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Italie : le SeaWatch 3 débarque finalement ses 47 migrants à Catane

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TV5MONDE | P. ACHARD / H. GARCIA • AP PHOTO | S. CAVALLI

Après 13 jours d'"attente" en mer, le navire de migrants de l'ONG allemande SeaWatch, a finalement jeté l'ancre dans la matinée, à Catane, en Italie.

Pour la poignée de militants qui attendaient le bateau de l'ONG à Syracuse, l'accord qui permet aujourd'hui à ces dizaines de migrants de débarquer dans le port de Catane ne règle rien.

"Notre gouvernement dit que que les migrants doivent être répartis entre les pays de l'Union européenne , et je suis d'accord avec ça", soutient Me Alessandro Gamberini. 
L'avocat de l'ONG SeaWatch ajoute : "en revanche, je refuse que ces être humains soient à la merci de pourparlers interminables et doivent rester en mer jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé..."

Un accord, et après ?

Dans les faits, les migrants du SeaWatch ont finalement pu toucher terre, dans la matinée.

Le feu vert a été donné par le président du conseil italien, Giuseppe Conte. Un consensus a été trouvé entre Rome et six autres pays européens.
 Un accord qui permettra une répartition de ces migrants.  

"Nous voulions débarquer ces personnes dans un environnement accueillant comme à Syracuse où il y a des gens qui défilent dans les rues en disant qu'ils souhaitent accueillir des migrants", disent les militants humanitaires. 
 
Le procureur de Catane, M. Zuccaro, n'a pas une histoire très amicale avec des ONG comme la nôtre...
Kim Heaton-Heather, chef de mission du SeaWatch 3
"Loin d'être un refuge, Catane est une ville dont le procureur est connu pour ses positions contre les ONG", a expliqué SeaWatch sur Twitter. L'ONG, ne se fait donc pas d'illusion : "Nous espérons le meilleur, et nous nous préparons au pire".

Vers une interdiction d'accès aux eaux territoriales italiennes ?

A Catane, le chef de mission du SeaWatch est attendu de pied ferme. Matteo Salvini a demandé au procureur de la ville d'enquêter sur les activités de l'équipage.
Des migrants à bord du SeaWatch 3 | AP PHOTO • S. CAVALLI
Le ministre italien de l'Intérieur reproche aux humanitaires de ne pas avoir laissé les gardes-côtes libyens se charger des migrants et d'avoir volontairement fait route vers l'Italie.
 
Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur | AP PHOTO • A. MEDICHINI
Je travaille pour le bien des Italiens...
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur
Matteo Salvini qui  - au nom de l'ordre public - souhaite désormais interdire les eaux italiennes aux navires humanitaires. Ceux qui portent secours aux migrants au large de la Libye. 

Le ministre précise qu'il ne s'agit pas d'instaurer  un "blocus naval" mais de mettre en application "les lois en vigueur".

"Je suis convaincu de travailler pour le bien des Italiens," dit le ministre de l'Intérieur
"Je travaille pour que de moins en moins, de gens meurent en mer.  En conséquence, je continuerai à faire ce que je fais depuis de mois..." 


Le ministre de l'Intérieur est menacé aujourd'hui  d'un procès dans son pays pour avoir refusé de laisser des migrants débarquer d'un navire en août dernier à Catane.