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Haïti : après le séisme, la tempête Grace menace l'île

Des blessés allongés sur des lits à l'extérieur de l'hôpital Immaculée Conception à Les Cayes, le lundi 16 août, deux jours après le séisme de magnitude 7,2 qui a sécoué l'île. 
Des blessés allongés sur des lits à l'extérieur de l'hôpital Immaculée Conception à Les Cayes, le lundi 16 août, deux jours après le séisme de magnitude 7,2 qui a sécoué l'île. 
Fernando Llano (AP)

Trois jours après le puissant séisme qui a frappé Haïti, le bilan ne cesse de s’alourdir. Selon les services de protection civile du pays, la catastrophe a provoqué la mort de 1.419 personnes. Plus de 6.900 personnes sont blessées. Plus de 37.000 maisons ont été détruites. Les Haïtiens doivent maintenant faire face à la tempête Grace.
 

Les secours continuent de s’activer dans les décombres des bâtiments éventrés par le séisme de magnitude 7,2 qui a ravagé l’île.

Désormais une tempête menace l’île. Elle risque d’aggraver encore davantage la situation humanitaire.  
 
La dépression tropicale Grace fait désormais planer le risque d'inondations et de glissements de terrain à Haïti et dans la Républicaine dominicaine voisine selon le Centre national des ouragans, basé à Miami.

Un dilemme, rester dehors ou s'abriter


Dans la petite ville balnéaire de Port-Salut comme dans le reste des régions affectées, les habitants font face à un dilemme : rester dehors pour se protéger des répliques, s’abriter dans des bâtiments endommagés en prévision des fortes intempéries attendues.

L'hôpital de la ville a tranché. Il faut essayer de protéger les patients qui s'entassent dans la cour, sous des bâches en plastique, depuis le tremblement de terre. En milieu de journée lundi, les malades étaient transférés vers l'intérieur de l'établissement malgré la crainte de répliques.

(Re)voir : Haïti : bilan dramatique du séisme et crainte de la tempête tropicale
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"Les docteurs nous demandent pour ce soir de rentrer sous la dalle de béton mais jusqu'à présent, on n'est pas en sécurité. Ça secoue encore donc c'est pour ça qu'on est installés dehors", témoignait, par exemple, Wilfried Labaye, 41 ans, avant que la décision de mettre tout le monde à l'intérieur ne soit prise. 

Sa femme Espérance Rose Nadine, 36 ans, est allongée à même le sol à ses côtés. Elle a eu les deux jambes écrasées dans l'effondrement de leur maison située dans les montagnes voisines.

M. Labaye s'inquiète non seulement pour l'état de santé de son épouse mais aussi des intempéries qu'ils ne pourront pas fuir.

Aide internationale et appel à "l'unité nationale"

Aux côtés des infirmières qui s'occupent des blessés, Aline Cadet, sage-femme de 26 ans, est minée par l'annonce des bulletins météo. 

"Psychologiquement, nous ne sommes pas bien. On ne sait pas du tout comment on va gérer, déplore-t-elle. Il y a des femmes enceintes ici, certaines ont perdu leur bébé en tombant ou en étant blessées."
De nombreux pays, à l'instar des Etats-Unis, de la Républicaine dominicaine, du Mexique ou encore de l'Equateur, ont offert leur assistance avec l'envoi de personnel, de rations d'urgence et d'équipements médicaux.

L'armée américaine a annoncé, ce lundi 16 août, la constitution d'une mission militaire conjointe, avec le déploiement déjà effectué d'une équipe chargée d'évaluer la situation dans les zones affectées grâce à des moyens aériens d'observation. Quatre hélicoptères ont également été mobilisés pour du transport.

Il s'agit d'"avoir une idée des dégâts", a expliqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Les images aériennes prises par les équipes américaines "aideront à déterminer quelle aide est nécessaire, où et quand".

Les secours s'affairaient dans les zones affectées à l'aide de camions et de tractopelles comme dans la ville des Cayes, près de l'épicentre du séisme, à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince.

Le Premier ministre haïtien Ariel Henry, qui a décrété l'état d'urgence pour un mois dans les quatre départements affectés par la catastrophe, a remercié dimanche la communauté internationale.

"Nous voulons donner une réponse plus adaptée qu'en 2010 après le tremblement de terre. Toutes les aides venant de l'extérieur doivent être coordonnées par la direction de la Protection civile", a exigé le chef du gouvernement.
Il a par ailleurs appelé ses concitoyens à "l'unité nationale". "Oublions nos querelles", a plaidé M. Henry qui dirige le pays le plus pauvre des Amériques, en pleine crise depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet.
Le séisme du 12 janvier 2010, de magnitude 7, avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province.Plus de 200.000 personnes avaient été tuées et plus de 300.000 autres blessées lors de la catastrophe tandis que plus d'un million et demi de Haïtiens s'étaient retrouvés sans logis.