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France : un Afghan rapatrié soupçonné de liens avec les talibans

<p>Un gendarme sécurise l'arrivée d'un avion gouvernemental transportant des rescapés de Kaboul à l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, le 17 août 2021.</p>

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Un gendarme sécurise l'arrivée d'un avion gouvernemental transportant des rescapés de Kaboul à l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, le 17 août 2021.

AP/ Francois Mori

Un Afghan rapatrié en France, présumé proche des talibans par les autorités françaises, a été placé en garde à vue, a affirmé Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Quatre autres rapatriés proches de lui ont été placés sous surveillance, d'après le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Ces cinq hommes ont fait l'objet d'une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes. Un homme a particulièrement retenu l'attention des autorités :"même si cette personne a très largement aidé à l'évacuation de l'ambassade de France, nous pensons qu'il peut être lié aux talibans", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

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Selon l'arrêté pris par le ministre, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. "Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquêtes de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a ajouté le ministre.

L'homme "risquait des représailles importantes suite à son aide sur place", a précisé une source proche du dossier.

"Sous surveillance de la DGSI"

À l'arrivée du vol à Abu Dhabi, la Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) "a fait le travail qu'elle n'avait pas pu faire à Kaboul" en menant des entretiens de sécurité, a expliqué M. Darmanin.

À son arrivée en France ce week-end, il s'est vu notifier la Micas, tout comme trois de ses proches "pour l'heure non directement soupçonnés". Quant au cinquième homme, "on a vu après une enquête DGSI qu'il avait des liens avec ces personnes bien qu'étant venu séparément", a détaillé le ministre.

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Les cinq sont sous "surveillance de la DGSI" et font l'objet de mesures de "restriction de liberté", a-t-il précisé. "Je n'ai pas eu d'autres remontées de la DGSI" quant à d'autres ressortissants pouvant être concernés par de telles mesures, a-t-il ajouté. "Cependant nous sommes extrêmement attentifs".

"Le gouvernement doit expliquer aux Français ce qui empêcherait d'expulser en urgence absolue ces individus", a réagi sur Twitter Xavier Bertrand, candidat de droite à la présidentielle. "Le droit doit s'adapter aux besoins de notre sécurité. Pas l'inverse".

"Le devoir d'accueil de la France passe en second plan quand la sécurité des Français est menacée. Cet impératif tombe sous le sens sauf pour... le gouvernement !", a de son côté tweeté Marine Le Pen (RN).