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L'Europe suffoque sous la canicule, les incendies se multiplient

Un pompier tentant d'éteindre l'incendie de forêt à La Test-de-Buch (Gironde), lundi 18 juillet 2022.
Un pompier tentant d'éteindre l'incendie de forêt à La Test-de-Buch (Gironde), lundi 18 juillet 2022.
AP

L'Europe occidentale est en proie à une vague de chaleur particulièrement intense. Cette canicule s'accompagne de violents incendies, ravageant des dizaines de milliers d'hectares de forêt. Tour d'Europe de la situation.

Portugal, Espagne, Grèce... Et désormais France et Royaume-Uni... Les incendies font rage dans l'ouest de l'Europe, terrassée par une vague de chaleur asphyxiante qui n’en finit pas. Plusieurs records de température ont été battus ce mardi 19 juillet.

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  • Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, la température avoisinait ce mardi 19 juillet le seuil des 40°C, une première dans le pays. Le mercure dépassait un niveau jamais atteint, avec 40,2°C à 11H50 GMT à l'aéroport d'Heathrow, dans l'ouest de Londres, a annoncé l'agence météo Met Office. Le précédent record historique de températures datait de juillet 2019 avec 38,7°C.
 

Une centaine de pompiers étaient aussi à l'oeuvre pour combattre un incendie qui ravage un village à l'est de Londres. Le gouvernement est accusé de prendre la situation à la légère. Le Premier ministre démissionnaire Boris Johnson a en effet séché une réunion d'urgence sur la crise dimanche, préférant assister à un pot de départ, et le vice-Premier ministre Dominic Raab a conseillé aux Britanniques de "profiter du soleil".

Des militants écologistes du groupe Extinction Rebellion ont brisé mardi matin des vitres de News UK, qui édite notamment le tabloïd The Sun, pour protester contre le traitement de la canicule dans certains médias.

  • France :
En France, la canicule se déplaçait vers l'est de la France mardi, après avoir fait tomber plus de 60 records absolus de chaleur et laissant dans son sillage des incendies dévastateurs, jusque dans des régions habituellement épargnées par ces impacts du réchauffement climatique comme la Bretagne.

En fin d'après-midi, 58 départements restaient en vigilance orange et 11 en vigilance jaune sur une grande moitié est du pays, avec des températures en hausse, entre 37 et 40°C dans l'Est, et des orages localement violents prévus dans plusieurs régions.
 

C'est le Sud-Ouest qui a subi les pires conséquences, avec deux gigantesques incendies en Gironde qui ont brûlé depuis le 12 juillet plus de 19 000 hectares de forêt. Poussée par le vent, la fumée a été ressentie dans la nuit jusqu'à Bordeaux.

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Près de 1 700 pompiers venus de toute la France, appuyés par d'importants moyens aériens, sont mobilisés contre les deux brasiers qui ont brûlé 6 500 hectares de forêt à La Teste-de-Buch près d'Arcachon, et 12 800 à Landiras, à 50 kilomètres à l'est, où un homme a été placé en garde à vue, l'enquête se dirigeant vers "un acte volontairement malveillant". En sept jours, ces deux incendies ont obligé à évacuer 37 000 personnes.

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Les incendies ont également atteint des régions peu habituées, comme la Bretagne. Près de 1 400 hectares de végétation sont partis en fumée dans les Monts d'Arrée (Finistère) où 500 personnes ont été évacuées, quelques heures après les records de chaleur historiques enregistrés dans tous les départements bretons.

Le vignoble de Bourgogne, mondialement réputé, a aussi connu des frayeurs. Une dizaine d'hectares de pins ont brûlé au-dessus des vignes de Vosne-Romanée et Nuits-Saint-Georges. Le pays entier est en alerte. Massifs forestiers fermés dans les Bouches-du-Rhône, tout comme de façon exceptionnelle les routes forestières en Ile-de-France, en Normandie et dans les Hauts-de-France, où plus de 250 hectares ont brûlé depuis le 20 juin dans le seul département de l'Oise.

