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Italie : afflux migratoire dans un contexte de montée de l’extrême-droite

Des migrants dorment sur le pont du Sea Watch 3.
Des migrants dorment sur le pont du Sea Watch 3.
Nora Börding/Sea Watch/AP

Ces dernières heures, plus d'un milliers de migrants ont débarqué sur les côtes italiennes, tandis que d'autres attendent sur des navires humanitaires. Le phénomène n'est pas nouveau. Mais cette année, il intervient alors que l'extrême droite est donnée favorite aux élections législatives. 

Plus d'un millier de migrants ont débarqué ces dernières heures en Italie. Des centaines d'autres patientent à bord de navires humanitaires. Un afflux récurrent chaque été mais qui intervient cette année en pleine campagne des législatives pour lesquelles l'extrême droite est donnée favorite.

Le 23 juillet, plus de 600 personnes tentant de traverser la Méditerranée à bord d'un bateau de pêche sont secouruespar un navire marchand et les gardes-côtes au large de la Calabre, à l'extrême sud de la botte italienne. Elles ont débarqué dans plusieurs ports de la Sicile. À bord, les autorités ont également trouvé cinq corps de migrants. Les circonstances de leur mort restent à déterminer. 

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Sur l'île de Lampedusa, 522 personnes originaires d'Afghanistan, du Pakistan, du Soudan, de l'Éthiopie et de Somalie notamment, sont arrivées dans la nuit du 23 au 24 juillet à bord d'une quinzaine d'embarcations différentes, en provenance de Tunisie et de Libye.

Les capacités d'accueil à bout de souffle

Selon les médias italiens, le centre d'accueil de ce petit rocher plus proche de l'Afrique que de l'Italie est débordé. D'une capacité d'accueil de 250-300 personnes, il en abrite actuellement 1 200, affirme l'agence Ansa.

Les migrants qui parviennent à rejoindre les côtes de Lampedusa ou de la Sicile voyagent sur des esquifs anciens et surchargés, dans des conditions sanitaires déplorables, souvent sans gilets de sauvetage, avec de maigres vivres, et sous un soleil de plomb. Le quotidien La Sicilia précise que les derniers débarquements à Lampedusa ont vu des navires avec à bord des dizaines, voire des centaines de personnes, mais aussi de petits pneumatiques. 

Ainsi quatre Tunisiens, dont une femme, se sont échoués dans la nuit sur la plage de Cala Pisana après avoir traversé le petit bras de mer qui sépare la Tunisie de l'île. Simultanément, les gardes-côtes ont intercepté un navire de 13 mètres, partie de Zawija en Libye, avec à son bord 123 Pakistanais, Bangladais, Egyptiens et Soudanais.

Les navires humanitaires ne désemplissent pas

Par ailleurs, les ONG de secours en mer continuent de récupérer des centaines de migrants en perdition en Méditerranée. SeaWatch a indiqué dimanche avoir effectué quatre opérations de sauvetage samedi. "À bord du SeaWatch3, nous avons 428 personnes, dont des femmes et des enfants, une femme enceinte de neuf mois et un patient présentant de graves brûlures", précise-t-elle sur son compte Twitter. L'OceanViking, de l'ONG SOS Méditerranée, a indiqué avoir récupéré 87 personnes, dont 57 mineurs non accompagnés, entassées sur "une embarcation pneumatique surpeuplée en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye".

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Entre le 1er janvier et le 22 juillet, 34 000 personnes sont arrivées par la mer en Italie, contre 25 500 sur la même période de 2021 et 10 900 en 2020, selon le ministère de l'Intérieur. La route migratoire de la Méditerranée centrale est la plus dangereuse du monde. L'Organisation internationale pour les migrations y estime le nombre de morts et de disparus à 990 depuis le début de l'année.

Cette recrudescence saisonnière des arrivées pendant l'été coïncide cette année en Italie avec un contexte politique mouvementé. Le Premier ministre Mario Draghi, lâché par plusieurs partis composant son gouvernement d'unité nationale, a démissionné. Le président de la République Sergio Mattarella a dissous le parlement et fixé au 25 septembre des élections pour lesquelles la droite et l'extrême droite sont données favorites.

Le 24 juillet sur Twitter, Matteo Salvini, leader de la Lega (anti-immigration) déplore l'arrivée de "411 clandestins en quelques heures à Lampedusa". "Le 25 septembre, les Italiens pourront enfin choisir le changement : pour le retour de la sécurité, du courage et du contrôle des frontières", a-t-il écrit.