Info

Gouvernement de Giorgia Meloni en Italie : l'Union européenne prête à "coopérer" avec la politicienne néo-fasciste

<p>La nouvelle Première ministre Giorgia Meloni, héritière du fascisme italien, et ses ministres ont prêté serment samedi 22 octobre au matin au palais présidentiel du Quirinal à Rome. AP/ Andrew Medichini.</p>

La nouvelle Première ministre Giorgia Meloni, héritière du fascisme italien, et ses ministres ont prêté serment samedi 22 octobre au matin au palais présidentiel du Quirinal à Rome. AP/ Andrew Medichini.

Giorgia Meloni, la nouvelle Première ministre italienne, a prêté serment ce samedi 22 octobre. L'Union Européenne a dit être prête à coopérer avec la politicienne néo-fasciste, tout comme Joe Biden au sujet de l'Ukraine. Paris, Madrid ou Berlin n'ont pas commenté la nomination de son gouvernement.

Giorgia Meloni, la nouvelle Première ministre italienne, doit prendre ses fonctions dimanche 23 octobre. L'Union européenne s'est dite prête à "coopérer" avec le gouvernement néo-fasciste, malgré ses déclarations avant les élections.

Accueil par les institutions européennes

"Félicitations à Giorgia Meloni pour sa nomination comme Première ministre, la première femme à obtenir ce poste", a tweeté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Je compte sur une coopération constructive avec le nouveau gouvernement, face aux défis que nous devons relever ensemble".

Même son de cloche de la part du président du Conseil européen Charles Michel et de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola.

Ces réactions en coeur des trois principales institutions européennes contrastaient avec le silence des grandes capitales Berlin, Paris et Madrid. Certains des dirigeants avaient toutefois évoqué leurs dispositions à travailler avec la Première ministre au moment des élections. 

(Re)voir : Italie : Giorgia Meloni a prêté serment

Chargement du lecteur...

Félicitations d'extrême-droite

Le Premier ministre hongrois d'extrême-droite Viktor Orban, bête noire de Bruxelles, a été l'un des seuls dirigeants européens à féliciter Giorgia Meloni, saluant "un grand jour pour la droite européenne". "Des défis sans précédent nous attendent, c'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership déterminé et courageux", a renchéri son homologue polonais Mateusz Morawiecki.
L'extrême droite européenne était aussi à la fête. "Partout en Europe, les patriotes arrivent au pouvoir", s'est notamment réjouie en France Marine Le Pen.


Un nouveau gouvernement pour "rassurer Bruxelles"

C'est sous les ors du palais romain du Quirinal que Giorgia Meloni et ses 24 ministres - dont seulement 6 femmes - ont "juré de respecter la Constitution et les lois" devant le président Sergio Mattarella.

La Romaine de 45 ans, qui a remporté une victoire historique aux législatives du 25 septembre, a réussi à "dédiaboliser" son parti post-fasciste Fratelli d'Italia pour accéder au pouvoir exactement un siècle après Mussolini, dont elle fut une admiratrice. Elle dispose avec ses partenaires de coalition de la majorité absolue tant à la Chambre des députés qu'au Sénat.

(Re)voir : Italie : Giorgia Meloni présente son gouvernement
Chargement du lecteur...
La composition du nouveau gouvernement reflète le désir de rassurer les partenaires de Rome, inquiets face à l'arrivée au pouvoir en Italie de la cheffe de gouvernement la plus à droite et eurosceptique depuis 1946.

Avant les élections, Ursula von der Leyen avait d'ailleurs suscité un tollé en Italie en évoquant "les instruments" à la disposition de Bruxelles pour sanctionner d'éventuelles atteintes aux principes démocratiques de l'UE en cas de victoire de l'extrême droite.

La nomination aux Affaires étrangères de l'ex-président du Parlement européen Antonio Tajani (Forza Italia), et celle de Giancarlo Giorgetti, déjà ministre dans le gouvernement sortant de Mario Draghi, à  l'Économie, devraient rassurer Bruxelles.


Joe Biden a "hâte" de travailler avec Giorgia Meloni en soutien à l'Ukraine

L'Ukraine divise les alliés de la coalition italienne : Silvio Berlusconi a affirmé cette semaine avoir "renoué" avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.

Des déclarations du plus mauvais effet qui ont obligé Giorgia Meloni à rectifier le tir mercredi 19 octobre en affirmant que l'Italie fait "pleinement partie et la tête haute" de l'Europe et de l'Otan.

Un message entendu à Washington et Kiev. Le président américain Joe Biden a dit avoir "hâte" de travailler avec Giorgia Meloni "pour poursuivre notre soutien à l'Ukraine et faire rendre des comptes à la Russie pour son agression".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est pour sa part dit sur Twitter "impatient de continuer la coopération fructueuse pour assurer la paix et la prospérité en Ukraine, en Italie et dans le monde".