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Israël-Palestine : le premier ministre israélien Yaïr Lapid se dit favorable à une solution à deux États

Le Premier ministre israélien Yair Lapid lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, jeudi 22 septembre 2022, au siège de l'ONU.
Le Premier ministre israélien Yair Lapid lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, jeudi 22 septembre 2022, au siège de l'ONU.
AP Photo/Julia Nikhinson

Le Premier ministre Israélien s’est exprimé ce jeudi 22 septembre à la tribune de l’assemblée générale des Nations unies. Dans son discours, Yaïr Lapid se dit favorable à une solution à "deux États" pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Une prise de position rare de la part d’un Premier ministre israélien en exercice. Ce dernier a toutefois énuméré des "conditions indispensables" au processus de paix.

"Un accord avec les Palestiniens fondés sur une solution à "deux États" pour "deux peuples" est la solution. C’est la solution pour la sécurité d’Israël, pour l’économie du pays et pour l’avenir de nos enfants. La paix n’est pas un compromis mais la décision la plus courageuse que nous pouvons prendre", a déclaré le Premier ministre israélien Yaïr Lapid ce jeudi 22 septembre. 

Cela faisait de nombreuses années qu’un Premier ministre israélien n’avait pas évoqué une solution à "deux Etats" lors d’une Assemblée des Nations Unis. Une prise de position qualifiée de "courageuse" par le président américain Joe Biden. 
 

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"Les arabes ne sont pas nos ennemis, ils sont nos partenaires de vie"

Le Premier ministre israélien a choisi de commencer son discours en insistant sur "la formidable mosaïque culturelle" présente en Israël. "Israël est aujourd’hui une démocratie vivante où les Juifs, les Musulmans et les Chrétiens vivent ensemble avec des droits civiques équivalents", a-t-il affirmé. 
 
Dans le gouvernement que je dirige, il y a des ministres arabes et il y a un parti arabe au sein de notre coalition.Yaïr Lapid, Premier ministre israélien
"Dans le gouvernement que je dirige, il y a des ministres arabes et il y a un parti arabe au sein de notre coalition. Nous avons des juges arabes dans notre cour suprême, des médecins arabes qui sauvent des vies dans nos hôpitaux. Les arabes ne sont pas nos ennemis, ils sont nos partenaires de vie. Venez nous voir. Venez et vous découvrirez qu’Israël est une formidable mosaïque culturelle", avance Yaïr Lapid. 

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Le discours du Premier ministre avait en partie fuité dans la presse plusieurs heures avant que Yaïr Lapid ne monte sur l’estrade. De vives réactions de l’opposition ont suivi. 

Dans le journal The Time of Israël, Gideon Sa’ar, ministre de la Justice du gouvernement Lapid, a affirmé "qu'une solution à deux états revient à établir un état terroriste en Judée-Samarie [nom hébreu de la Cisjordanie]."
 
Il n'y a ni lieu ni logique à relancer l'idée d'un État palestinienNaftali Bennett, premier ministre israélien de Juin 2021 à Juin 2022. 
Plus problématique pour Yaïr Lapid, son allié de coalition Naftali Bennett ancien Premier ministre et leader du parti de droite Yamina dénonce également la proposition. "Il n'y a ni lieu ni logique à relancer l'idée d'un État palestinien. Nous sommes en 2022 pas en 1993", affirme-t-il. L’ancien Premier ministre fait ainsi référence aux accords d’Oslo signé en 1993 entre le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, le leader de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat et le président américain Bill Clinton.

Aujourd’hui, les négociations de paix israélo-palestiniennes sont au point mort depuis le 24 avril 2014. Le Premier ministre Israélien de l’époque Benyamin Netanyahou  dénonçait alors le rapprochement entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et l’organisation du Hamas considéré comme "terroriste" par Israël et les États-Unis.

Moins de deux mois avant les futures élections législatives du 1er novembre, ce nouvel appel à la paix est considéré comme un "appel du pied à l'électorat de gauche du pays", selon le journaliste israélien Yediot Aharonot relayé par France Culture. Mais pour obtenir un succès électoral, il faudrait que le Premier ministre mette en application ce discours selon Yediot Aharonot.

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Cette semaine l’occasion est offerte au Premier ministre israélien de rouvrir le dialogue avec le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Celui-ci est en effet également présent à l'assemblée générale de l'ONU, il devrait prendre la parole à la tribune ce vendredi 23 septembre.

Un appel à "déposer les armes" dans la bande de Gaza

L’appel à une solution à "deux États" est toutefois conditionné par le Premier ministre israélien. 
 
Posez vos armes et prouvez que le Hamas et le Djihad Islamique ne prendront pas le contrôle de l’État palestinien que vous souhaitez créer.Yaïr Lapid, Premier ministre israélien.
"Je m’adresse aux habitants de GAZA, nous sommes prêts à vous offrir une vie meilleure, nous sommes prêts à vous aider à rebâtir une économie, nous avons qu’une condition : cessez de tirer des roquettes sur nos enfants. Posez vos armes et prouvez que le Hamas et le Djihad Islamique ne prendront pas le contrôle de l’État palestinien que vous souhaitez créer. Posez vos armes et la paix surviendra", affirme Yaïr Lapid.

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Le Premier ministre israélien a ensuite désigné ceux qu’il considère comme des "ennemies d’Israël", insistant notamment sur "la menace nucléaire" et la "menace iranienne". 
 
Il faut que cela soit clair pour l'Iran. Si le pays va de l'avant avec son programme nucléaire, le monde ne réagira pas avec des mots, mais usera de la force.Yaïr Lapid, Premier ministre israélien
"Si les Iraniens mettent la main sur l’arme nucléaire, alors ils l’utiliseront", soutien Yaïr Lapid. "La seule manière d'empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire est de mettre une menace militaire crédible sur la table. Et là, et seulement là, il sera possible de négocier un accord plus long et plus solide avec eux. Il faut que cela soit clair pour l'Iran que s'il va de l'avant avec son programme nucléaire, le monde ne réagira pas avec des mots, mais usera de la force", insiste le chef du gouvernement israélien.