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Iran : le président Rohani accuse Israël de semer le "chaos" après l'assassinat d'un scientifique

C'est à Absard, petite ville à l'est de la capitale Téhéran en Iran, que le scientifique Mohsen Fakhrizadeh a été tué, le 27 novembre 2020. 
C'est à Absard, petite ville à l'est de la capitale Téhéran en Iran, que le scientifique Mohsen Fakhrizadeh a été tué, le 27 novembre 2020. 
(Agence de presse Fars via AP)

Le président iranien Hassan Rohani a accusé Israël, ennemi juré de son pays, de vouloir semer le "chaos" avec l'assassinat, près de Téhéran, d'un scientifique de haut rang dans le programme nucléaire iranien.

Mohsen Fakhrizadeh, 59 ans, a succombé à ses blessures après l'attaque menée contre sa voiture avec un véhicule chargé d'explosifs et des tirs d'assaillants, pris à partie par ses gardes du corps, a annoncé vendredi le ministère iranien de la Défense. Le scientifique était chef du département recherche et innovation du ministère, précise la même source.

"Une fois de plus, les mains impitoyables de l'arrogance mondiale, avec le régime sioniste usurpateur comme mercenaire, sont souillées du sang d'un fils de cette nation", a dénoncé M. Rohani dans un communiqué publié sur son site officiel, faisant référence à l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh. L'Iran utilise en général l'expression "arrogance mondiale" pour désigner les Etats-Unis.

M. Rohani s'est engagé à ce que son décès "ne perturbe pas" les progrès scientifiques de son pays. Selon lui, cet assassinat est dû à "la faiblesse et à l'incapacité" des ennemis de Téhéran d'empêcher leur développement.

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Dans une intervention télévisée, il a ensuite accusé l'Etat hébreu de vouloir "créer le chaos, mais ils devraient savoir que nous les avons démasqués et qu'ils ne réussiront pas". "La nation iranienne est trop intelligente pour tomber dans le piège de la conspiration mise en place par les Sionistes", a-t-il lancé.

"Les ennemis de l'Iran devraient savoir que la bravoure du peuple et des responsables iraniens est telle que cet acte criminel ne restera pas sans conséquence", a prévenu M. Rohani à la télévision, lors de la réunion hebdomadaire consacrée à la lutte contre la pandémie de coronavirus.

"En temps et en heure, ils répondront de ce crime", a-t-il affirmé.

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Le Hezbollah, un mouvement armé pro-iranien considéré comme une organisation "terroriste" par Washington, a "fermement condamné" samedi cet assassinat.

Il a dénoncé les assassinats menés par des "gangs meurtriers et terroristes pour empêcher la République islamique d'obtenir les ressources de fierté et de puissance et de préserver le progrès scientifique et son indépendance politique et intellectuelle".

Le ministre de la Défense, Amir Hatami, a relevé vendredi soir à la télévision que M. Fakhrizadeh avait eu un "rôle marquant dans les innovations de défense". "Il gérait la défense antinucléaire et faisait un travail considérable", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Arme nucléaire 

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a accusé Israël d'avoir joué un "rôle" dans cet "acte terroriste".

"Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté -- avec des indications sérieuses du rôle d'Israël -- montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté le ministre.

Le scientifique avait été accusé par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, d'être le père d'un programme nucléaire iranien à vocation militaire dont Téhéran a toujours nié l'existence.

Le département d'Etat américain avait indiqué en 2008 que M. Fakhrizadeh menait "des activités et des transactions contribuant au développement du programme nucléaire de l'Iran".

"Cet assassinat barbare montre que nos ennemis vivent des semaines difficiles au cours desquelles ils sentent (...) leur pression faiblir, la situation mondiale changer", a encore relevé M. Rohani. Les ennemis de l'Iran "veulent profiter au maximum (...) de ces quelques semaines" de façon à "créer une situation incertaine dans la région", a-t-il poursuivi, sans autre détail.

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'investiture du démocrate Joe Biden à la présidence des Etats-Unis.

Il veut renouer le dialogue après le mandat de Donald Trump, les Etats-Unis ayant quitté à son initiative en 2018 l'accord sur le programme nucléaire iranien signé trois ans plus tôt. Washington, dans le cadre de sa politique de "pression maximale", a ensuite rétabli puis durci les sanctions contre l'Iran.

M. Trump a récemment sondé de hauts responsables américains sur la possibilité d'"agir" contre un site nucléaire iranien, affirmait le 17 novembre le quotidien américain New York Times, ajoutant que ceux-ci l'en avaient dissuadé.

Plusieurs scientifiques spécialistes du nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années, Téhéran en attribuant systématiquement la responsabilité à Israël.

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