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Indonésie: sécurité renforcée après une attaque contre un ministre attribuée à l'EI

Des membres des forces de sécurité sur les lieux d'une attaque contre un ministre attribuée au groupe Etat Islamique, le 10 octobre 2019 à Pandeglang, en Indonésie
Des membres des forces de sécurité sur les lieux d'une attaque contre un ministre attribuée au groupe Etat Islamique, le 10 octobre 2019 à Pandeglang, en Indonésie
afp.com - Ronald Siagian
Carte d'Indonésie localisant Pandeglang
Carte d'Indonésie localisant Pandeglang
afp.com - AFP
Le président indonésien Joko Widodo, le 8 octobre 2019 à Singapour
Le président indonésien Joko Widodo, le 8 octobre 2019 à Singapour
afp.com - FELINE LIM

Le président indonésien Joko Widodo a ordonné un renforcement des mesures de sécurité vendredi après que deux attaquants liés au groupe Etat islamique (EI) ont infligé de graves blessures au ministre à la Sécurité Wiranto, toujours hospitalisé.

La police était à la recherche d'autres suspects au lendemain de la tentative d'assassinat de l'ex-général de 72 ans, l'un des hommes les plus puissants d'Indonésie.

Le ministre a reçu des coups de couteaux à l'abdomen alors qu'il sortait de sa voiture à Pandeglang, à l'ouest de l'île de Java, où il effectuait une visite officielle.

"Il y avait déjà des mesures de précaution mais elles devront être améliorées après ce qui est arrivé (à Wiranto) pour que cela ne se reproduise plus jamais", a déclaré le président indonésien à des journalistes vendredi.

Un homme de 31 ans et une femme de 21 ans, un couple marié selon les médias locaux, ont été arrêtés après l'attaque et identifiés comme des membres de l'organisation Jamaah Ansharut Daulah (JAD)", liée au groupe Etat islamique (EI), par le renseignement indonésien.

Joko Widodo a demandé aux responsables nationaux de la police et des renseignements de rechercher tous les suspects liés à l'organisation JAD, qui s'est déjà illustrée par plusieurs autres attaques, dont des explosions suicides contre des églises à Surabaya, la deuxième plus grande ville d'Indonésie l'an dernier.

Cette attaque intervient une semaine avant la cérémonie d'investiture du président indonésien réélu en avril pour un second mandat à la tête du plus grand pays musulman du monde.

Wiranto, qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu'un nom, était toujours hospitalisé à Jakarta vendredi après avoir subi une opération chirurgicale.

"Je lui ai rendu visite aujourd'hui (vendredi). Il pouvait parler mais semblait toujours faible", a indiqué à l'AFP le chef de l'administration présidentielle Moeldoko. "Il est toujours en soins intensifs".

Le suspect était, selon les médias locaux, sous surveillance des services de renseignement pour possession d'armes tranchantes.

Des militants radicalisés s'en déjà sont pris par le passé à des policiers et à d'autres symboles étatiques mais l'attaque contre Wiranto jeudi est considérée comme la première tentative d'assassinat connue par JAD contre un homme politique indonésien.

Wiranto, ancien commandant en chef de l'armée, a commencé sa carrière militaire sous l'ex-dictateur Suharto et est devenu une figure omniprésente dans la politique indonésienne, enchaînant plusieurs portefeuilles ministériels clés.

Candidat malheureux à deux reprises à l'élection présidentielle, il est accusé par les organisations de défense des droits humains de crimes contre l'humanité dans les massacres qui ont suivi le référendum d'indépendance du Timor oriental en 1999.