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L'espace, nouveau champ de bataille pour Washington

Le président Donald Trump sert la main du général John Raymond, pendant la cérémonie de lancement du commandement spatial des États-Unis, le Spacecom, devant la Maison Blanche, à Washington. 
Le président Donald Trump sert la main du général John Raymond, pendant la cérémonie de lancement du commandement spatial des États-Unis, le Spacecom, devant la Maison Blanche, à Washington. 
AP Photo/Carolyn Kaster

La Maison Blanche a annoncé jeudi 29 août le lancement d’un commandement militaire de l’espace, baptisé “Spacecom”, pour assurer la domination des Etats-Unis, face à la menace de la Russie et de la Chine.

"C'est un moment historique, un jour historique, qui reconnaît que l'espace est au centre de la sécurité nationale et de la défense de l'Amérique", a affirmé le président Donald Trump, lors d'une cérémonie à Washington, annonçant le lancement de "Spacecom", le nouveau commandement militaire spatial. Il aura pour but d’assurer la domination américaine dans l’espace, car  “la meilleure façon d'empêcher les conflit, c'est de se préparer à la victoire", a ajouté Donald Trump. Le "Spacecom" devient le 11e commandement militaire du Pentagone, chacun ayant en charge un domaine d'opérations militaires, comme par exemple le Centcom, qui gère les opérations au Moyen-Orient, ou le Cybercom qui s'occupe des cybermenaces.

Après le lancement du "Spacecom", Donald Trump a également confirmé la création prochaine d’une “Force de l’espace” (Space Force) qui deviendra la sixième branche de l’armée américaine (comme l’armée de Terre, l’US Navy, l’US Air Force, les Marines et les garde-côtes), au sein de l’armée de l’Air. 

Domination de l'espace

Un tel commandement spatial existait déjà dans les années 80, lancé par Ronald Reagan, alors président des Etats-Unis. En 1982, ce dernier annonce sa nouvelle politique spatiale nationale, et crée la force spatiale des États-Unis (Air Force Space Command - AFSPC). Ce commandement a été par la suite aboli par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld  sous la présidence de George W. Bush, suite à l’attaque du 11 Septembre, la lutte contre le terrorisme devenant la priorité du Pentagone. 

Les missions du "Spacecom" de Donald Trump seront nombreuses. Il servira, selon le Pentagone, à dissuader, défendre les intérêts américains, organiser une force de combat spatial, et former des combattants pour d’éventuelles guerres dans l’espace. L’espace devient donc un potentiel champ de bataille pour la Maison Blanche. 

Pour les Etats-Unis, il s'agit surtout de s’assurer une domination de l’espace et de combattre leurs ennemis qui s'attaquent aux "satellites américains qui sont si importants pour les opérations sur les terrains de guerre et pour notre style de vie", comme l'a déclaré Donald Trump, lors de cette annonce. 

"Nous sommes les meilleurs du monde dans l'espace aujourd'hui, mais notre niveau de supériorité se réduit. Nous voulons avancer vite et rester en tête", a assuré le général John Raymond, qui dirigera le Spacecom, lors d'un point-presse précédant l'annonce officielle.

La destruction de satellites, grande menace​

Les concurrents des américains dans le domaine du commandement militaire spatial, comme la Russie, la Chine, ou encore l’Inde ont déjà développé certaines capacités technologiques, mais avec un commandement spatial, Washington entend assurer sa suprématie militaire. En 2007, la Chine a lancé un missile contre un de leur plus vieux satellites pour le détruire. En 2014, la Russie a lancé mis en orbite Kosmos 2499, un engin spatial fortement soupçonné d’être un "tueur de satellite". En mars dernier, c’est l’Inde qui, à son tour, a détruit un de ses satellites en orbite, devenant le quatrième pays à le faire. La destruction de satellite et le brouillage de communications et satellite GPS, indispensables aujourd’hui sont les principales menaces que les Etats-Unis veulent contrer.

Pour assurer cette domination, les Etats-Unis s’appuient également sur l’alliance du groupe dit des “Fives Eyes” (Cinq yeux), dont ils font partie avec l’Australie, le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande. "Historiquement, nous n'avions pas besoin d'alliés dans l'espace, qui était un domaine secondaire. C'est devenu très important aujourd'hui", a affirmé le général américain John Raymond. Les services de renseignements de ces pays collaborent également avec l’Allemagne, le Japon et la France, qui a aussi annoncé la création prochaine d’un commandement spatial. Il s’agissait alors pour Florence Parly, ministre des Armées, d’assurer une "stratégie spatiale de défense".

Retrouvez notre article sur la France et l'espace : 
La France entre dans l’ère de la militarisation de l’espace

Le financement de Spacecom et de la future Force de l’espace est estimé à huit milliards de dollars, selon la Maison Blanche. Donald Trump doit encore convaincre le Congrès qui doit l’approuver.

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