Info

France : les infections sexuellement transmissibles en très forte hausse

© Domaine public / Wikipedia
© Domaine public / Wikipedia

Les infections sexuellement transmissibles, qui peuvent entraîner de graves complications, ont explosé chez les jeunes Français de 15-24 ans. C'est le résultat de l'enquête publiée par Santé publique France ce 18 juillet.

dans

Les résultats de la dernière étude publiée par Santé publique France, sur les infections sexuellement transmissibles (IST) ont de quoi inquiéter. Selon l’agence nationale de santé publique, le nombre de cas d'IST, qui se transmettent lors de rapports sexuels non protégés, est en très forte hausse. Notamment les infections à chlamydia et à gonocoque, fréquentes et très contagieuses, qui ont été multipliées par trois entre 2012 et 2016. Les plus touchés ? Les jeunes de 15-24 ans (voir encadré ci-dessous). 

En 2016 :

- 267 097 cas d'infection à chlamydia contre 77 000 en 2012 : les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont les plus touchées. Les régions les plus affectées : l’Ile-de-France et la Guadeloupe.

- 49 628 infections à gonocoque contre 15 000 en 2012 : les hommes sont majoritairement touchés sauf dans les départements d’outre-mer où les femmes prédominent.

Lire l'étude : Infections sexuellement transmissibles (IST) : préservatif et dépistage, seuls remparts contre leur recrudescence

"Nous sommes face à un échec complet de nos campagnes de prévention", estime ce 22 juillet sur la radio France Inter, Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue andrologue, directeur médical à l’Institut Fournier à Paris : "On a beaucoup ciblé sur la prévention vis-à-vis du sida, ce qui est tout à fait justifié car c'est une infection grave". Mais les IST peuvent, elles aussi, entraîner de graves complications. Non traitée, la chlamydiose, qui frappe majoritairement les jeunes femmes de plus de 15 ans, peut être la cause de stérilité, d'une grossesse extra-utérine ou encore d'endométriose. Et "trois femmes par jour meurent du cancer de l'utérus à cause du papillomavirus", précise Jean-Marc Bohbot. 

Mieux ancrer l'usage du préservatif 


Comment expliquer une telle hausse ? "Une partie de l'augmentation est liée à un meilleur dépistage", indique le docteur Bohbot, grâce à plus de centres dédiés sur le territoire et des tests plus efficaces. Même s'il reste encore du travail : selon l’enquête de la mutuelle Smerep sur la santé des étudiants fin juin, 41 % des étudiants et 62 % des lycéens ne se font jamais dépister lors d’un changement de partenaire.

La première raison de l'augmentation des cas d'infection restent les comportements à risque et notamment le recours "non systématique" au préservatif, souligne Florence Lot, responsable de l'unité VIH/sida, hépatites B et C, IST à Santé publique France.  D'après la même étude de la Smerep, 48 % des étudiants et 20 % des lycéens déclarent ne pas en utiliser à chaque rapport sexuel.

Une utilisation de manière très épisodique "et pas pour tous les rapports sexuels", regrette Jean-Marc Bohbot. Exemple : la fellation est un acte sexuel pour lequel l'usage du préservatif est très souvent omis, "alors qu'elle représente, pour toutes les IST, un risque identique aux autres pénétrations".

Inciter à utiliser ce moyen de protection, c'est d'ailleurs l'objectif de la campagne web de Santé publique France - "Un préservatif ça peut te sauver la vie. Gardes-en toujours sur toi" - lancée jusqu'au 17 août et qui renvoie vers le site onSexprime.fr dédié à la sexualité des jeunes :
 

 

Le sida, encore du travail

Près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, a annoncé ONUSIDA dans son dernier rapport publié ce 18 juillet. Dans les pays développés, comme en France, une disparition de la maladie est aujourd'hui un "objectif réaliste" selon le médecin Jean-Marc Bohbot, infectiologue andrologue, directeur médical à l’Institut Fournier à Paris, invité, ce 22 juillet, sur France Inter. Dans les pays en voie de développement, c'est une autre histoire. En cause : le manque de dépistage et d'accès aux mêmes traitements. L'Amérique du Sud et l'Asie du Sud-Est sont aujourd'hui particulièrement touchées. Des zones où les programmes de lutte contre le sida ont été moins importants. 

Autre problème : la baisse drastique des financements avec 7 milliards de dollars en moins par an. A la veille de la conférence internationale sur le sida qui s'ouvre ce lundi 23 juillet à Amsterdam, Jean-Marc Bohbot affirme que si le niveau de financements ne reste pas le même, le sida continuera de progresser dans certaines régions du monde.