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Haïti : le Premier ministre démissionne sous la pression de la rue

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TV5MONDE

En Haïti, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a jeté l'éponge ce samedi, une semaine après le début des violences meurtrières déclenchées par la tentative de son gouvernement d'augmenter les prix des carburants. Une décision qui aura eu raison de son mandat. 

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La séance est mouvementée : au pied du mur, devant la chambre des députés réunie pour voter une motion de censure, le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant jette finalement l'éponge à ces mots : "Le Président de la République a accepté ma démission. Et comme je vous l'ai dit, je reste au service de la République. Merci."

Après cinq mois au pouvoir, ce novice en politique, ami du président, n'a pas résisté à la pression populaire. Le week-end dernier, son gouvernement annonce une hausse des prix des carburants de 38 % à 51 % applicable dès le lendemain. La panique et la colère s'emparent de la majorité pauvre du pays.

La violence embrase les villes. De barricades en incendies volontaires et pillages, le pays est paralysé. Bilan : 4 morts. Le gouvernement fait marche arrière, mais pas la rue.

Samedi soir, après la démission de son Premier ministre, le président Jovenel Moïse s'est adressé à la nation. Une allocution de 3 minutes 10 dans laquelle il annonce la formation rapide d'un gouvernement de rassemblement et appelle à la stabilité : "Je comprends la situation de beaucoup de nos compatriotes que le chomage, la faim et la misère font souffrir, mais la violence ne fonctionne ni avec le développement ni avec la démocratie."

Pas certain que ce discours suffise à calmer les esprits... Dans la rue, les manifestations se poursuivent et les protestataires réclament toujours la démission de leur président.