Info

Italie/migrants : enquête ouverte contre le ministre de l'Intérieur

Chargement du lecteur...
© TV5MONDE, B. Charbonnel

Depuis 10 jours, 140 migrants recueillis par un navire des gardes-côtes italiens étaient immobilisés dans le port de Catane sans autorisation de débarquer. Ils ont finalement reçu le droit de toucher terre, mais la justice italienne a ouvert une enquête contre le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, pour "séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir."

dans

Des sourires de soulagement se lisent sur les visages des passagers du Diciotti, même si leur débarquement se fait au compte-goutte. Sur le quai, chaque migrant, muni d'un numéro, est photographié par les autorités, avant d'être pris en charge par la Croix-Rouge.


Les principaux maux dont ils souffrent sont psychologiques : après plusieurs jours dans l'impasse, vous pouvez comprendre leur traumatisme.

Stefano Principato, Croix-Rouge

Dix jours après leur sauvetage en mer, et après cinq jours de blocage à Catane, les 150 migrants qui se trouvaient à bord du navire des gardes-côtes italiens peuvent enfin poser le pied à terre. Ils vont maintenant être reçus dans un centre d'accueil à Messine, en Sicile, avant d'être transférés vers d'autres destinations.

L'Albanie et l'Irlande ont donné leur accord pour accueillir chacun 20 personnes. Tenant d'une ligne dure envers les migrants, comme il l'a prouvé à nouveau dans cette affaire, Matteo Salvini est visé par une enquête judiciaire depuis ce samedi. Soupçonné de "séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir", le ministre de l'Intérieur ne s'en inquiète pas.


Rassurez-vous, je n'ai peur de rien : enquêtez, interrogez-moi, arrêtez-moi. Je suis fier de lutter pour défendre les frontières, protéger la sécurité des Italiens et protéger l'avenir de nos enfants.

Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur

La Constitution italienne interdisant aux tribunaux habituels de se charger de ce type d'affaire, l'enquête a été transmise à un "tribunal des ministres." Mais elle ne représente pas un danger immédiat pour Salvini, car son éventuel renvoi en justice requiert l'autorisation du Sénat, où il dispose de la majorité nécessaire pour la refuser.