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Il y a 70 ans s'écrivait la Déclaration universelle des droits de l'Homme [Le Mémo]

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En 1948 était signée la Déclaration universelle des droits de l'Homme à Paris, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde en ruine. A l'époque, un jeune diplomate participe à la rédaction de ce texte : Stéphane Hessel. Résistant, juif déporté pendant la guerre, cet homme qui a traversé aussi l'Histoire nous racontait en 2008 les coulisses de cet accord. 

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"Moi, le jeune diplomate, sorti tout frais des camps de concentration d'Hitler, j'étais naturellement entousiaste à l'idée de participer, même très modestement, à la rédaction de ce texte fondamental", nous raconte Stéphane Hessel lors de notre reportage en 2008. Il était alors l'un des derniers témoins vivant à avoir participé à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'Homme adoptée à l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948, à Paris. 

Ce texte non contraignant juridiquement, énonce les droits humains et comment ils doivent être respectés. 

Progrès social, liberté politique, droits économiques... Il est difficile lors de son écriture de concilier les points de vue. Les intérêts divergent. 

"J'ai souvenir, par exemple, des relations très particulières entre Eleanor Roosevelt, qui présidait la Commission, et René Cassin, nous racontait Stéphane Hessel. Madame Roosevelt avait de l'autorité, elle tenait à conduire les réunions et à en tirer résultats. Cassin était très obstiné lui aussi. Il tenait par exemple à cet adjectif 'universel', que Madame Roosevelt considérait un peu ambitieux, mais finalement elle a cédé." 83 séances ont été nécessaires pour arriver au texte final, adopté par 50 pays.

Il y a dix ans, injustice, impunité, torture et censure était toujours d'actualité. Stéphane Hessel dressait alors un bilan mitigé : "Par exemple, les huit dernières années que nous avons vécues avec un gouvernement des Etats-Unis particulièrement peu soucieux des droits de l'Homme avec Guantanamo, avec Abou Ghraib."

En 2018, un tel texte pourrait-il encore être adopté ? Lors des commémorations du Centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, la chancelière Angela Merkel s'interrogeait : « Serions-nous aujourd’hui capables, en tant qu’assemblée des nations, d’approuver, comme en 1948, la Déclaration universelle des droits de l’Homme ? Je n’en suis pas si sûre ».