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Inflation oblige, le Smic augmentera de près de 35 euros brut au 1er octobre

Les salariés rémunérés au Smic toucheront près de 35 euros brut de plus au 1er octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum due à l'inflation
Les salariés rémunérés au Smic toucheront près de 35 euros brut de plus au 1er octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum due à l'inflation
afp.com - PHILIPPE HUGUEN
Evolution du salaire minimum mensuel brut depuis 2005
Evolution du salaire minimum mensuel brut depuis 2005
afp.com - Thomas SAINT-CRICQ
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à la sortie de l'Elysée, le 15 septembre 2021 à Paris
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à la sortie de l'Elysée, le 15 septembre 2021 à Paris
afp.com - Thomas COEX

Les salariés rémunérés au Smic toucheront près de 35 euros brut de plus au 1er octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum due à l'inflation, une telle hausse en cours d'année liée à l'évolution des prix étant inédite depuis dix ans.

La dernière hausse automatique du Smic due à l'inflation, hors 1er janvier, était de 2,1% le 1er décembre 2011.

Actuellement de 1.554,58 euros brut par mois, le Smic sera porté à 1.589,47 euros, soit une hausse de 34,89 euros, selon un communiqué du ministère du Travail, publié à l'issue d'une réunion avec le groupe d'experts sur le Smic. Le Smic horaire brut devant passer de 10,25 à 10,48 euros.

Cette hausse est mécanique car le code du Travail (article L3231-5) prévoit que "lorsque l'indice national des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2% par rapport à l'indice constaté" lors de l'établissement du Smic "immédiatement antérieur", le salaire minimum est relevé "dans la même proportion" le mois suivant.

Or les chiffres publiés mercredi par l'Insee montrent que l'indice des prix à la consommation a progressé de 2,2% par rapport à novembre 2020, mois de référence pour la dernière revalorisation.

Comme chaque année, le Smic avait été augmenté au 1er janvier, de 0,99%. L'année précédente, il avait été revalorisé de 1,2% pour 2,25 millions de bénéficiaires, soit 13% des salariés, selon la Dares.

Avec la hausse du 1er octobre, et sauf forte accélération de l'inflation à l'automne, la prochaine revalorisation au 1er janvier devrait être plus faible puisqu'elle sera calculée sur la seule évolution des prix entre août et novembre.

Chaque année, certains syndicats (comme la CGT qui revendique un Smic à 2.000 euros brut) demandent au gouvernement d'aller au-delà de la hausse automatique. Mais le dernier "coup de pouce" (de 0,6% couplé à 1,4% au titre de l'inflation de façon anticipée) remonte à juillet 2012, au lendemain de l'élection du socialiste François Hollande.

- "Le compte n'y est pas" -

Les gouvernements qui ont suivi se sont abstenus de toute hausse exceptionnelle, jugeant que cela nuirait à l'emploi des moins qualifiés.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a encore souligné la semaine dernière que "donner un coup de pouce (au Smic) c'était aussi donner un coup de canif au redressement de l'emploi". Il met en avant le fait que le gouvernement a déjà agi pour les bas salaires, par exemple en augmentant la prime d'activité.

Alors que la pression monte sur le sujet du pouvoir d'achat à sept mois de la présidentielle, l'exécutif préfère pousser aux négociations de branche et presser les entreprises d'augmenter les bas salaires.

Le Premier ministre Jean Castex a ainsi demandé la semaine dernière l'ouverture de négociations dans de nouvelles branches, dont l'hôtellerie-restauration et les industries agro-alimentaires.

Certaines ont déjà engagé des discussions, avec des accords conclus par exemple dans le commerce de détail (hausse des salaires de 1,5% à 2% selon les niveaux de qualification).

Pour les syndicats, qui mettent en avant les travailleurs de la "deuxième ligne", particulièrement exposés pendant la crise sanitaire, cette hausse automatique du Smic est insuffisante.

La CFDT estime que les "deuxième ligne" méritent ainsi "mieux qu'une hausse de 2,2% du Smic". Les employeurs "à travers les négociations de branche, ont les cartes en main", affirme le syndicat, notant que "certains ne jouent pas le jeu". Et le gouvernement "peut intervenir pour éviter les propositions indécentes (...) en conditionnant le versement des aides publiques à un dialogue social de qualité".

Pour la CGT, "le compte n'y est toujours pas", après une augmentation "indécente" en janvier. Le syndicat souligne que la proportion des "deuxième ligne" au Smic est "très importante", sa revalorisation étant "donc fondamentale".

Yves Veyrier (Force ouvrière) a souligné de son côté sur Twitter que l'augmentation automatique "n'était que le rattrapage de l'inflation", revendiquant "un plan immédiat de revalorisation d'ensemble des emplois confinés aux bas salaires", dont les "deuxième ligne".

Tout en saluant une "bonne nouvelle pour les travailleurs", la CFTC a assuré qu'elle continuerait de "militer" pour un coup de pouce, tandis que François Hommeril (CFE-CGC) a estimé sur BFM business que si la hausse du Smic "a un impact positif sur les rémunérations dans leur ensemble, c’est une très bonne chose".