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Iran : Londres qualifie de "torture" le traitement infligé à sa ressortissante Zaghari-Ratcliffe

<p>Poursuivie pour "propagande" contre la République islamique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, a été condamnée le 26 avril à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter l'Iran, un mois après avoir fini de purger une peine de cinq ans de prison</p>

Poursuivie pour "propagande" contre la République islamique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, a été condamnée le 26 avril à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter l'Iran, un mois après avoir fini de purger une peine de cinq ans de prison

AP/ Nazanin Zaghari-Ratcliffe

Le traitement infligé à l'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe en Iran, où elle a été condamnée récemment à une nouvelle peine de prison d'un an, revient à de la torture, a estimé dimanche le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.

"Je pense que la manière dont elle est traitée équivaut à de la torture et les Iraniens ont une obligation très claire et sans équivoque de la libérer", a déclaré sur la BBC le chef de la diplomatie britannique.

Poursuivie pour "propagande" contre la République islamique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, a été condamnée le 26 avril à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter l'Iran, un mois après avoir fini de purger une peine de cinq ans de prison.

A la question de savoir si Londres considère qu'elle est retenue en "otage", le chef de la diplomatie a répondu qu'il est "difficile d'argumenter contre cette caractérisation, je l'ai déjà dit".

"Il est clair qu'elle est l'objet d'un jeu du chat et de la souris" et que Téhéran l'utilise comme un "levier sur le Royaume-Uni", comme d'autres binationaux détenus ou en prise avec la justice iranienne.

L'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah a, elle, été appréhendée en juin 2019. En mai 2020, elle a été condamnée à cinq ans de prison pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale". Depuis octobre 2020, elle est assignée à résidence. 

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Tensions diplomatiques

Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l'agence de presse du même nom, l'Irano-Britannique avait été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait de rendre visite à sa famille.

Accusée d'avoir comploté pour renverser la République islamique, ce qu'elle nie farouchement, elle avait été condamnée à cinq ans d'emprisonnement.

Elle a été assignée à résidence chez ses parents à Téhéran après avoir été autorisée en mars 2020 à sortir de prison en raison de la pandémie de Covid-19. Elle ne porte plus de bracelet électronique depuis le 7 mars 2021.

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Son époux Richard Ratcliffe a estimé par le passé que sa femme était l'"otage" d'un jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni lorsque le chah d'Iran lui avait acheté pour 400 millions de livres (467 millions d'euros) de chars. Londres avait ensuite refusé de les livrer lorsque le monarque avait été évincé en 1979, conservant cependant l'argent.

Le dossier de Mme Zaghari-Ratcliffe alimente les tensions entre les deux pays, qui ont nié tout lien entre son affaire et leur litige sur cette dette.

"Nous reconnaissons" que cette dette "doit être remboursée et nous examinons les modalités pour y procéder", a déclaré Dominic Raab sur Times Radio.

La difficulté provient davantage, selon lui, du contexte actuel, entre prochaine élection présidentielle iranienne et négociations pour essayer de relancer l'accord sur le nucléaire iranien.

Voir aussi : Iran : La question toujours sensible du nucléaire

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L'ONG britannique Redress a jugé dans un rapport mi-mars que Nazanin Zaghari-Ratcliffe souffrait d'un stress post-traumatique grave après avoir subi des "mauvais traitements" et qu'elle devait donc être reconnue par Londres comme "victime de torture".

Les autorités iraniennes ont toujours nié qu'elle ait été maltraitée.

Dans une tribune publiée sur le site Declassified UK, Richard Ratcliffe estime que Londres doit mieux protéger ses ressortissants et a raconté qu'il n'avait pas encore discuté avec sa fille Gabriella de "ce que deux ans supplémentaires sans maman signifient".