux, l'office de tourisme a en revanche annulé toutes ses visites guidées prévues samedi après-midi et fermera ses portes à la mi-journée. De nombreux services et établissements culturels publics garderont leurs portes closes.

Les annonces d'Emmanuel Macron lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, ont été diversement reçues par des Français, réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d'achat. 
"100 euros de plus pour les smicards c'est du flan, ça ne concerne qu'une minorité de personnes", a regretté samedi à Paris Ludovic, 40 ans, conditionneur cariste venu manifester d'Amiens.
Après l'attentat jihadiste de Strasbourg mardi qui a fait quatre morts, les appels, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, à ne pas manifester ont aussi été rejetés par une partie des "gilets jaunes", n'y voyant aucun rapport.
Si les modérés, représentés par le collectif des "gilets jaunes libres" ont appelé à une "trêve" et estimé que "le temps du dialogue est venu", d'autres ont affiché leur détermination à redescendre dans la rue pour obtenir de nouvelles avancées sociales et économiques.