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Inflation : la Hongrie va plafonner les prix des denrées alimentaires de base

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Budapest, le 21 décembre 2021
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Budapest, le 21 décembre 2021
afp.com - Attila KISBENEDEK

La Hongrie a annoncé mercredi le plafonnement à compter de début février du prix de six produits alimentaires de base, afin de lutter contre une inflation galopante.

"Nous avons décidé d'intervenir pour limiter les prix du sucre blanc, de la farine de blé, de l'huile de tournesol, des cuisses de porc, des filets de poulet et du lait demi-écrémé", a déclaré le Premier ministre souverainiste Viktor Orban dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook.

"Cela signifie que dans chaque magasin, ils devront revenir à leur niveau du 15 octobre 2021", a-t-il précisé à l'issue d'une réunion de son gouvernement, disant vouloir "protéger les familles".

Le taux d'inflation a atteint en novembre son plus haut niveau en près de 15 ans, soit 7,4% sur un an, propulsé par la flambée des prix de l'énergie comme partout ailleurs en Europe.

Selon les statistiques officielles, les prix de l'alimentation ont grimpé de 6%, ceux de la farine bondissant par exemple de 20% et de l'huile de 27%.

Le gouvernement avait déjà décidé à l'automne de plafonner le prix des carburants, afin que le litre ne coûte pas plus de 480 forints (1,35 euro) à la pompe.

Ces annonces interviennent à un moment où M. Orban se prépare à des élections législatives serrées le 3 avril, face à une opposition pour la première fois unie.

Revenu au pouvoir en 2010, ce dirigeant controversé vise un quatrième mandat consécutif.

Il affrontera Peter Marki-Zay, le candidat d'une alliance inédite de six partis, qui a vu dans cette nouvelle mesure "un aveu d'échec", "le constat que l'économie hongroise est dans un état tragique".

"Au lieu de mener une politique économique responsable, l'Etat fixe les prix pour combattre une inflation effrénée", a-t-il réagi sur Facebook.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires se sont envolés de 28%, en moyenne annuelle, pour l'ensemble de 2021 par rapport à l'année précédente, selon un communiqué diffusé la semaine dernière par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le coût élevé de l'énergie, la pandémie mondiale de Covid-19 en cours et les conditions climatiques de plus en plus incertaines "laissent peu de place à l'optimisme quant à un retour à des conditions de marché plus stables" en 2022, avait-elle averti.