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France : le premier ministre précise les annonces anti-Covid face à un Parlement houleux

Le Premier ministre français Jean Castex lors de sa conférence de presse, le 18 mars 2021. 
Le Premier ministre français Jean Castex lors de sa conférence de presse, le 18 mars 2021. 
(Martin Bureau/Pool via AP)

Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron pour freiner l’épidémie de coronavirus, le Premier ministre, Jean Castex s'exprime devant l'Assemblée Nationale, ce jeudi 1er avril, avant un débat et un vote

Jean Castex a précisé jeudi 1er avril au matin devant l'Assemblée nationale les nouvelles restrictions annoncées la veille par Emmanuel Macron pour tenter de juguler la troisième vague de Covid-19, avant un vote qui devrait être marqué par un boycott massif des oppositions.

Ces nouvelles mesures sont "nécessaires pour nous permettre de franchir un cap, espérons-le un dernier cap, dans la perspective du déploiement massif de la vaccination et d’un retour à une vie normale", a justifié Jean Castex.​

"Il n’y a pas d’opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical, nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts, conseils scientifiques et médicaux"
Jean Castex, premier ministre français

  • La consommation d'alcool sur la voie publique sera interdite, a notamment annoncé le premier ministre.
  • Alors que crèches et établissements scolaires vont fermer pendant trois à quatre semaines, dont une à deux semaines de cours à distance et deux semaines de vacances unifiées sur tout le territoire, il a précisé que les motifs impérieux permettant des déplacements hors de son département incluront "ceux liés à un motif familial, comme par exemple accompagner ou aller chercher un enfant chez un parent, un grand-parent ou un proche."
  • Les concours de l'enseignement supérieur prévus au cours des quatre prochaines semaines "seront maintenus" et leurs conditions d'organisation "adaptées". Les examens ne pouvant se faire en distanciel seront en revanche "reportés autant que possible" sur "le mois de mai".
  • Le gouvernement compte aussi aider les "familles modestes dont les enfants n'iront plus à la cantine ou ne pourront plus bénéficier de petits-déjeuners gratuits", a promis Jean Castex, avec des modalités précisées "dans les prochains jours".

Le premier ministre a condamné "sans réserve" ceux qui ne respectent pas "les règles sanitaires", visant notamment les participants à de récents "rassemblements festifs" ou ceux refusant le port du masque, qui devront être poursuivis "systématiquement" par les parquets.

(Re)lire : Covid-19 : Macron annonce un “freinage renforcé” partout dans l'Hexagone et une fermeture des écoles

Boycott des oppositions de droite et de gauche

Débutée à 09H00 dans une ambiance houleuse, la déclaration du premier ministre "sur l'évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre" est suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du parlement.

Les oppositions de droite (LR) comme de gauche (LFI, PS, PCF) ont annoncé qu'elles ne prendraient pas part au vote, dénonçant un "piétinement du parlement" appelé à se prononcer sur des mesures déjà actées par l'exécutif.

"Il n’y a pas d’opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical, nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts, conseils scientifiques et médicaux", a aussi souligné Jean Castex alors que l'exécutif est accusé d'avoir tardé à serrer la vis quand scientifiques et opposition de droite comme de gauche l'y appelaient.

Un débat parlementaire sur les élections régionales

Jean Castex a annoncé jeudi l'organisation prochaine d'un débat au Parlement, après avoir consulté les partis politiques, sur la possibilité de tenir les 13 et 20 juin prochains les élections départementales et régionales, au regard du contexte sanitaire.

Après avoir reçu lundi un "avis particulièrement balancé" du Conseil scientifique, qui "ne préconise pas clairement et explicitement un report des élections", M. Castex doit rendre ce jeudi son propre "rapport" sur ces scrutins, déjà reportés de mars à juin.

Mais ce nouveau document ne devrait pas trancher clairement, M. Castex ayant décidé d'"engager sans délai une consultation des partis politiques représentés au Parlement (...) et des associations d'élus locaux". 

A ce stade, la quasi-totalité des formations politiques se sont dites pour le maintien des scrutins en juin.