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"Gilets jaunes": des journalistes blessés dans les manifestations à Paris

Un journaliste touché par des gaz lacrymogènes, sur l'avenue des Champs-Elysées, le 8 décembre 2018 lors de la 3e journée de mobilisation des "gilets jaunes" à Paris
Un journaliste touché par des gaz lacrymogènes, sur l'avenue des Champs-Elysées, le 8 décembre 2018 lors de la 3e journée de mobilisation des "gilets jaunes" à Paris
afp.com - Alain JOCARD
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Plusieurs journalistes ont été malmenés voire blessés lors des manifestations des "gilets jaunes" samedi à Paris, dont plusieurs par des tirs de lanceurs de balles de défense, d'après des témoignages publiés par leurs médias ou diffusés via les réseaux sociaux.

Deux photographes du Parisien ont été touchés par des tirs de lanceurs de balles automatiques sur les Champs-Elysées, l'un à la nuque et l'autre au genou, a rapporté le journal.

Le premier a été transporté à l'hôpital pour un bilan. Sur Twitter, il a indiqué que l'auteur du tir à bout portant, un membre des forces de l'ordre, s'était excusé auprès de lui. "Très en colère, j'ai enlevé toutes mes protections et je suis allé lui dire qu'il venait de me tirer dans le dos à bout portant dans la nuque... Je pense qu'il a eu peur de m'avoir tué car je suis tombé au sol pendant quelques secondes. Il m'a dit +Désolé je visais quelqu'un d'autre+", a indiqué le photographe à son journal.

Un journaliste de l'agence de presse audio A2PRL, photo de son hématome à l'appui, a également rapporté qu'un policier lui avait tiré dessus avec le même type de lanceur de balles, alors qu'il avait son brassard de presse "en évidence".

Pour sa part, le Journal du dimanche a affirmé qu'un de ses photographes "a été frappé à deux reprises par un CRS lors d'une échauffourée entre forces de l'ordre et +gilets jaunes+". Un confrère a témoigné qu'il avait reçu des coups de matraque, alors qu'il portait son brassard Presse "bien visible".

"Souffrant d'une fracture de la main, il a été transporté par les pompiers puis opéré dans l'après-midi", a précisé le journal, qui dit avoir "protest(é) officiellement contre le traitement infligé à son reporter et demand(é) à la Préfecture de police de Paris les explications qui s'imposent".

Au Puy-en-Velay, un photographe de l'AFP a témoigné avoir été légèrement touché au bras par un tir tendu de grenade lacrymogène, alors qu'il s'avançait, absolument seul, vers un cordon des forces de l’ordre.

Un reporter travaillant pour le média indépendant Explicite a quant a lui narré ses déboires sur Twitter, indiquant avoir d'abord reçu "une grenade désencerclante à mi-cuisse", puis quelques heures plus tard "un tir de flashball dans le dos". Son collègue photographe a lui-même subi "un tir de Flashball dans la cuisse", a-t-il témoigné.

D'autres reporters ont affirmé avoir été pris à partie par des casseurs ou des manifestants, à l'image d'une équipe vidéo du Figaro, qui a été bousculée par un "gilet jaune" faisant montre de "beaucoup d'agressivité".

En outre, plusieurs journalistes ont reproché aux forces de l'ordre de leur avoir confisqué leurs équipements de protection, les exposant à des risques physiques.

"Casques et masques de protection volés par les CRS parce que je prenais une photo", a ainsi dénoncé la photographe de guerre Véronique de Viguerie, primée cette année au festival de photojournalisme Visa pour l'image, twittant peu après qu'elle s'était retrouvée exposée aux gaz lacrymogènes sans pouvoir s'en protéger.