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Haïti : violences et pillages après la décision du gouvernement d'augmenter le prix de l'essence

Des manifestants se rassemblent autour d'une barricade protestant contre la hausse du prix de l'essence. Ils réclament la démission du Premier ministre Ariel Henry. Port-Prince, le 19 septembre 2022.
Des manifestants se rassemblent autour d'une barricade protestant contre la hausse du prix de l'essence. Ils réclament la démission du Premier ministre Ariel Henry. Port-Prince, le 19 septembre 2022.
© AP Photo/Odelyn Joseph

Des violences et des pillages ont éclaté dans différentes villes en Haïti, après la décision du gouvernement d'augmenter le prix du carburant. Les manifestants sont allés jusqu'à piller un entrepôt du Programme alimentaire mondial de l'ONU le 15 septembre. Les manifestations continuaient le 19 septembre malgré les appels au calme du Premier ministre Ariel Henry.

Cet entrepôt situé aux Gonaïves, la troisième ville du pays, contenait 1.400 tonnes de nourriture. Il a été visé le 15 septembre par les protestataires, tandis que la colère de la rue s'exprimait dans la capitale Port-au-Prince et diverses autres villes de province. 

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Dans un communiqué publié le lendemain, le PAM a condamné l’attaque de son bureau et le pillage de son entrepôt aux Gonaïves, soulignant que ces vivres étaient destinés aux programmes de repas scolaires et aux familles et enfants les plus vulnérables d'Haïti, nation qui s'enfonce chaque jour davantage dans la crise.

"Cet incident est simplement inacceptable. La nourriture pillée devait permettre de nourrir près de 100.000 écoliers jusqu'à la fin de l'année", a déploré Jean-Martin Bauer, directeur du PAM en Haïti, cité par le communiqué.
 

Des scènes de pillage ont été constatées ailleurs aux Gonaïves et à Saint-Marc, deux villes principales du département de l'Artibonite. Selon le quotidien Le Nouvelliste, les locaux du Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), de plusieurs établissements scolaires congréganistes, d'une université publique et de plusieurs entreprises, ont été saccagés et pillés.

La capitale haïtienne a elle enregistré sa quatrième journée consécutive de violences. Depuis le 13 septembre, des protestataires ont attaqué des entreprises et des bâtiments hébergeant des institutions publiques. 

Le 15, des protestataires ont attaqué et pillé les locaux de la Télévision nationale d’Haïti (TNH) et un bureau des Archives nationales. Plusieurs magasins, boutiques et autres entreprises ont également été pillés et incendiés.

Entre le 14 et le 15 septembre, les résidences de deux proches du gouvernement, l'avocat André Michel et l'ancienne sénatrice Edmonde Beauzile, ont été saccagées et pillées. La résidence de Ricard Pierre, ministre de la Planification et de la coopération externe du gouvernement, a été également attaquée. Un communiqué publié par André Michel, l’une de ces victimes, a confirmé ces trois attaques.

Dans un message publié le 16 septembre, le secrétaire général de l'ONU s’est dit "préoccupé par la situation en Haïti", par la voix de son porte-parole. 

Antonio Guterres a appelé au calme et à la plus grande retenue, en exhortant "toutes les parties prenantes à prendre des mesures immédiates pour désamorcer la situation, éviter la violence et permettre à la police nationale d’Haïti de remplir son mandat de protéger la population", selon ce communiqué.

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