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"Gilets jaunes" en France : les réactions politiques

<p>Nicolas Turquois (député Modem-LREM de la Vienne), Younous Omarjee (eurodéputé La France Insoumise), et Louis Aliot (député Rassemblement national des Pyrénées-Orientales)</p>

Nicolas Turquois (député Modem-LREM de la Vienne), Younous Omarjee (eurodéputé La France Insoumise), et Louis Aliot (député Rassemblement national des Pyrénées-Orientales)

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Le mouvement des "Gilets Jaunes" a suscité de nombreuses réactions politiques depuis le début de leur mobilisation. Retour sur les différentes interventions politiques sur notre antenne avec Nicolas Turquois (député Modem-LREM de la Vienne), Younous Omarjee (eurodéputé La France Insoumise), et Louis Aliot (député Rassemblement national des Pyrénées-Orientales)

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Trois personnalités politiques se sont exprimées sur notre antenne à propos des "Gilets jaunes". 

Nicolas Turquois, député (Modem-LREM) de la Vienne a réagi aux annonces du Premier ministre français qui annonce une série de moratoires sur différentes taxes. "C'est un premier pas, il était nécessaire. Les "Gilets jaunes" veulent être entendus. Ils ont eu l'impression d'être les oubliés de la politique gouvernementale".
 

Les Français ont eu le sentiment d'un manque de considération, voire de mépris. Nicolas Turquois, député (Modem-LREM) de la Vienne

Le député Nicolas Turquois explique être allé à la rencontre des "Gilets jaunes" dans sa circonscription. "Ce qu'on me disait le plus souvent, c'est le sentiment d'exclusion. Changer de voiture ou de chaudière, comme l'expliquait le gouvernement, ça ne s'adressait pas à eux".
 

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Les annonces du Premier ministre sont une bonne avancée, mais le député souhaite désormais que le président de la République prenne la parole à son tour : "Emmanuel Macron doit s'adresser aux Français. Il doit le faire de manière simple et surtout avec humilité pour ceux qui sont en souffrance. Les gens comprennent les enjeux environnementaux, ils sont prêts à relever le défi, mais ils veulent des solutions crédibles".

Quelles suites pour le mouvement des "Gilets jaunes" ?


Nicolas Turquois espère un retour au calme, mais il sait que les "Gilets jaunes" resteront vigilants dans les prochains mois sur la politique fiscale que mène le gouvernement. Il sait que les "Gilets jaunes" peuvent à nouveau mobiliser "s'ils se sentent exclus et méprisés, car c'était bien là le noeud du problème".

Les Français ont ouvert les yeux sur une France qui d'habitude ne s'exprime pas. Younous Omarjee, député européen (La France Insoumise)


Le 27 novembre 2018, le député européen Younous Omarjee (La France Insoumise) était interrogé sur les mesures annoncées par le président de la République après les manifestations de "Gilets jaunes" dans toute la France. L'eurodéputé les jugeait clairement insuffisantes:  "On s'aperçoit que M. Macron est un président hors sol".
 

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Selon Younous Omarjee, le pouvoir n'a pas pris la mesure de la colère des Français: "La France gronde de colère" rajoute-t-il. Le député européen estime que les annonces d'Emmanuel Macron sont dérisoires, et qu'elles ne calmeront pas les "Gilets jaunes".

Une goutte d'eau sur un océan de problèmes


Louis Aliot, député Rassemblement national des Pyrénées-Orientales, était sur notre antenne le 13 novembre 2018, à quelques jours de la première grande manifestation parisienne des "Gilets jaunes". Il avouait comprendre leur colère, et souhaitait se joindre à la manifestation dans sa circonscription, mais se défendait de toute récupération politique: "Les "Gilets jaunes" sont des gens qui ne sont pas politiques et qui vont dans la rue par ras-le-bol".

La taxe sur le carburant a en effet cristallisé la colère, mais elle n'est qu'une goutte d'eau sur un océan de problèmes. "Les Français ont besoin de leur voiture dans la vie quotidienne, et augmenter les taxes sur le carburant les pénalise gravement", estime le député des Pyrénées-Orientales.
 

Faire la transition écologique par palliers. Louis Aliot, député Rassemblement national des Pyrénées-Orientales

Le gouvernement français a défendu cette taxe au nom de la transition écologique. Là encore, Louis Aliot pense que les mesures de l'exécutif concernant la transition écologique ne sont pas à la hauteur. "2000 euros de prime pour changer de voiture, c'est trop peu. Les gens sont dans une situation précaire et n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture hybride".
 

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Au-delà d'une simple grogne fiscale, le député Rassemblement national estime que le peuple français en appelle à une refonte politique en profondeur : législatives anticipées, proportionnelle intégrale aux prochains scrutins, référendums plus fréquents... autant de mesures que Louis Aliot appelle de ses voeux : "C'est toujours le peuple qui a raison", conclut-il.

Quant à Thierry-Paul Valette, coordinateur des Gilets Jaunes, il rappelle qu'"
il faut prendre en compte, les revendications des gens qui sont dans la rue. Rétablir l'ISF, réduire de moitié, le train de vie de l'État, et traquer l'évasion fiscale."
Et il souligne enfin, qu'il ne faut pas faire l'amalgame et associer "Gilets Jaunes" à casseurs.
 

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