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Iran : les sanctions américaines devant la Cour internationale de Justice

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TV5MONDE / B. Borie / F. Rassinoux

Téhéran espère faire annuler les sanctions américains à son égard, et porte l'affaire devant la Cour internationale de Justice de La Haye.  Le régime estime que les conséquences sont dramatiques pour sa population. La plainte a été déposée en juillet dernier, son examen a débuté ce lundi 27 août. La procédure pourrait prendre plusieurs années. 

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"Urgence extrême", "état de siège" : voici les mots du plaidoyer de l'Iran à l'encontre des États-Unis. Depuis 10h du matin ce lundi 27 août à La Haye, la Cour internationale de justice entend ce réquisitoire visant à stopper net les nouvelles sanctions américaines.

"Il est peu vraissemblable que l'Iran ait la certitude d'un dénouement favorable, mais c'est une manière de mettre sur la place publique la dimension juridique internationale à son profit, pour montrer que ceux qui se retrouvent potentiellement en infraction sont les Etats-Unis et non l'Iran." explique David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut Français d'Analyse Stratégique .

Ces nouvelles sanctions, dont la première salve a été lancée début août, s'inscrivent dans un durcissement de la politique américaine vis-à-vis des Iraniens. En cause : l'accord sur le nucléaire, signé par l'Iran et les grandes puissances en 2015, mais jugé trop laxiste par le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche. Washington retourne donc au front et veut frapper le coeur de l'économie iranienne, le pétrole et le gaz notamment. Une situation telle, qu'il est demandé à la Cour de stopper dans un premier temps les sanctions, avant de juger le fond de l'affaire.

"Ce sont les mêmes sanctions américaines qui étaient en cours avant la signature de l'accord sur le nucléaire iranien, là elles concernent vraiment tous les secteurs de l'économie iranienne : tourisme, pharmaceutique, vente de métaux précieux et le plus important, le secteur bancaire" explique Mariam Pirzadeh, correspondante de France 24 en Iran. 

L'inquiétude monte parmi les politiques iraniens. Deux d'entre eux, le ministre du Travail et celui de l'Économie, viennent d'être limogés. A l'étranger, les réactions de frilosité continuent depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire en mai dernier. Total, Air France, British Airways, Daimler pour ne citer qu'eux, ont tous suspendu leurs activités vers et depuis l'Iran...