Info

"Gilets jaunes" : Girardin à La Réunion, Philippe prêt à recevoir une délégation "représentative"

Chargement du lecteur...
©K. Barzegar, R. Monjanel / TV5MONDE

La ministre des Outre-mer Annick Girardin est arrivée ce mercredi 28 novembre à La Réunion, où elle a immédiatement rencontré des "gilets jaunes". Le Premier ministre français Édouard Philippe se dit prêt à recevoir une délégation et un appel à manifester samedi 1er décembre à Paris est maintenu.

dans

Après avoir atterri à 10H00 (07H00 à Paris), la ministre des Outre-mer Annick Girardin s'est rendue sur le rond-point situé à proximité de l'aéroport de l'île de La Réunion où l'attendaient quelque 2 000 "gilets jaunes", a constaté une  consoeur de l'AFP.

Se disant consciente du "ras-le-bol généralisé" et de la "souffrance des gens", elle a dit souhaiter "qu'on puisse s'asseoir tous ensemble pour dialoguer et trouver les points de sortie de cette crise et ensuite reconstruire ensemble La Réunion".

Je suis là pour écouter les Réunionnais et les Réunionnaises, je suis là pour dialoguer avec eux plusieurs jours.

Annick Giradin, ministre française des Outre-mer

Nouvel appel à manifester samedi, Philippe prêt à recevoir une délégation "représentative"

Eric Drouet, l'un des deux porte-parole des "gilets jaunes" reçus mardi 27 novembre par le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy, a appelé a une nouvelle manifestation samedi prochain à Paris, sur les Champs-Élysées.

"Les Français n'ont pas du tout été convaincus" par les annonces du président Emmanuel Macron, a-t-il affirmé à l'issue de la réunion, réclamant en outre une nouvelle rencontre avec "le porte-parole du gouvernement ou le Premier ministre".

Face au mouvement des "gilets jaunes", le président Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes sur le carburant et organiser une "grande concertation", sans renoncer à sa stratégie sur l'environnement et le nucléaire.

Eric Drouet et Priscillia Ludosky, tous deux à l'origine du mouvement de contestation, font partie d'une délégation de huit porte-parole créée lundi 26 novembre pour engager une "prise de contact sérieuse et nécessaire" avec les autorités et porter une série de revendications.

Mais leur représentativité fait débat au sein même de ce mouvement hétéroclite, né sur les réseaux sociaux hors de tout cadre politique ou syndical, certains affirmant qu'ils se sont "auto-proclamés".

Maintien de la hausse de la taxe sur le carburant

Le Premier ministre Édouard Philippe, qui s'est dit prêt à recevoir une délégation "représentative" de gilets jaunes, a confirmé sur RMC-BFMTV mercredi 28 novembre que la hausse de la taxe sur le carburant sera bien mise en oeuvre au 1er janvier. Une mesure accompagnée d'un système destiné à en limiter l'impact, comme annoncé la veille par Emmanuel Macron pour répondre au mouvement des gilets jaunes.

"Si au cours de l'année, il y a un envol du prix de la matière première alors, on pourra revenir au niveau de la taxe fixée au 1er janvier", a expliqué le chef du gouvernement, sur RMC-BFMTV, précisant que "si le prix monte à cause de phénomènes que nous ne maîtrisons pas, alors, nous n'ajouterons pas de taxes supplémentaires".
 

Près de 8 Français sur 10 jugent "insuffisantes" les mesures de Macron (sondage)

Près de 80% des Français estiment que les mesures annoncées par le chef de l'État mardi sont "insuffisantes", près de quinze jours après le début de la mobilisation des "gilets jaunes", selon un sondage Opinion Way publié mercredi 28 novembre.

Pour 43% des personnes interrogées, les annonces d'Emmanuel Macron sur le Programme pluriannuel de l'énergie ne sont "pas du tout suffisantes", pour 33% "plutôt pas suffisantes", pour 16% "plutôt suffisantes" et pour 6% "tout à fait suffisantes", révèle le sondage mené après le discours du président, pour LCI-RTL-Le Figaro.

Au total, 78% des sondés souhaitent l'annulation des hausses de taxes sur le carburant en janvier, contre 21% qui se prononcent pour leur maintien.

Et 66% des personnes interrogées soutiennent le mouvement des "gilets jaunes", contre 32%, des taux relativement stables depuis le début du mouvement il y a quinze jours.

Ce sondage a été réalisé le 27 novembre, au moyen d'un questionnaire auto-administré, auprès d'un échantillon représentatif de 1.013 personnes, selon la méthode des quotas.

Mardi, Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes sur les carburants et organiser une "grande concertation" dans les territoires, sans toutefois renoncer à sa stratégie sur l'environnement et le nucléaire.

Reçu mardi soir à la demande de l'Élysée par le ministre de la Transition écologique François de Rugy, un des deux porte-parole des gilets jaunes a d'ores et déjà appelé à une nouvelle manifestation samedi 1er décembre à Paris.