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Guerre en Ukraine : des volontaires français répondent à l'appel de Zelensky

En Géorgie, des civils s'entraînent avec des membres de la Légion géorgienne, une unité paramilitaire formée principalement de volontaires géorgiens, pour lutter contre les forces russes en Ukraine. En France, depuis le vendredi 25 février, un nombre croissant d'individus se portent volontaires pour aller combattre en Ukraine. <br />
AP Photo/Efrem Lukatsky
En Géorgie, des civils s'entraînent avec des membres de la Légion géorgienne, une unité paramilitaire formée principalement de volontaires géorgiens, pour lutter contre les forces russes en Ukraine. En France, depuis le vendredi 25 février, un nombre croissant d'individus se portent volontaires pour aller combattre en Ukraine. 
AP Photo/Efrem Lukatsky

Dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la création de la "Légion internationale". Il appelle les étrangers à rejoindre la "résistance aux occupants russes". En France, des citoyens se lèvent pour se porter volontaires au combat. 

À l’ambassade d’Ukraine à Paris, les appels téléphoniques s’enchaînent sans discontinuer. 

« L’ambassade reçoit sans arrêt des coups de fils de volontaires souhaitant savoir comment pouvoir combattre aux côtés des Forces armées ukrainiennes. C’est l’une des deux raisons principales des appels depuis deux jours», explique Alexandra Prysiazhniuk, la porte-parole de l’ambassade. 

Dimanche, la présidence ukrainienne s’adressait dans un communiqué aux hommes et femmes du monde entier : « Tous les étrangers désirant rejoindre la résistance aux occupants russes et protéger la sécurité mondiale sont invités par les autorités ukrainiennes à rejoindre les forces de défense ». Elle annonçait dans le même temps la création d’une unité spéciale, formée, sous le nom de « Légion internationale ».

Je n'ai d'autre motivation que leur liberté et pour la plupart d'entre nous c'est l'unique motivation.Un homme se disant volontaire pour se battre aux côtés des Ukrainiens. 

Vendredi, le président Volodymyr Zelensky appelait déjà les Européens ayant une expérience du combat à se rendre en Ukraine pour combattre. 

Sur Facebook, les messages d’hommes de nationalité française se disant volontaires pour rejoindre les Forces armées en Ukraine se comptent désormais par dizaines. Peu d’entre eux acceptent de répondre à nos questions. « Je n'ai d'autre motivation que leur liberté et pour la plupart d'entre nous c'est l'unique motivation », nous explique l’un de ces Français. 

Sur le réseau social, un groupe privé intitulé « Volontaires français en Ukraine » créé le 26 février, rassemblait le lendemain 96 membres.

(Re)lire : En Ukraine, le passage aux frontières, une épreuve de plus pour fuir la guerre

Une émulation encouragée par l’Ukraine et son ambassade en France, très active sur les réseaux sociaux. 

L'Ambassade d'Ukraine en France donne aux Français qui la contactent un document détaillant les étapes à suivre pour se rendre en Ukraine pour y rejoindre la "Légion Internationale".
L'Ambassade d'Ukraine en France donne aux Français qui la contactent un document détaillant les étapes à suivre pour se rendre en Ukraine pour y rejoindre la "Légion Internationale".

« Les gens qui ne partent pas d’Ukraine sont très motivés, gardent leur sang froid et veulent se battre. La volonté des Ukrainiens est admirable. Mon frère est à Kiev. Il ne compte pas partir d’Ukraine car il est convaincu que l’armée va résister », explique Alexandra Prysiazhniuk, la porte-parole de l’ambassade. 

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En Ukraine, certains tentent d’encourager les Français à venir combattre aux côtés des Forces armées. C’est le cas d’Olha. La jeune femme de 23 ans vit à Kiev. Elle travaille dans le marketing et donne des cours de français et d'anglais. Depuis l’appel du président Zelensky aux Européens, elle a décidé de consacrer ses journées à renseigner les Français désireux de se battre. 

« J’ai commencé hier matin ou avant-hier, je ne sais plus…  On ne dort presque pas, tous mes jours sont entremêlés », glisse-t-elle. 

Olha, 23 ans, (ici à Paris) vit à Kiev et dit ne pas vouloir quitter la ville en état de siège. Elle enseigne le français et l'anglais. <br />
RD
Olha, 23 ans, (ici à Paris) vit à Kiev et dit ne pas vouloir quitter la ville en état de siège. Elle enseigne le français et l'anglais. 
RD


Je ne savais pas quoi faire pour me rendre utile. J’ai décidé d’aider les gens qui veulent venir ici pour combattre.Olah, habitante de Kiev de 23 ans

À Kiev, les voitures sont indispensables pour pouvoir se déplacer et apporter son aide en tant que bénévole. Olha n’en possède pas. 

« Je ne savais pas quoi faire pour me rendre utile. Puisque je parle français et anglais, j’ai décidé d’aider les gens qui veulent venir ici pour combattre », explique-t-elle. 

C’est en tombant sur un groupe Facebook qu’elle se rend compte à quel point la demande est forte. Elle décide de devenir un rouage pour faciliter la venue des Français dans le pays. 

Olha, 23 ans, passe désormais le plus fort de ses journées sur le réseau social Facebook à repérer et guider les Français désireux d'aider les Forces armées de l'Ukraine. 
Olha, 23 ans, passe désormais le plus fort de ses journées sur le réseau social Facebook à repérer et guider les Français désireux d'aider les Forces armées de l'Ukraine. 

« Beaucoup de gens souhaitent venir mais peu de monde possède les bonnes informations. Il est difficile de savoir comment se rendre à la frontière ukrainienne et de savoir quoi faire ensuite. À la première prise de contact, je dis à chacun qu’il faut s’adresser à l’ambassade de l’Ukraine en France. C’est elle qui leur expliquera les étapes à suivre », poursuit Olha. 

C’est la plupart du temps à l’abri, dans le sous-sol de son immeuble, que la jeune femme prend contact avec les Français qu’elle trouve sur le réseau social. Elle échange avec eux de manière quotidienne.  

Olha travaille depuis son "abri", le sous-sol de l'immeuble dans lequel elle vit à Kiev. 
Olha travaille depuis son "abri", le sous-sol de l'immeuble dans lequel elle vit à Kiev. 

Olha ne compte pas quitter Kiev. 

« Je ne peux pas quitter ma ville natale, si je peux être utile ici, je veux l’être », affirme-t-elle. 

Les hommes avec qui Olha est en contact ont en moyenne 30 à 35 ans et sont tous des anciens militaires ou des gens qui ont fait leur service militaire en France, selon la jeune femme. 

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Originaire d'Afghanistan, Essacq Baloutch, président de l'association « Route sans frontière », fait état de profils variés parmi les futurs volontaires. L'homme de 73 ans a combattu l'armée rouge en Afghanistan en 1980. Avec son organisation, il dit avoir rassemblé quelques candidats de France pour se battre aux côtés des Ukrainiens.

Dans les rangs des 20 volontaires au combat figurent des agriculteurs, des podologues, des médecins ou encore des ingénieurs. Ces derniers doivent prendre la route, avec leur propre voiture, dans les jours qui viennent, depuis Paris. Ils attendraient « l’accord du Quai d’Orsay » pour pouvoir rejoindre l’Ukraine et y servir militairement. Le pays en guerre est désormais classé zone rouge, tout déplacement y est donc "formellement déconseillé" par les autorités françaises.