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France : quelles sont les propositions des candidats à l’élection présidentielle autour de la santé ?

Le personnel de l'hôpital universitaire de Strasbourg en  France observe une minute de silence lors d'un rassemblement pour "la mort de l'hôpital" le 14 janvier 2022. La santé va se retrouver au coeur de l'élection présidentielle de 2022.
Le personnel de l'hôpital universitaire de Strasbourg en  France observe une minute de silence lors d'un rassemblement pour "la mort de l'hôpital" le 14 janvier 2022. La santé va se retrouver au coeur de l'élection présidentielle de 2022.
Jean-Francois Badias/AP

Le quinquennat d’Emmanuel Macron a été bouleversé par la pandémie de Covid-19. La santé est devenue un enjeu central pour les candidats à l’élection présidentielle française de 2022. Quelles sont leurs différentes propositions ? Tour d'horizon. 

Nombre de lits dans les hôpitaux, accès aux soins, hôpital public… La pandémie du covid-19 a replacé la santé parmi les préoccupations majeures des Français. Les candidats à l’élection présidentielle de 2022 se sont emparés de ce thème. Ils multiplient les déplacements dans les hôpitaux, tout en faisant d’importantes promesses concernant le secteur sanitaire et hospitalier. L'Assurance maladie en France, branche de la sécurité sociale, représente un budget de plus de 238,8 milliards d'euros en 2021.

Les propositions des candidats divergent sur certains axes importants, comme la lutte contre les déserts médicaux ou la restructuration de l’hôpital public. Lorsque les familles politiques se rapprochent, les propositions aussi. Il y a également des promesses qui font un peu plus l’unanimité. C’est le cas notamment de la déconjugalisation de l’allocation pour les adultes handicapé (AAH).

Valérie Pécresse, une coopération renforcée

La candidate Les Républicains (LR) Valérie Pécresse souhaite « donner un nouveau souffle à l’hôpital public. » Ainsi, elle s’engage à recruter 25 000 soignants supplémentaires en 5 ans. Elle envisage aussi de renforcer la coopération entre médecine de ville, hôpitaux publics et privés.

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Pour lutter contre les déserts médicaux, la candidate LR veut créer une bourse d’études pour les médecins exerçant 10 ans dans un désert médical. Il s’agirait d’une dotation prévue par l’Assurance maladie pour « abonder la rémunération des professionnels de santé en fonction de leur activité dans les zones sous tensions. » Elle formule également des propositions en matière d’insertion des personnes en situation de handicap, notamment pour que les entreprises et associations prennent des engagements pour employer 6% de personnes en situation de handicap

Marine Le Pen souhaite la suppression des ARS

Marine Le Pen, candidate pour le parti d’extrême droite le Rassemblement National (RN) estime que la meilleure gestion de l’hôpital public passe par la suppression des Agences Régionales de Santé (ARS). Elle souhaite lutter contre les déserts médicaux en développant la revalorisation de la rémunération selon le lieu d’installation, la télémédecine, mais aussi en augmentant le recrutement pour « combler les postes vacants », en créant 10 000 places supplémentaires dans les formations d’infirmiers et d’aides soignants.

À quoi servent les ARS ? 
Les ARS sont en charge de la mise en oeuvre de la politique de santé du gouvernement à l'échelle régionale. En plus de coordonner les activités, elles sont aussi chargées de distribuer le budget en fonction des besoins à toutes les structures hospitalières publiques de la région. 

La candidate d’extrême droite souhaite allonger la durée du congé proche aidant et créer une indemnité spécifique de 300 euros pour eux. Elle se positionne en faveur de la déconjugalisation de l’AAH. 

