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Hong Kong : attaque contre un homme politique pro-pékin

Manifestation d'étudiants pro-démocratie à Hong Kong, le 6/11/19.
Manifestation d'étudiants pro-démocratie à Hong Kong, le 6/11/19.
@AP Photo/ Kin Cheung

Un homme politique hongkongais pro-Pékin a été blessé ce mercredi matin lors d'une attaque au couteau au moment où les actes violents se multiplient dans l'ex-colonie britannique qui connaît depuis cinq mois une crise politique sans précédent. 

Cette agression a eu lieu le jour où la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, affirmait depuis Pékin sa détermination "à mettre fin à la violence et à enrayer le chaos" dans l'ex-colonie britannique. 
Mme Lam a condamné l'attaque contre le politicien hongkongais, estimant que, quelles que soient les opinions politiques, "toute action violente ne saurait être tolérée par une société civilisée".
Le territoire semi-autonome connaît depuis début juin des manifestations quasi-quotidiennes, et de plus en plus violentes, pour dénoncer l'ingérence jugée grandissante de Pékin et exiger des réformes démocratiques.
Pékin et Mme Lam refusant de répondre favorablement à ces revendications, la violence au sein des deux camps ne cesse d'enfler.
Mercredi matin, un homme a donné un coup de couteau dans la poitrine de Junius Ho, un député pro-Pékin qui menait sa campagne électorale dans sa circonscription de Tuen Mun, près de la frontière chinoise. 
Une vidéo mise en ligne montre un homme offrir un bouquet de fleurs à l'élu de 57 ans puis lui demander de poser pour une photo, avant de sortir un couteau de son sac et de le frapper violemment à la poitrine.
L'individu, qui criait en cantonais: "Junius Ho, tu es une ordure!", a rapidement été maîtrisé par les collaborateurs de l'homme politique.
En Chine, la nouvelle de cette agression est, en quelques heures, devenue virale sur internet. 
Trois personnes, dont l'agresseur, ont été blessés au cours de cette attaque, a indiqué la police. 
M. Ho, particulièrement détesté par les militants pro-démocratie, était conscient au moment où il été conduit à l'hôpital par une ambulance.
Il avait fait notamment parler de lui en juillet après avoir été filmé serrant les mains d'un groupe d'hommes, soupçonnés d'appartenir à des triades qui, armés de battes et de bâtons, avaient passé à tabac des manifestants anti-gouvernementaux à la station de métro Yuen Long. Quarante personnes avaient été hospitalisées.
Cette attaque au couteau est intervenue alors que Mme Lam achevait à Pékin une série de rencontres avec de hauts responsables politiques chinois, notamment le président Xi Jiping qui, selon la presse officielle chinoise, lui a renouvelé sa confiance lors d'une rencontre lundi à Shanghai. 
                  

Juguler le chaos            

                  
"La confiance et le soutien du président Xi envers moi et le gouvernement de Hong Kong ont renforcé notre détermination à mettre fin à la violence et à juguler le chaos", a-t-elle déclaré mercredi à l'issue d'une rencontre à Pékin avec le vice-Premier ministre chinois, Han Zheng.
Hong Kong est une région semi-autonome dirigée sous le principe "Un pays, deux systèmes", et jouit à ce titre de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu'en 2047.
Mais les militants pro-démocratie accusent Pékin de s'asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique, notamment depuis l'arrivée au pouvoir de M. Xi.
Ils demandent notamment l'instauration d'un véritable suffrage universel et une enquête sur l'attitude de la police.
Loin d'accéder à leurs demandes, Pékin a récemment affirmé, à l'issue d'une réunion politique, qu'il ne tolérerait "aucune activité" de nature à menacer la paix ou la sécurité nationale.
Sans aucune solution politique en vue, la fracture idéologique entre les deux camps se creuse et la violence s'est intensifiée au cours des dernières semaines. 
En visite à Pékin, le président français Emmanuel Macron a assuré mercredi qu'il avait insisté auprès de son homologue chinois Xi Jinping sur la nécessité du "dialogue" à Hong Kong.
Après 22 week-ends de manifestations, la mobilisation ne semble pas marquer le pas et les rassemblements dégénèrent de plus en plus souvent en heurts violents avec les forces de l'ordre. 
Au cours des derniers mois, des partisans de Pékin ont attaqué des opposants au gouvernement, notamment huit figures du mouvement pro-démocratie. 
En octobre, Jimmy Sham, leader d'une organisation à l'origine des plus grandes manifestations, a été laissé dans une mare de sang après avoir été violemment agressé à coups de marteau.
Dimanche, un responsable politique local pro-démocratie a eu l'oreille coupée lors d'une attaque au couteau. 
Mais le camp en faveur de la démocratie est également à l'origine d'actes violents. Des manifestants ont récemment battu des personnes ne partageant pas leurs opinions. Samedi, un homme a été frappé et laissé nu et inconscient dans le quartier de Mongkok.