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Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine valide l’annexion de quatre régions d’Ukraine

Depuis la gauche, le dirigeant de la région de Kherson contrôlée par Moscou, Vladimir Saldo, le dirigeant de la région de Zaporijia, Yevgeny Balitsky, Vladimir Poutine, le dirigeant de la république de Donetsk, Denis Pushilin et Leonid Pasechnik, le dirigeant de la république de Luhansk, au Kremlin à Moscou, le 30 septembre 2022.
Depuis la gauche, le dirigeant de la région de Kherson contrôlée par Moscou, Vladimir Saldo, le dirigeant de la région de Zaporijia, Yevgeny Balitsky, Vladimir Poutine, le dirigeant de la république de Donetsk, Denis Pushilin et Leonid Pasechnik, le dirigeant de la république de Luhansk, au Kremlin à Moscou, le 30 septembre 2022.
AP/ Grigory Sysoyev

Le président russe Vladimir Poutine a signé l'annexion des quatre régions d’Ukraine : Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson. Les dirigeants des pays de l’Union européenne dénoncent une "annexion illégale".

Face à un public de membres du gouvernement, de députés et de sénateurs abondant d’applaudissements, les cinq dirigeants se prennent les mains et scandent : « Russie ! ». La scène est inédite et marque un tournant dans la guerre qui oppose l’Ukraine et la Russie. Elle est relayée par le média d'information en continu BFMTV.


Ce 30 septembre, les quatre régions ukrainiennes séparatistes de Donetsk et Lougansk (est) et de Zaporijjia et Kherson (sud) ont rejoint la Fédération de Russie. Les référendums sur leur rattachement avaient emporté entre 87 % et 99 % de «oui» quelques jours auparavant. Ils ont été jugés «illégaux» et «manipulés» par l’Union européenne.

« Nous défendrons notre terre avec toute notre force »


Dans son discours de près d’une heure précédant la signature de l'annexion, Vladimir Poutine a déclaré que « le choix des habitants de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson ne sera pas discuté. Il a été réalisé et la Russie ne le trahira pas ». « Les habitants de Lougansk et Donetsk, Kherson et Zaporijjia deviennent nos citoyens pour toujours » a-t-il ajouté.

Ils [l'Occident] veulent nous voir comme une colonie.Vladimir Poutine, président russe

« Nous défendrons notre terre avec toute notre force et nos moyens », a poursuivi le chef du Kremlin, alors que les responsables russes ont menacé à plusieurs reprises de faire usage de l'arme nucléaire pour défendre les nouveaux territoires ukrainiens incorporés.

Il a également longuement dénoncé l'Occident, qu'il a accusé de vouloir à tout prix préserver un « système néocolonial qui lui permet de parasiter et, en réalité, de piller le monde entier ». « Ils veulent nous voir comme une colonie », a-t-il fustigé.

Il a aussi incriminé les Anglo-Saxons d'être à l'origine des « explosions » qui ont provoqué des fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, construits pour acheminer le gaz russe en Europe, une attaque qu'il avait déjà qualifié « d'acte de terrorisme international ». 

« Annexion illégale »


Ces annexions interviennent après sept mois d'offensive russe en Ukraine et des « référendums » organisés en urgence dans les régions occupées, qui ont été dénoncés comme des « simulacres » par Kiev et ses alliés.

Signe de cette précipitation et d'une certaine désorganisation, le porte-parole du Kremlin a par ailleurs annoncé devoir « clarifier » si la Russie annexait la totalité des régions ukrainiennes de Kherson et de Zaporijjia ou uniquement les parties qu'elle occupe.

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Les dirigeants des pays de l'UE ont, eux, publié une déclaration « rejetant » et « condamnant » cette « annexion illégale », accusant Moscou de mettre « la sécurité mondiale en danger ».

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit voter sur une résolution condamnant ces « référendums ».

La capitale russe se prépare elle à des festivités dans la soirée, avec notamment un concert à l'ombre des murs du Kremlin.  Vladimir Poutine pourrait y faire une apparition. Sur le front, les forces de Moscou sont pourtant en difficulté à Lyman, important noeud ferroviaire dans l'Est qui est « partiellement encerclé » par les troupes ukrainiennes, selon le responsable séparatiste prorusse Denis Pouchiline.