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Judo: Agbegnenou tient bon

La multi-championne Clarisse Agbegnenou victorieuse du Masters de Judo dans le complexe sportif de Suhail à Doha, le 12 janvier 2021
La multi-championne Clarisse Agbegnenou victorieuse du Masters de Judo dans le complexe sportif de Suhail à Doha, le 12 janvier 2021
afp.com - KARIM JAAFAR

Son appétit d'or olympique la tient en haleine : la quadruple championne du monde des -63 kg Clarisse Agbegnenou a confirmé son impeccable reprise post-confinement en lançant son année 2021 par une victoire au Masters de judo, mardi à Doha, à un peu plus de six mois des Jeux de Tokyo.

Malgré les contraintes sanitaires et les restrictions considérables générées par la pandémie de Covid-19 auxquelles s'astreint le judo mondial, malgré le report d'un an des JO-2020 à l'été 2021 qu'elle a eu du mal à encaisser, Agbegnenou (28 ans) tient bon la barre et ne dévie pas de son cap, elle dont l'or olympique est le seul qui manque à son imposant palmarès.

"Le huis clos commence dès l'arrivée dans le pays: c'est dur de rester comme ça dans la chambre (d'hôtel) à ne pas faire grand-chose" en attendant le résultat d'un test PCR, raconte à l'AFP la vice-championne olympique 2016. "On tourne beaucoup en rond. J'ai trouvé quelques petites solutions, prendre des livres, appeler mes amis, ma famille, ça aide un peu, mais les jours se font longs quand même."

"Une année de plus, c'est très long, ne cache-t-elle pas au sujet des JO repoussés. J'essaie de rester concentrée malgré tout."

"C'est un gros travail psychologique, mental que je fais, poursuit-elle. Pour l'instant, ça fonctionne, c'est bien. Au moins ça veut dire que je ne travaille pas pour rien."

Pour ses retrouvailles avec la compétition après plus de huit mois sans à cause du virus, Agbegnenou s'était offert un cinquième titre de championne d'Europe fin novembre à Prague.

- Riner un an après -

Même pas deux mois plus tard au Masters, un des tournois les plus prestigieux du calendrier, habituellement programmé en fin d'année et qui réunit les meilleurs judokas mondiaux de chaque catégorie de poids, c'est encore elle qui a imposé sa puissance et sa maîtrise dans le silence du complexe sportif de Lusail, à quelques encablures du stade --en pleine construction-- qui accueillera la finale du Mondial-2022 de football.

En finale, Agbegnenou a fait tomber (ippon) la Japonaise Nami Nabekura, N.4 mondiale mais non sélectionnée pour les JO-2020, après un peu plus de deux minutes et demie dans le golden score (la prolongation après les quatre minutes réglementaires de combat).

Il y a un peu plus d'un an, en décembre 2019, c'est Nabekura qui avait mis fin à deux ans sans défaite de la judoka française, déjà au Masters.

Entre les deux, Agbegnenou avait pris une première revanche sur son adversaire nippone en finale du Grand Chelem de Paris début février dernier, peu avant que l'irruption du Covid-19 ne vienne tout chambouler.

Au fil de la journée qatarie, la N.1 mondiale des -63 kg a remporté trois de ses quatre combats par ippon (contre Barrios, Krssakova et Nabekura).

Comment va désormais s'organiser la dernière ligne avant les Jeux de Tokyo pour elle ? Agbegnenou ne sait "pas du tout". "Avec le virus, on fait en fonction, on ne peut rien prévoir, limite il vaut mieux ne rien prévoir", résume-t-elle.

Mais elle qui aime tout contrôler semble apprendre progressivement à apprivoiser cette situation incertaine.

Pour la dernière journée du Masters mercredi, place au retour sur les tapis internationaux du double champion olympique en titre des poids lourds et décuple champion du monde Teddy Riner, presque un an après sa défaite au tournoi de Paris --sa première depuis plus de neuf ans et après 154 victoires d'affilée--.