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Irak : au sommet de Bagdad, l'Afghanistan et la "menace" de Daech dans tous les esprits

Des forces spéciales irakiennes sont déployées sur les points stratégiques de Bagdad ce 27 août à la veille du sommet régional qui doit se tenir dans la ville.
Des forces spéciales irakiennes sont déployées sur les points stratégiques de Bagdad ce 27 août à la veille du sommet régional qui doit se tenir dans la ville.
AP/Khalid Mohammed

Le sommet régional qui se tient ce samedi 28 août à Bagdad, a pour ambition d’apaiser les tensions régionales, notamment entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Mais tous les esprits seront tournés vers l'Afghanistan avec l'arrivée au pouvoir des talibans et le double-attentat à Kaboul revendiqué par le groupe Etat Islamique. 

L'arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan et la "menace" que continue de représenter le groupe Etat islamique (EI), auteur du sanglant attentat de Kaboul, seront l'objet de toutes les préoccupations à la conférence régionale. Celle-ci s'ouvre ce samedi à Bagdad, en présence notamment du président français Emmanuel Macron.     

Les enjeux de la visite du président français en Irak

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Correspondance à Bagdad de Sofia Nitti

Les ministres des Affaires étrangères iranien et saoudien et le roi Abdallah II de Jordanie sont attendus.

Une première rencontre, en prélude du sommet, entre le chef du gouvernement irakien Moustafa al-Kazimi et le président français Emmanuel Macron a donné un peu le ton du sommet. L'attentat du groupe Etat islamique contre l'aéroport de Kaboul est encore dans les esprits. 

Afghanistan : retour sur l'attentat suicide à Kaboul

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Voir aussi : Afghanistan : un journaliste raconte l'explosion qui a eu lieu à Kaboul

Paris maintient une présence militaire de 600 hommes en Irak

 "Nous savons tous qu'il ne faut pas baisser la garde, car Daech (acronyme arabe de l'EI) demeure une menace", a ainsi déclaré le président français. "Je sais que le combat contre ces groupes terroristes est une priorité de votre gouvernement", a-t-il ajouté en s'adressant au chef du gouvernement irakien.

Nous savons tous qu'il ne faut pas baisser la garde, car Daech (acronyme arabe de l'EI) demeure une menace.


Emmanuel Macron, président de la république française

L'Irak, où des cellules de l'EI continuent de mener des attentats quatre ans après sa défaite militaire, et la France "sont des partenaires clés dans la guerre contre le terrorisme", a répondu le chef du gouvernement irakien.

Paris fournit en effet à l'Irak un appui militaire, notamment aérien, avec en moyenne 600 hommes sur place dans le cadre de la coalition internationale qui continue de livrer bataille contre l'EI.

Une conférence pour "désamorcer" les tensions entre l'Iran et l'Arabie saoudite

Par cette conférence régionale, l'Irak entend "désamorcer" les tensions entre l'Iran et l'Arabie saoudite qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 2016, selon un conseiller du chef du gouvernement irakien joint par l'AFP. Les relations de l'Irak avec son grand voisin iranien devraient également être évoquées.

Le président français Emmanuel Macron se rendra dimanche au Kurdistan irakien, où il saluera la lutte des Kurdes contre l'EI, puis à Mossoul, symbole de la victoire contre le groupe radical qui l'a occupée de 2014 à 2017. 

La situation en Irak est cependant différente de celle en Afghanistan. L'armée se battait il y a quatre ans encore avec la coalition internationale contre l'EI, avant de déclarer "victoire" fin 2017.

Quatre ans plus tard, des cellules djihadistes continuent de mener ponctuellement des attaques. Le dernier attentat suicide d'envergure revendiqué par l'EI a fait plus de 30 morts dans le quartier chiite de Sadr City à Bagdad en juillet.

Toujours présent en Irak et en Syrie,  l'EI est "l'ennemi juré" des talibans

L'EI "dispose toujours de dizaines de millions de dollars et il va sans doute continuer à rétablir ses réseaux en Irak et en Syrie", note Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, un groupe de réflexion en géopolitique basé à New York interrogé par l'AFP.

Les djihadistes sont aussi actifs en Afrique. La zone "des trois frontières" entre Burkina-Faso, Niger et Mali est ainsi régulièrement frappée par les actions meurtrières de groupes liés à Al-Qaïda et à l'EI.

En Afghanistan, l'EI est "l'ennemi juré" des talibans, explique ainsi à l'AFP Rasha al-Aqeedi, chercheuse au Newlines Institute aux Etats-Unis, mais leur "victoire" en Afghanistan pourrait "galvaniser" l'EI, le poussant à "montrer qu'il est toujours bien présent" en Irak.

Voir aussi : Afghanistan : "La propagande de Daech dépeint les talibans comme “des suppôts de l’occupation américaine”"
Quelques 2500 soldats américains sont encore déployés en Irak comme ici à Bagdad.
Quelques 2500 soldats américains sont encore déployés en Irak comme ici à Bagdad.
AP/ Karim Badi

La guerre contre l'EI continue en Irak

Quelque 2.500 soldats américains sont toujours déployés en Irak. Ils se cantonneront officiellement à un rôle de "conseillers" des forces de sécurité irakiennes dès 2022. 

Et pour Rasha al-Aqeedi, si le niveau de l'armée irakienne "n'est pas idéal", "les Américains pensent que cela suffit pour qu'ils puissent à terme quitter l'Irak sans craindre que le pays ne revive ce qu'il s'est passé en 2014", lors de la débandade des soldats irakiens face aux djihadistes.

Ensuite, l'Irak compte de nombreuses et très controversées factions paramilitaires pro-Iran regroupées au sein du Hachd al-Chaabi, une organisation créée pour épauler l'armée dans sa lutte contre l'EI. Depuis, le Hachd al-Chaabi a été intégré à l'Etat, mais ses détracteurs l'accusent de ne répondre qu'à Téhéran et d'assassiner et d'enlever des militants antipouvoir.