Éric Zemmour, une santé de proximité

Eric Zemmour, candidat d’extrême-droite pour son parti baptisé Reconquête blâme également les ARS pour les réductions des capacités hospitalières. Il souhaite donc les supprimer pour redonner le pouvoir aux médecins dans l’hôpital et aux préfets

Eric Zemmour, lors d'une réunbion publique à Chambéry le 25 février 2022.
Eric Zemmour, lors d'une réunbion publique à Chambéry le 25 février 2022.
© AP Photo/Laurent Cipriani

Il souhaite faire embaucher 1 000 médecins pour les envoyer dans les déserts médicaux comme salariés. Il propose également de rétablir des obligations de garde pour les médecins libéraux.

Nicolas Dupont-Aignant souhaite décentraliser les soins 

Afin de préserver l’hôpital public, le candidat de Debout La France Nicolas Dupont-Aignant propose de rouvrir un établissement de santé par département afin de cesser les concentrations de ces établissements. Il s’agirait de doter chaque département d’un hôpital, d’une maternité, etc. 

Le candidat de Debout La France Nicolas Dupont-Aignant, avant une rencontre entre le Premier ministre et les leaders de partis politiques français pour discuter des mesures de lutte contre le Covid-19 le 20 mai 2020.
Le candidat de Debout La France Nicolas Dupont-Aignant, avant une rencontre entre le Premier ministre et les leaders de partis politiques français pour discuter des mesures de lutte contre le Covid-19 le 20 mai 2020.
Thomas Coex/AP

Contre les déserts médicaux, il propose la création d’une bourse à destination des étudiants en médecine. Les récipiendaires doivent s’engager à travailler dans un désert médical pendant leurs cinq premières années. Le candidat de Debout la France se montre aussi en faveur de la déconjugalisation de l’AAH et souhaite la revaloriser de 160 €

Jean Lassalle, former plus de médecins

S’il est élu, Jean Lassalle, candidat pour Résistons! s’engage à « recruter 100 000 infirmiers et aides soignants sur la durée de (son) mandat. » Il mise aussi sur la proximité, en promettant que chaque Français aura un hôpital à moins de 40 minutes de chez lui. 

Jean Lassalle souhaite aussi augmenter le nombre de places dans les universités de médecine, mais aussi « financer les études pour ceux qui s’engagent pour une durée de six ans dans les territoires déficitaires. » Favorable à la déconjugalisation de l’AAH, le candidat souhaite aussi retirer les seuils d’âges pour les prestations de compensations

Emmanuel Macron veut permettre aux médecins de gagner du temps

Emmanuel Macron a affirmé que la santé serait un chantier majeur de son second quinquennat, s'il est réélu. Avec « moins de charges administratives pour les soignants, plus de responsabilités pour les paramédicaux et une place centrale des médecins dans la gouvernance », il souhaite faire en sorte que l'hôpital soit plus axé sur l'humain. Pour faire face aux déserts médicaux, le président sortant propose que des pharmaciens ou infirmiers réferents puissent renouveler des ordonannces afin de « dégager du temps pour les médecins. » Il envisage aussi de rendre plus flexible la relation entre les hôpitaux et les médecins libéraux. 

Le président français Emmanuel Macron lors d'un bref passage au Salon de l'agriculture, le 26 février 2022 à Paris.
Le président français Emmanuel Macron lors d'un bref passage au Salon de l'agriculture, le 26 février 2022 à Paris.
© Ludovic Marin, Pool via AP

En matière d'inclusivité des personnes en situation de handicap, Emmanuel Macron proposer d'augmenter le temps de travail des accompagnants des élèves en situation de handicap afin de « mieux aider les enfants », notamment pour l'accompagnement.

Jean-Luc Mélenchon, une tarification plus cohérente

Pour son parti La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon axe son programme santé sur le recrutement de médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs. Il promet également de « revenir sur la tarification à l'acte et les suppressions de lits et de personnels. »

Le candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, avant son débat avec Éric Zemmour, à Paris, jeudi 23 septembre 2021. (Bertrand Guay, Pool Photo via AP)<br />
 
Le candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, avant son débat avec Éric Zemmour, à Paris, jeudi 23 septembre 2021. (Bertrand Guay, Pool Photo via AP)
 
Bertrand Guay / AP

Le candidat insoumis propose également de mettre les étudiants à contribution pour lutter contre les déserts médicaux. Concrètement, il souhaite «  créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études ».

