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Italie : Giuseppe Conte chargé de former le prochain gouvernement

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@TV5Monde

Giuseppe Conte succède à Paolo Gentolini pour diriger un gouvernement qui signe le retour des populistes en Italie. Deux mois et demi après les élections législatives, le Mouvement Cinq Étoiles associé à la Ligue avaient proposé leur candidat au poste de Président du Conseil des Ministres.

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Inconnu du grand public, à 54 ans, Giuseppe Conte devient le nouveau chef de gouvernement italien, mettant terme à plus de deux mois de crise politique en Italie. Avocat, professeur de droit, le profil de Giuseppe Conte a séduit les dirigeants de la Ligue et du Mouvement Cinq Étoiles, grands vainqueurs des élections législatives de mars dernier. Son profil a donc été présenté au Président de la République italienne, Sergio Mattarella. Ce dernier a reçu G. Conte ce mercredi et accepté sa candidature algré ses réticences premières. En effet ce juriste de renom est un parfait inconnu en politique et S. Mattarella craignait qu'il ne soit pas à la hauteur. Il semblerait donc que le président italien a obtenu les garanties qu'il souhaitait.

Matteo Salvini : 45 ans, chef de la Ligue depuis 2013 , anciennement Ligue du Nord. Le Milanais a récemment effacé cet adjectif pour transformer le parti secessionniste en formation nationaliste triomphante. Son slogan : "Les Italiens d'abord !". Un message qui a séduit 17% des électeurs italiens aux législatives de mars.

Luigi di Maio : 31 ans, représentant du Mouvement Cinq Étoiles (M5S). Le chef du file du parti antisystème a réussi à faire oublier les vociférations du comique Beppe Grillo. Malgré sa jeunesse et un CV plutôt mince, le Napolitain a rassemblé sous son nom 11 millions d'électeurs, soit plus de 32% des voix, faisant du M5S le premier parti italien.

"Contrat de gouvernement"

Afin de définir les orientations politiques de l'Italie, le M5S et la Ligue ont conclu un "contrat de gouvernement". Un programme qui prévoit entre autres de réduire les prélèvements fiscaux de plusieurs milliards d'euros, d'augmenter la dépense publique, de créer un revenu de citoyenneté de 780 euros par mois et d'abandonner une réforme impopulaire des retraites.

Séduire le plus grand nombre (selon un sondage de La Republicca 60% des Italiens approuvent cette union antisystème) et se montrer plus ferme vis-à-vis de la corruption qui gangrène la politique de la péninsule, telles sont les propositions des deux alliés qui annoncent en outre un vaste tour de vis sécuritaire, anti-immigrés, anti-islam... dans la droite ligne d'autres mouvements populistes en Europe, du Danemark à l'Autriche en passant par la France, la Hongrie et l'Allemagne...
 

L'ombre du "Italexit" plane-t-elle sur l'Europe ?

A Bruxelles et chez les autres membres fondateurs de l'Union Européenne, l'heure est à l'inquiétude. Le ministre français de l'Économie et des Finances s'est alarmé de la volonté des nouveaux maîtres de Rome de tourner le dos à l'austérité. Une menace pour la stabilité de la zone euro selon Bruno Lemaire.

D'où cette mise au point du chef de la Ligue.

Que les Français s'occupent de la France et ne mettent pas leur nez dans les affaires des autres !                                                                                                                                    Matteo Salvini

Durant leurs campagnes respectives, la Ligue et le M5S n'ont eu de cesse de critiquer l'Europe et le "diktat" de Bruxelles. Les électeurs italiens eux ont voté dans leur grande majorité en faveur de ces partis ouvertement eurosceptiques.

Alors même si aujourd'hui tous deux ont abandonné l'idée d'un référendum en vue de quitter la zone euro - un "Italexit" - qui peut dire comment se comportera ce pays fondateur de la construction européenne ?

Plus de 60 ans après la signature du Traité de Rome, une prise de distance italienne aurait de lourdes conséquences sur le projet européen.