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Hockney, Hopper, nouvelle offre pléthorique aux enchères d'automne à New York

Le tableau "Chop Suey" d'Edward Hopper sera l'une des vedettes des ventes d'automne qui commencent dimanche à New York
Le tableau "Chop Suey" d'Edward Hopper sera l'une des vedettes des ventes d'automne qui commencent dimanche à New York
afp.com - STEPHANE DE SAKUTIN
Le tableau de David Hockney, "Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)" - photographié le 13 septembre 2018 à New York - pourrait établir un nouveau record pour un artiste vivant
Le tableau de David Hockney, "Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)" - photographié le 13 septembre 2018 à New York - pourrait établir un nouveau record pour un artiste vivant
afp.com - TIMOTHY A. CLARY
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Après le "Salvator Mundi" à 450 millions de dollars et la vente des oeuvres des Rockefeller, New York inaugure dimanche une nouvelle saison d'enchères visant à alimenter la boulimie mondiale d'art, avec plusieurs collections majeures, dont David Hockney et Edward Hopper sont les principales vedettes.

Pour Adrien Meyer, co-président du département Impressionnistes et Art moderne au sein de Christie's à New York, il y a eu un "avant" et un "après" Rockefeller.

La vente en mai de cette monumentale collection, qui a atteint 832 millions de dollars, soit près du double du précédent record, "a prouvé que le marché est assez profond pour absorber une vaste quantité d'oeuvres offertes en même temps", dit-il. "Donc si nous sommes parvenus à passer ce test, tout est possible."

Pour les grandes enchères d'automne qui s'étaleront de dimanche à jeudi, plusieurs autres collections conséquentes sont au menu, en premier lieu celle de Barney Ebsworth, entrepreneur américain décédé en avril dernier.

En six décennies, l'homme qui a fait fortune dans le tourisme et les croisières a constitué l'un des assemblages d'art moderne américain les plus remarquables au monde.

L'oeuvre la plus attendue de cette collection, dispersée par Christie's, sera "Chop Suey" (1929), toile du peintre américain Edward Hopper, estimée entre 70 et 100 millions de dollars.

Achetée 180.000 dollars par Ebsworth en 1973, elle devrait aisément établir un nouveau record pour l'artiste, au-delà des 40,4 millions de dollars payés en 2013 pour "East Wind Over Weehawken".

- D'une génération à l'autre -

Le coup de folie de novembre 2017, qui a vu le "Salvator Mundi" de Léonard de Vinci adjugé pour 450,3 millions de dollars, a sans doute mis à l'abri pour quelques années le record absolu. Mais il est possible que plusieurs oeuvres franchissent, cette saison, le seuil des 100 millions de dollars, que douze tableaux ont déjà dépassé.

Outre Edward Hopper, le peintre britannique David Hockney est candidat avec son "Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)": si le tableau se vend à la hauteur de l'estimation de 80 millions de dollars, il établira un nouveau record pour un artiste vivant, jusqu'ici détenu par Jeff Koons et son "Balloon Dog (Orange)", parti pour 58,4 millions de dollars en 2013.

"Nous pouvons rarement dire: c'est l'occasion d'acheter le meilleur tableau de l'artiste. (...) Cette fois, c'est le cas", estime Ana Maria Celis, vice-présidente du département Après-guerre et art contemporain chez Christie's.

Avec plus de mille oeuvres et un milliard de dollars de ventes attendu, Christie's devrait, une nouvelle fois, asseoir sa domination sur les grandes semaines d'enchères.

Sans atteindre les valorisations de son grand rival, Sotheby's aura néanmoins une offre dense, avec plusieurs dizaines de lots estimés à dix millions de dollars ou plus chacun.

Est notamment attendu le "Pre-War Pageant" de Marsden Hartley, l'un des premiers artistes américains à s'être totalement engagé dans l'abstraction, dès 1913.

Au même titre que Hockney ou Hopper, Hartley, dont la toile est estimée 30 millions de dollars, devrait atteindre un nouveau record personnel, tout comme René Magritte, Wassily Kandinsky ou Willem de Kooning, signe de la vitalité du marché de l'art.

"Nous avons toujours fait en sorte que nos ventes ne soient pas trop grandes", explique Grégoire Billault, responsable du département Art contemporain chez Sotheby's.

"Nous essayons d'être différents, pertinents et d'être dans notre époque", explique-t-il, de savoir "ce que les générations plus jeunes vous disent vouloir acheter."

Depuis quelques années, les grandes ventes sont le théâtre d'un passage de témoin entre les grandes collections et une nouvelle génération d'acheteurs, plus mondialisée que la précédente.

Elle permet à des oeuvres qu'on n'avait plus vues depuis des décennies de refaire surface. C'est notamment le cas de Jean-Michel Basquiat, dont beaucoup de tableaux avaient été achetés de son vivant, relève Grégoire Billault.

Pour Adrien Meyer de Christie's, "nous n'avons vu que la partie émergée de l'iceberg".