La moyenne des températures maximales lundi sur la France (dans 30 stations de référence sur tout le territoire) a été la deuxième plus élevée jamais enregistrée, avec 37,6°C, après le 5 août 2003, qui avait culminé à 37,7°C, lors d'une canicule historique et meurtrière.

Le thermomètre est monté jusqu'à 42,6°C à Biscarrosse, dans les Landes. Au total, 64 records absolus de chaleur sont tombés, principalement le long de la façade atlantique, jusqu'en Seine-Maritime où 38,2°C ont été atteints au Cap de la Hève, au nord du Havre.

  • Espagne

En Espagne, où la vague de chaleur extrême sévit depuis près de dix jours, les feux de forêt continuaient de faire rage mardi, notamment dans la province de Zamora (nord-ouest). Selon les autorités régionales, près de 6 000 personnes ont dû être évacuées à cause des flammes qui ont détruit plusieurs milliers d'hectares de prairies et de forêts.

Une voiture brûlée lors d'un incendie  près de la ville d'El Pont de Vilomara, en Espagne, mardi 19 juillet 2022.
Une voiture brûlée lors d'un incendie  près de la ville d'El Pont de Vilomara, en Espagne, mardi 19 juillet 2022.
AP Photo/Emilio Morenatti

Un léger répit était annoncé côté températures par l'agence météorologique nationale, alors que le mercure a allègrement dépassé les 40°C ces derniers jours.

"Le changement climatique tue des personnes (...) mais aussi notre écosystème, notre biodiversité", réagissait ce lundi 18 juillet le président du gouvernement Pedro Sanchez.

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  • Portugal

Au Portugal, plus de 1 400 pompiers continuaient de lutter mardi matin contre les incendies. Les deux feux de forêt les plus préoccupants se situent à l'extrême nord du pays. L'un d'entre eux mobilisait mardi près de 700 pompiers. Un couple de septuagénaires a trouvé la mort lundi dans la zone alors qu'il tentait d'échapper aux flammes. Une nouvelle hausse des températures est prévue dès mercredi.

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  • Les pays du Nord connaissent des températures inédites
Les Pays-Bas ont enregistré ce lundi 18 juillet leur jour le plus chaud de l'année jusqu'ici, la température ayant atteint au moins 33,6°C dans la ville de Westdorpe (sud-ouest). L'Institut pour la Santé publique et l'Environnement (RIVM) a émis un "code orange" pour la journée du 19 juillet, où les températures pourraient atteindre les 38-39°C dans plusieurs villes du sud et du centre des Pays-Bas.

La Belgique redoutait aussi des records de chaleur ce 19 juillet, le thermomètre pouvant grimper par endroits jusqu'à 40°C, selon l'Institut royal de météorologie (IRM). Des horaires ont été aménagés pour certains métiers exposés à la chaleur.

Exceptionnellement, les grands musées gérés par l'Etat fédéral sont accessibles gratuitement aux plus de 65 ans qui peuvent y trouver de la fraîcheur. Deux réacteurs nucléaires situés près d'Anvers ont dû réduire de plus de 50% leur puissance de production afin de limiter la température des eaux rejetées dans le fleuve.

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Toute l'Allemagne est aussi confrontée à cette vague de chaleur. En Basse-Saxe (nord-ouest), les températures pourraient atteindre ce mardi les 40°C et donc s'approcher du record de 41,2°C enregistré en 2019, selon les météorologues.


Cette vague de chaleur est la deuxième en à peine un mois en Europe. La multiplication de ces phénomènes est une conséquence directe du réchauffement climatique selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

La canicule et la sécheresse exacerbent le risque d'incendies ainsi que la pollution à l'ozone, a averti mardi le service européen sur le changement climatique Copernicus.

"Les impacts potentiels d'une très forte pollution par l'ozone sur la santé humaine peuvent être considérables, tant en termes de maladies respiratoires que cardiovasculaires", explique Mark Parrington, scientifique du service de surveillance de l'atmosphère à Copernicus.

(Re)voir : l'Europe suffoque sous la canicule

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