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Journalisme: le 1er prix Daphne Caruana Galizia décerné à Forbidden Stories

Le site web de la société israélienne NSO à l'origine du logiciel espion 'Pegasus' le 21 juillet 2021 à Paris
Le site web de la société israélienne NSO à l'origine du logiciel espion 'Pegasus' le 21 juillet 2021 à Paris
afp.com - JOEL SAGET
Carte montrant les pays où vivent des journalistes sélectionnés pour être ciblés par le logiciel Pegasus, selon Forbidden stories et Amnesty International
Carte montrant les pays où vivent des journalistes sélectionnés pour être ciblés par le logiciel Pegasus, selon Forbidden stories et Amnesty International
afp.com - Omar KAMAL

Le premier prix Daphne Caruana Galizia pour le journalisme, créé en mémoire de la journaliste maltaise assassinée, a été attribué jeudi au réseau de médias Forbidden Stories pour son enquête "Pegasus" sur un logiciel espion israélien.

Ce nouveau prix a été créé fin 2019, à l'initiative du Parlement européen, pour rendre hommage à la journaliste et blogueuse maltaise anti-corruption tuée à 53 ans en 2017 dans l'explosion de sa voiture qui avait été piégée.

Attribué par un jury de représentants de la presse et de la société civile des 27 États membres, et doté d'une récompense de 20.000 euros, le prix Daphne Caruana Galizia sera décerné chaque année le 16 octobre, date de son assassinat.

Il entend récompenser "un journalisme d'excellence qui promeut et défend les valeurs et principes de l'UE: dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, Etat de droit et droits de l'homme".

Forbidden Stories est une plateforme collaborative lancée en 2017 sur une idée du documentariste français Laurent Richard, avec le soutien de l'ONG Reporters sans frontières, et qui réunit plus de 30 médias à travers le monde.

Sous la houlette de la plateforme, un consortium de dix-sept médias internationaux --dont Le Monde, The Guardian et The Washington Post--, regroupant quelque 80 journalistes dans dix pays, a révélé en juillet dernier le vaste emploi du logiciel espion de la société NSO Group.

Ce dernier, qui permet de récupérer les contenus des smartphones infectés, aurait ciblé au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprises, dans de nombreux pays (Inde, Mexique, Hongrie, Maroc, France...), selon l'enquête de Forbidden Stories, menée avec l'appui technique de l'ONG Amnesty International.

La première enquête de Forbidden Stories, le "projet Daphne", avait été lancé fin 2017 après la mort de la journaliste.

Pendant six mois, 45 journalistes de 18 médias différents avaient travaillé sur l'énorme masse de documents laissée par leur consoeur, dévoilant notamment la pratique controversée des "passeports dorés" par Malte.

Soupçonné d'interférences dans l'enquête sur l'assassinat de la journaliste, le Premier ministre maltais Joseph Muscat avait démissionné.

Depuis le lancement de Forbidden Stories, plus d'une centaine de journalistes originaires de près de quarante pays différents ont participé aux enquêtes collaboratives-- notamment sur les cartels de la drogue mexicains et le projet "Green Blood" sur les dommages environnementaux et abus de compagnies minières en Inde, Tanzanie et Guatemala.