Yannick Jadot souhaite réformer le financement de l'hôpital

Pour Europe Écologie les Verts, Yannick Jadot envisage de changer le mode de financement de l'hôpital, « qui ne peut se concevoir comme une industrie rentable » et améliorer les conditions de travail du personnel soignant. 

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Yannick Jadot souhaite mettre en place une politique inclusive du handicap. Cette politique se traduit par « l’accessibilité de tous à tous les services publics », la généralisation des traductions en français Facile à lire et à comprendre, l’accès au transports, à l’information et à la communication. 

Anne Hidalgo, en finir avec « l'hôpital-entreprise »

Anne Hidalgo, candidate pour le Parti Socialiste (PS) souhaite « tourner la page de l’hôpital-entreprise ». Pour cela, elle veut modifier les modalités d’évolution et de maîtrise des dépenses de santé en se basant sur des objectifs de santé publique plutôt que des indicateurs budgétaires. 

La maire de Paris et candidate à l'élection présidentielle française Anne Hidalgo, lors d'une conférence de presse le 13 janvier à Paris.
La maire de Paris et candidate à l'élection présidentielle française Anne Hidalgo, lors d'une conférence de presse le 13 janvier à Paris.
Michel Euler/AP

En matière de handicap, elle souhaite former tout le personnel éducatif afin de rendre l’école plus inclusive. Pour Anne Hidalgo, la lutte contre les déserts médicaux passe par la formation d’un plus grand nombre de personnel médical. De cette manière, elle souhaite former « jusqu’à 15 000 nouveaux médecins par an. » Les infirmiers, aides-soignants, techniciens et agents hospitaliers seraient aussi concernés. 

Nathalie Arthaud pour la réouverture des établissements de proximité

La candidate de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud souhaite créer des postes dans l’hôpital public, mais aussi mettre en place la gratuité des soins. Elle estime également nécessaire la réouverture des établissements de santé qui ont été fermés, pour permettre un accès plus égalitaire aux soins. 

Pour la déconjugalisation de l’AAH, Nathalie Arthaud souhaite que la loi actuelle sur l’inclusion soit réellement appliquée. Celle-ci prévoit notamment l’intégration des enfants en situation de handicap à l’école et l’embauche de travailleurs handicapés. 

Fabien Roussel pour un fonctionnement hospitalier basé sur les besoins et non le budget

Candidat du Parti Communiste Français (PCF), Fabien Roussel prévoit de créer 100 000 emplois pour développer l’hôpital public et de titulariser tous les contractuels.  Il souhaite également abroger la loi hôpital-patient-territoire de 2009, ce qui permettrait de restructurer le fonctionnement budgétaire de l’hôpital. Plutôt que de fonctionner par un budget alloué à chaque activité, il se baserait sur « l’obligation de moyens et non de résultats ». 

Des affiches de campagne du candidat du PCF à l'élection présidentielle française Fabien Roussel. 
Des affiches de campagne du candidat du PCF à l'élection présidentielle française Fabien Roussel. 
Bob Edme/AP

Le candidat communiste plaide aussi pour la déconjugalisation de l’AAH. Il estime également que le droit effectif à l’autonomie doit être assuré sans reste à charge.  Pour lutter contre les déserts médicaux, Fabien Roussel souhaite réguler l’installation des médecins en zones denses. Elle ne serait possible que si un autre médecin part à la retraite. 

Philippe Poutou, favorable à l'embauche massive

Pour améliorer les conditions de travail dans les hôpitaux, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou est favorable à la formation et à l’embauche de 200 000 hospitaliers sur tout le territoire, ainsi que l’ouverture de 100 000 lits

Il souhaite également créer des centres de santé publics, gratuits et polyvalents sur tout le territoire. En plus de vouloir déconjugaliser l’AAH, il estime nécessaire que celle-ci soit égale au SMIC