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Gianni Infantino vit désormais au Qatar, un mauvais signe pour le football ?

Gianni Infantino, le patron de la Fédération internationale de football (FIFA) lors de la Coupe arabe, à Doha (Qatar) en décembre 2021.
Gianni Infantino, le patron de la Fédération internationale de football (FIFA) lors de la Coupe arabe, à Doha (Qatar) en décembre 2021.
© REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Le président de la Fédération internationale de football association entretient-il une relation problématique avec le royaume du Qatar ? Oui, répond le journal suisse Blick qui révèle cette semaine que Gianni Infantino est parti s'installer à Doha, à plus d'un an de la Coupe du monde dans cette monarchie du Golfe. Le patron de la FIFA se défend et y juge sa présence nécessaire.

"La préparation et l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar sont un projet d’une importance exceptionnelle, tant pour le football et la FIFA que pour le Qatar". Ainsi le patron du football mondial commente-t-il, dans les colonnes du journal suisse Blick les informations révélées par ce même quotidien.

A un an du mondial dans le royaume qatarien, Gianni Infantino y aurait déjà posé ses valises, scolarisé deux de ses filles, et loué une maison dans la capitale Doha.
Une présence prématurée estime le journal, expliquant que même au sein de la FIFA, la fédération internationale de football dont Infantino est le numéro un, ce déménagement survenu en octobre dernier fait grincer quelques dents.

Interrogé par le journal français Le Monde, son prédécesseur, Sepp Blatter, raconte qu’il avait pour habitude de s’installer dans les pays organisateurs des grandes compétitions, "seulement une semaine à l’avance".
"Sous ma présidence, nous avons organisé des Coupes du monde au Japon et en Corée du Sud, en Allemagne, en Afrique du Sud et au Brésil. Mais il ne me serait jamais venu à l’idée de transférer mon domicile dans l’un de ces pays", déclare Blatter aux journalistes du Monde. Infantino lui-même, en 2018, ne serait arrivé en Russie que "quelques jours avant le mondial"

Une histoire d'amour

Mais, pour le quotidien suisse, entre Infantino et le Qatar, "c'est une histoire d'amour". Et c'est là que le bât blesse, considère Blick. En effet, depuis une profonde réforme de la gouvernance de la FIFA, le président dispose  essentiellement d'un rôle de représentation. Les affaires opérationnelles reviennent de facto à la Secrétaire générale de la fédération, en l'occurence la sénégalaise Fatma Samba Diouf Samoura. Par conséquent, l'argument d'Infantino selon lequel sa présence à Doha est nécessaire pour préparer le Mondial ne tient pas la route.

Alors que fait-il dans le royaume ? "Nous avons reconstitué une partie du quotidien d'Infantino durant les mois de novembre et décembre" 2021 affirme le journal suisse. "Des images le montrent en train de rire avec l’émir du Qatar, de faire la fête lors d’une course de Formule 1 à Doha et pendant des matches de la Coupe d’Arabie dans le stade. Des activités assez loin de ses obligations professionnelles", estiment les journalistes de Blick.

Le 21 décembre 2019, Gianni Infantino enlace Joaan bin Hamad Al Thani, l'un des fils de l'émir du Qatar.
Le 21 décembre 2019, Gianni Infantino enlace Joaan bin Hamad Al Thani, l'un des fils de l'émir du Qatar.
© REUTERS/Ibraheem Al Omari

Mal à l'aise

"Gianni Infantino semble mal à l'aise", "la FIFA veut étouffer l'affaire"... Pour le quotidien suisse, ce déménagement plus d'un an avant le mondial pose souci et soulève essentiellement la question des liens du patron de la FIFA avec les dirigeants qatariens.
Que répond la fédération pour le défendre ? Gianni Infantino paie toujours ses impôts en Suisse et il passe la moitié de son temps de travail à Doha, défend-on du côté de Zurich.

Pour obtenir un commentaire plus critique, Le Monde se tourne à nouveau vers Sepp Blatter : "Les liens de l’actuelle direction de la FIFA avec le Qatar sont complexes", estime le prédécesseur de Gianni Infantino, dont les mandats avaient été émaillés de nombreux scandales de corruption, ajoutant que "en raison de sa proximité avec le Qatar, M. Infantino pourrait se retrouver dans une situation de dépendance dangereuse vis-à-vis du pays organisateur".