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L'homme d'affaires français Vincent Bolloré placé en garde à vue pour corruption en Afrique

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©L. Bureau, F. Garnier / TV5MONDE

L'homme d'affaires et industriel breton Vincent Bolloré est placé en garde à vue depuis mardi 24 avril, dans une enquête sur des soupçons de corruption autour de l'attribution de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest.  Qui est-il ? Que lui reproche-t-on ? Et quelle est l'étendue de son empire en Afrique ?

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  • Qui est Vincent Bolloré ?

Il y a peu encore Vincent Bolloré était inconnu du grand public. Le discret propriétaire de la papeterie familiale OCB investit dans la fabrication du film plastique, multiplie OPA hostiles et opérations financières avant de s'intéresser au marché africain. Transports, logistique, fret maritime, huile de palme... l'entrepreneur breton développe son empire en Afrique. L'Autolib' c'est également lui. Le système urbain de voiture électrique est aussi un moyen de mettre en avant la batterie au lithium produite par le groupe Bolloré.

Prénom : Vincent
Nom : Bolloré
Âge : 66 ans
Profession : homme d'affaires milliardaire français à la tête du groupe qui porte son nom
Passion : la pêche à la crevette
Surnom : "Smiling killer" (le tueur au sourire)



Avec la création de la chaîne Direct 8 il réussit son premier coup médiatique. Le quotidien gratuit "Direct Matin" nait dans la foulée. Puis en 2014, il revend sa chaine ainsi que "Direct Star" (son robinet musical sur la TNT) au groupe Canal+. C'est à ce moment qu'il met la main sur la chaine cryptée en devenant Président du conseil de surveillance de Vivendi, propriétaire de Canal+.

Mais ce n'est que l'année suivante qu’il défraie la chronique.
Vincent Bolloré fait le grand ménage. Les Guignols, Maïtena Biraben au Grand Journal, le Zapping, le Petit Journal de Yann Barthès.... passent tous à la moulinette Bolloré et les abonnés prennent peu à peu la tangente.

Spécialiste de l'attaque, le tueur au sourire ("Smiling killer") est tout aussi redoutable avec les journalistes qui tentent d'investiguer sur son empire. Nicolas Vescovacci et Jean Pierre Canet auteurs de Vincent tout puissant mais aussi les enquêteurs de Complément d'enquête, Rue 89 et Bastamag l'apprendront à leurs dépens. Tous ont été attaqués en justice par l'industriel breton.

> À lire aussi : Liberté de la presse : le groupe Bolloré peut-il museler les journalistes ?

 

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©TV5MONDE
  • Que lui reproche-t-on ?

La police judiciaire de Nanterre le soupçonne de "corruption d'agents publics étrangers". Des soupçons qui portent sur l'attribution en 2010 de deux terminaux à conteneurs du groupe Bolloré en Afrique de l'Ouest : celui de Conakry en Guinée et celui de Lomé au Togo.

Les juges d'instruction tentent de déterminer si Havas, la filiale de communication du groupe, a sous-facturé des missions de conseil afin d'obtenir les concessions portuaires guinéenne et togolaise. Havas a en effet conseillé les présidents Alpha Condé et Faure Gnassinbé lors des élections présidentielles de 2010. Quelques mois plus tard, Bolloré Africa Logistics obtiendra les terminaux à conteneurs de Conakry et Lomé, alors que deux autres sérieux concurrents français étaient aussi sur les rangs. 

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©Loup Bureau, Pascale Achard


Vincent Bolloré est entendu, mardi 24 avril, dans les locaux des juges à Nanterre. Mais il n’est pas le seul : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix et surtout le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent, déjà aux commandes d’Havas à l’époque des faits reprochés, ont été convoqués.

Le groupe Bolloré dément «formellement» avoir commis des irrégularités dans ces deux dossiers. Ce que disait déjà Jean-Philippe Dorent au Monde en 2016. Le quotidien français qui cette même année relaye les propos du président guinéen Alpha Condé : "Bolloré remplissait toutes les conditions d'appel d'offres. C'est un ami, je privilégie les amis. Et alors ?".
 

  • Quid de l'empire Bolloré en Afrique ?

Logistique pétrolière et portuaire, transports ferroviaires, actionnaire de sociétés agricoles, le groupe français est devenu un incontournable des circuits économiques africains. Et il est, aujourd’hui, présent dans pas moins de 46 pays.

Bolloré Africa Logistics gère le très lucratif réseau portuaire de la multinationale : du stockage au transport des marchandises ce sont 10 ports d’Afrique de l’Ouest et 16 terminaux à conteneurs par l'intermédiaire de partenariats public-privé.

Le groupe Bolloré détient également la majorité des parts dans trois concessions ferroviaires en Afrique: Sitarail (Côte d'Ivoire, Burkina Faso), Benirail (Bénin) et la Camrail (Cameroun) marquée récemment par une catastrophe ferroviaire qui a fait 79 morts et 600 blessés fin 2016 à Eseka.
                  
Enfin, le groupe Bolloré est actionnaire à hauteur de 38,8% de la holding luxembourgeoise Socfin, qui gère environ 187.000 hectares de plantations en Afrique mais aussi en Asie. Il s’agit principalement de palmiers à huile et d'hévéas. Des activités qui ont valu à la Socfin des accusations d'accaparements de terres.

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©N. Loppy, B. Tricot / TV5MONDE