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"Islamo-gauchisme": le gouvernement espère "passer à autre chose", la droite renchérit

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal, à Paris, le 30 octobre 2019
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal, à Paris, le 30 octobre 2019
afp.com - ludovic MARIN
Yannick Jadot le 27 août 2020 à Paris
Yannick Jadot le 27 août 2020 à Paris
afp.com - ERIC PIERMONT
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le 10 février 2021 à Paris
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le 10 février 2021 à Paris
afp.com - Ludovic MARIN

Le gouvernement a assuré vouloir "passer à autre chose" dimanche après la polémique sur un "islamo-gauchisme" à l'université causée par des propos de la ministre Frédérique Vidal, mais la droite a surenchéri en dénonçant certaines "collusions" de la gauche avec l'islamisme.

L'eurodéputé EELV Yannick Jadot a, lui, demandé la démission de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui avait annoncé mardi avoir demandé au CNRS "un bilan de l'ensemble des recherches" qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme.

"Elle doit partir. La ministre qui porte la disqualification de la recherche et de l'enseignement supérieur dans notre pays ne peut rester en poste", a lancé Yannick Jadot sur France 3.

Il s'est ainsi inscrit dans les pas d'une tribune de 600 universitaires qui ont réclamé samedi dans le Monde la démission de Mme Vidal.

La ministre a de son côté récusé, dans le Journal du dimanche, vouloir mettre en place une "police de la pensée", assurant au contraire vouloir "déconstruire l'idée qu'il y aurait une pensée unique sur certains sujets et (...) protéger le pluralisme des idées à l'université".

"Nous avons besoin d'un état des lieux sur ce qui se fait en recherche en France sur ces sujets" liés à "l'islamo-gauchisme", a-t-elle réaffirmé.

"C'est un fait politique", a jugé sur Europe 1-Les Echos-CNEWS le délégué général de LREM Stanislas Guerini. "Je ne sais pas si cela a une réalité scientifique mais de façon indubitable, on voit aujourd'hui qu'une partie de la gauche, plus précisément de l'extrême gauche, mélange sa voix et fait converger ses idées avec l'islam politique".

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a de son côté espéré lors du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro que "l'on puisse passer à autre chose".

Même si "des situations interpellent - des pièces de théâtre, des conférences sont empêchées de se tenir - ce débat qui concerne des faits extrêmement isolés doit-il monopoliser l'intégralité du débat sur l'université? Je ne crois pas" et "Frédérique Vidal le partage", a-t-il estimé.

"La priorité c'est d'aider les étudiants à traverser la crise", a ajouté Gabriel Attal.

La droite a cependant soutenu les déclarations de la ministre sur un "islamo-gauchisme" qui "gangrène l'université", le vice-président délégué des Républicains Guillaume Peltier dénonçant sur France Inter/franceinfo/Le Monde une "collusion entre une partie de la gauche et l'islamisme".

"L'islamo-gauchisme n'est qu'une face émergée de l'islamisme, ennemi de la République", a-t-il insisté, citant l'exemple de femmes voilées sur des listes du Nouveau parti anticapitaliste.

Pour le président LR du Sénat Gérard Larcher, "nous devons cesser d'être dans le déni" du phénomène. "Est-ce que le terme islamo-gauchisme résume tout? Il y a aussi des sujets comme décolonialisme, racialisme. Celui-ci est totalement opposé au concept d'universalisme républicain".

"Qu'il y ait eu des complaisances individuelles, à droite comme à gauche, avec des associations qui protègent un agenda salafiste, c'est une évidence", a déclaré Yannick Jadot. Mais l'"islamo-gauchisme", "pour moi ça ne correspond à rien".