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Italie: à la "Lanterna azzurra", les rires puis les pleurs et le silence

La police garde l'entrée de la "Lanterna Azzurra" (La lanterne bleue), la discothèque où une bousculade a fait six morts. Corinaldo le 8 décembre 2018.
La police garde l'entrée de la "Lanterna Azzurra" (La lanterne bleue), la discothèque où une bousculade a fait six morts. Corinaldo le 8 décembre 2018.
afp.com - Luca PRIZIA
Carte de localisation de Corinaldo, près d'Ancône en Italie, où un mouvement de panique a fait 6 morts dans une discothèque
Carte de localisation de Corinaldo, près d'Ancône en Italie, où un mouvement de panique a fait 6 morts dans une discothèque
afp.com -
La "Lanterna Azzurra", La lanterne bleue, la discothèque de Corinaldo, dans le centre de l'Italie, où une bousculade a fait six morts. Corinaldo le 8 décembre 2018.
afp.com - Luca PRIZIA
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La musique et la fête ont fait place dans la nuit aux cris et aux pleurs devant la "Lanterne bleue", une discothèque où une bousculade a fait six morts et des dizaines de blessés dans le centre de l'Italie.

Située en pleine campagne à Corinaldo, à une quarantaine de kilomètres d'Ancône (centre), non loin de la côté adriatique, la discothèque devait accueillir un concert du jeune rappeur italien Sfera Ebbasta.

"Les jeunes sont arrivés vers minuit, certains avec des bus, d'autres accompagnés par des parents", raconte à l'AFP Ines Patrignani, 86 ans, qui habite la maison voisine de la discothèque.

"D'habitude il n'y a pas de bruit, on entend à peine la musique, tout au plus les rires des jeunes lorsqu'ils arrivent ou repartent mais ce matin, en me réveillant, j'ai entendu des cris et des pleurs", ajoute la vieille dame, selon laquelle la discothèque existe depuis les années 1960.

Sa nièce Silvia Macinelli, 26 ans, raconte que la "Lanterna Azzurra" (Lanterne bleue) est surtout fréquentée par les adolescents des environs.

"Ils n'ont pas plus de 20 ans en général, j'y suis allée souvent moi aussi. On s'y amusait bien et il n'y a jamais eu de problèmes, jamais de bagarres", souligne-t-elle.

Sur place, les cris ont fait place au silence et les forces de l'ordre ont tendu un cordon pour tenir les journalistes et curieux à distance, tandis que les enquêteurs multipliaient les relevés pour tenter de déterminer les causes et responsabilités du drame.

"Il y a eu un facteur déclenchant et on cherche à savoir ce qui a conduit les jeunes à sortir précipitamment de la discothèque", explique Cristian Carrozza, commandant des carabiniers de la province d'Ancône.

- 'On manquait d'air' -

Selon les premiers témoignages rapportés par les pompiers, le mouvement de foule aurait été suscité avant le début du concert par la dispersion d'une substance irritante. La balustrade d'un petit pont menant au parking a alors cédé et plusieurs dizaines de personnes sont tombées, à un mètre en contrebas.

Les blessés les moins graves ont été pris en charge dans l'hôpital le plus proche à Senignallia, tandis que les autres ont été conduits à Ancône, où plusieurs jeunes sous le choc ont raconté leur soirée aux médias.

"A un moment, nous avons commencé à tousser, on manquait d'air comme quand il y a un incendie et on est tous allés vers la sortie. Il y a eu des jeunes qui sont tombés, piétinés par les autres qui couraient", a raconté l'un d'eux.

"Beaucoup de jeunes voulaient sortir et ont commencé à pousser. Puis on est tous tombés par un effet domino, certains sont tombés sur moi et je suis tombée sur d'autres, j'avais les jambes écrasées", a raconté Giulia Bucci, 18 ans.

Une mère accourue auprès de sa fille hospitalisée à Ancône, s'est dite très marquée par une autre mère, dont la fille a perdu la vie: "Elle tenait à peine sur ses jambes, elle criait et pleurait, elle répétait: +C'était ma fille, elle avait seulement 14 ans, vous vous rendez compte...+".

Devant l'hôpital, Gabriele Santini raconte avoir trouvé sa petite-fille de 15 ans, légèrement blessée, encore sous le choc. "Quand je suis arrivé, on aurait dit un zombie. Dès qu'elle se met à parler de ce qui s'est passé cette nuit, elle fond en larmes".