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Guerre en Ukraine : que sont les armes chimiques et biologiques ?

Un homme récupère des articles dans un magasin en feu après une attaque russe à Kharkiv, en Ukraine, le 25 mars 2022.
Un homme récupère des articles dans un magasin en feu après une attaque russe à Kharkiv, en Ukraine, le 25 mars 2022.
Felipe Dana (AP)

Le président américain, Joe Biden, a promis, jeudi 24 mars, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, une « réponse » de l’OTAN en cas d’utilisation d’armes chimiques par la Russie. De son côté, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie a accusé l'Ukraine de disposer de dangereux laboratoires biologiques sans jamais apporter de preuves. Que sont ces armes chimiques et biologiques ? 

Qu’est-ce qu’une arme chimique ?

Selon la définition de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques, est considérée comme arme chimique « un produit chimique toxique contenu dans un vecteur tel qu’une bombe ou un obus d’artillerie [...] la définition englobe tous les produits chimiques toxiques et leurs précurseurs, à l’exception de ceux qui sont destinés à des fins non interdits par la Convention – aussi longtemps que les quantités en jeu sont compatibles avec de telles fins. »

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Les conventions encadrant l'usage d'armes chimiques et biologiques

Après la Première guerre mondiale, l'emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques a été condamné et prohibé à travers le Protocole de Genève de 1925, précurseur de l'interdiction de ces armes par les Conventions.

  • La convention sur l'interdiction des armes chimiques

L’usage des armes chimiques et biologiques est régi par le droit international humanitaire (DIH) inscrit essentiellement dans les conventions de Genève de 1949.

L’initiative de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et leur destruction remonte à 1993 et entre en vigueur en 1997. Elle vise à « exclure complètement la possibilité d’emploi des armes chimiques. »

Les 193 Etats signataires s’engagent, entres autres, « à ne jamais, sous aucune circonstance », à « mettre au point, fabriquer, acquérir, stocker ou conserver ou transférer d’armes chimiques », « employer d’armes chimiques ».

A noter qu’elle englobe une définition large des armes chimiques incluant « les produits chimiques toxiques, incluant les réactifs entrant dans leur fabrication », « les munitions et dispositifs spécifiquement conçus pour provoquer la mort ou d’autres dommages par la libération de produits chimiques toxiques. » 

Russie et Ukraine ont tous deux ratifié ce texte respectivement le 5 novembre 1997 et le 16 octobre 1998.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) veille à l’application de la Convention. Parmi les substances proscrites, le sarin, la gaz moutarde, la ricine, le cyanure et certains dérivés du phosphore.

Les autorités ukrainiennes ont, ces derniers jours, dénoncé l'utilisation par l'armée russe de bombes au phosphore blanc sur des civils dans la région de Louhansk. 

Brûlant au contact de l'air, elles sont utilisées sur les champs de bataille soit en guise de fumigène pour éclairer la zone soit pour la recouvrir d'un écran de fumée destiné à masquer les mouvements de troupe. Au contact du corps humain, elles provoquent de graves séquelles. 

Bien que le produit ne soit pas classifié comme "armes chimiques", un supposé emploi contre des civils contreviendrait, le cas échéant, au droit international. 

Y a-t-il de dangereux laboratoires présents sur le sol ukrainien ? [À Vrai Dire]

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Qu'est ce qu'une arme biologique ?

Selon les Nations unies, il s'agit "des systèmes complexes qui disséminent des organismes pathogènes ou des toxines, pour nuire ou pour tuer des individus, des animaux, ou des végétaux. Elles consistent généralement en deux parties : un agent et un vecteur. " Les organismes pathogènes peuvent être variés : virus, bactéries, champignons, prions etc.

  • La convention sur l'interdiction des armes biologiques
La Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction a été ouverte aux signatures en 1972 et est entrée en vigueur en 1975.

Elle repose sur le principe selon lequel « les parties à un conflit armé n’ont pas un droit illimité quant au choix des méthodes et moyens de combat. » Elle vise à « exclure totalement la possibilité de voir des agents bactériologiques (biologiques) ou des toxines être utilisés en tant qu’armes. »

L’engagement fondamental des parties prenantes résident en ce qu’elles ne doivent « jamais, en en aucune circonstance, mettre au point, fabriquer, stocker, ni acquérir ou conserver », « des agents microbiologiques ou biologiques ou des toxines, naturels ou artificiels, quels qu’en soient l’origine et le mode de production, de types, et de quantités non justifiés à des fins prophylactiques, de protection ou à d’autres fins pacifiques. »

Mais également « des armes, de l’équipement ou des vecteurs destinés à l’emploi de tels agents à des fins hostiles ou dans des conflits armés. » Etats-Unis, Royaume-Uni et URSS à l’époque en étaient les dépositaires.

(Re)voir : Ukraine : unité affichée des Occidentaux face à la Russie
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