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Gaza: ouverture de la frontière après une trêve entre Israël et le Djihad islamique

Des Palestiniens célèbrent l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le mouvement du Djihad islamique dans la ville de Gaza, tôt le lundi 8 août 2022.
Des Palestiniens célèbrent l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le mouvement du Djihad islamique dans la ville de Gaza, tôt le lundi 8 août 2022.
(Photo AP/Fatima Shbair)

Des camions de carburant sont entrés dans la bande de Gaza lundi matin, après l'entrée en vigueur d'une trêve entre le Djihad islamique et Israël au terme de trois jours d'hostilités. Les bombardements israéliens sur l'enclave ont coûté la vie à 44 Palestiniens.

Un journaliste sur place a vu entrer des camions de carburant par le point de passage des marchandises de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza. Samedi 6 août. La seule centrale électrique de Gaza avait été mise à l'arrêt en raison d'une pénurie de carburant.

Les points de passage entre l'État hébreu et la bande de Gaza, fermés mardi 2 août, par Israël, ont été rouverts "pour des besoins humanitaires lundi". C'est ce qu'a annoncé dans un communiqué le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense. celui-ci supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

"Le retour à la routine se fera en fonction des développements de la situation et si la sécurité est respectée", ajoute le communiqué du ministère.

Après cette trêve négociée par l'Égypte, intermédiaire historique entre Israël et les Palestiniens, l'Etat hébreu a aussi annoncé la reprise de la circulation ferroviaire dans la zone proche de la bande de Gaza. Il a autorisé ses citoyens vivant dans les villages limitrophes de l'enclave palestinienne de quitter les abris.

Médicaments, électricité

Dimanche 7 août, le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que la trêve entrerait en vigueur à 23H30 locales, tout en soulignant que son pays "se réservait le droit de répondre fermement à toute violation"

A Gaza où il est implanté, le Djihad islamique a lui confirmé qu'il "cesserait les hostilités" à partir de cette heure-là. Il a cependant aussi averti qu'il se réservait "le droit de répondre à toute (nouvelle) agression" israélienne.

(Re)voir Gaza : une trêve fragile en vigueur

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Des sirènes d'alerte se sont déclenchées dimanche soir dans des localités du sud d'Israël proches de la bande de Gaza, malgré l'accord de trêve selon l'armée israélienne.

"Des sirènes ont retenti dans le secteur adjacent de la bande de Gaza", a rapporté l'armée dans un court communiqué, après avoir dit continuer ses frappes sur l'enclave palestinienne. La trêve négociée par l'Egypte devait entrer en vigueur à 20H30 GMT.

Joe Biden a cependant salué le cessez-le-feu et remercié le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour le rôle joué par son pays dans sa négociation. Le président américain a également demandé que des enquêtes soient menées sur les victimes civiles, qu'il a qualifiées de "tragédie".

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland a salué sur Twitter l'accord de trêve mais affirmé "que la situation rest(ait)e très fragile".
 

L'accord de trêve prévoit entre autres "l'engagement de l'Egypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers" du Djihad islamique aux mains d'Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Dimanche, dix-sept Palestiniens dont neuf enfants ont été tués dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans l'enclave sous blocus israélien depuis plus de quinze ans.

Depuis le début vendredi de l'opération israélienne, "44 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants" et "360 ont été blessés", selon le ministère. Il a fait en outre état d'immeubles entiers détruits dans les frappes.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes. D'après l'armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, la grande majorité ayant été interceptées.

Les autorités israéliennes ont par ailleurs affirmé que certains Palestiniens tués auraient péri à cause de tirs de roquettes ratés du Djihad islamique vers Israël, tombées dans l'enclave palestinienne.

A Gaza, le directeur de l'hôpital al-Chifa a affirmé que son établissement avait besoin en urgence de médicaments et d'électricité.

"Attaque préventive"

L'armée israélienne a présenté son opération lancée vendredi comme une "attaque préventive" contre le Djihad islamique. Au cours de cette opération, ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués de même que plusieurs combattants du groupe.

(Re)voir Proche-Orient : affrontements entre Israël et le Djihad islamique à Gaza

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La mort des chefs militaires a été confirmée par le Djihad islamique, considéré comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Les autorités israéliennes ont justifié leur opération par leurs craintes de représailles du Djihad islamique après l'arrestation de Bassem al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

(Re)lire Proche-Orient : une centaine de roquettes tirées depuis Gaza après une "attaque préventive" d'Israël

Ces derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Djihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en onze jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat.