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Haïti : la communauté internationale "choquée" par l’assassinat du président Jovenel Moïse

Le président Jovenel Moïse, dans sa résidence, le 7 février 2020
Le président Jovenel Moïse, dans sa résidence, le 7 février 2020
© AP Photo/Dieu Nalio Chery

Dès l’annonce de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, la République dominicaine voisine a ordonné la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti. Les États-Unis ont promis leur aide et assistance alors que le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit "choqué" et appelle au calme.

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné chez lui très tôt dans le matinée du 7 juillet. Sa femme a été grièvement blessée dans l’attaque commise, selon la déclaration du Premier ministre par intérim Claude Joseph "par des étrangers qui parlaient anglais et espagnol". Un évènement qui menace de déstabiliser un peu plus le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire.

La République dominicaine voisine a immédiatement fermé sa frontière : "Nous avons donné l'ordre de fermer immédiatement" la frontière de 380 kilomètres qui sépare Haïti de la République dominicaine, sur l'île d'Hispaniola, a annoncé à l'Agence France Presse la porte-parole du ministère de la Défense, Ceinett Sanchez.

Selon le quotidien local, Listin Diario, le président dominicain Luis Abinader a convoqué les officiers supérieurs de l'armée pour évaluer la situation. 

Les relations entre les deux pays sont historiquement difficiles. Environ 500.000 Haïtiens vivent illégalement en République dominicaine et l'immigration clandestine est une pierre d'achoppement récurrente entre les deux pays.

La France dénonce le "lâche assassinat"

Le ministre des Affaires étrangères demande que "toute la lumière" soit faite sur un événement dont les détails restent encore inconnus. 

"Je condamne fermement ce lâche assassinat", a déclaré Jean-Yves Le Drian, faisant état de sa "stupeur" dans un communiqué. "Toute la lumière devra être faite sur ce crime qui intervient dans un climat politique et sécuritaire très dégradé" à Haïti, ajoute-t-il. 

Le Royaume-Uni appelle au calme

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé l'assassinat du président haïtien Moïse, appelant au calme.

Sur Twitter, le chef du gouvernement conservateur s'est dit "choqué et attristé par la mort du président Moïse". "C'est un acte odieux et j'appelle au calme", a-t-il ajouté, présentant ses condoléances à la famille de Jovenel Moïse et à la population haïtienne.

Les États-Unis prêts à aider

La Maison Blanche a qualifié de "terrible" et de "tragique" l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, Washington se déclarant prêt à apporter de l'aide au pays en crise.

Il s'agit "d'une attaque terrible, une attaque tragique, ayant ciblé le président d'Haïti et sa femme au cours de la nuit", a déclaré Jen Psaki, la porte-parole de l'exécutif. "Nous sommes prêts à assister sous n'importe quelle forme la population d'Haïti, le gouvernement d'Haïti, s'il y a une enquête", a-t-elle ajouté.

Le Conseil de sécurité "profondément choqué"

Le Conseil de sécurité de l'ONU a ouvert sa séance ce 7 juillet en se disant "profondément choqué" par l'assassinat du chef d'Etat haïtien Jovenel Moïse, a déclaré son président en exercice.

"Les membres du Conseil se disent profondément choqués par l'assassinat du président Moïse survenu plus tôt dans la journée à Port-au-Prince et préoccupés par le sort de la Première dame, Martine Moïse, qui a également été blessée par balles dans l'attentat", a déclaré l'ambassadeur français Nicolas de Rivière, en évoquant aussi la "tristesse" du Conseil de sécurité.

Selon plusieurs ambassadeurs, une réunion en urgence de cette instance pourrait être organisée prochainement.

(RE)voir : Assassinat de Jovenel Moïse, l'appel de l'ambassadeur Jean Josué Pierre "Haïti ne peut faire face seul à se défi"

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L'Union européenne "préoccupée par la violence"

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'est dit "choqué" par l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse et préoccupé par le risque d'une "spirale de violence" dans le pays.

"Ce crime entraine un risque d’instabilité et d'une spirale de violence", a-t-il déclaré dans un message sur son compte Twitter.