Info

L'Ocean Viking quitte Marseille pour sa première mission de sauvetage de migrants

Le nouveau bateau affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières Ocean Viking
Le nouveau bateau affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières Ocean Viking
© Capture d'écran Twitter du compte de Médecins Sans Frontières @MSF_Sea

Le nouveau bateau affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, l'Ocean Viking, a quitté dimanche soir le port de Marseille pour sa première mission de sauvetage de migrants au large de la Libye.

A 22H00 l'Ocean Viking, successeur de l'Aquarius, a appareillé du port de Marseille, salué sur le quai par le personnel de SOS Méditerranée qui reste sur place. Ces derniers, émus, ont applaudi le départ de leurs collègues à bord du navire qui a pris le large en donnant un coup de trompe. 

Le bateau rouge et blanc - les couleurs de son nouveau drapeau, norvégien - a pris le relais de l'Aquarius qui, privé de pavillon, avait dû abandonner ses missions en décembre 2018.

Le bâtiment de 69 m de long devrait atteindre la principale zone de naufrage, la Méditerranée centrale,  au large de la Libye, en deux à trois jours.

Beaucoup de traversées ont lieu en ce moment, c'est lié [...] à la situation en Libye, devenue un véritable repoussoir.

Frédéric Pénard, 43 ans, directeur opérationnel de SOS Méditerranée

Pour sa première campagne de l'année, après l'abandon en décembre 2018 de l'Aquarius, privé de pavillon, SOS Méditerranée, dont le navire a quitté Marseille à 22H00, ne doute pas de devoir secourir de nombreux candidats au départ.

"Beaucoup de traversées ont lieu en ce moment, c'est lié aux conditions météo estivales mais aussi à la situation en Libye, devenue un véritable repoussoir. Ce qui explique que les gens prennent encore plus de risques qu'auparavant", estime Frédéric Pénard, 43 ans, directeur opérationnel de l'organisation.

Au total, 31 personnes sont à bord de l'Ocean Viking pour porter secours aux naufragés, prêts à tout pour fuir la Libye : 13 personnes pour SOS Méditerranée, dont neuf marins secouristes et neuf pour MSF dont un médecin, une sage-femme, un médiateur culturel, plus l'équipage.

Fermeture des eaux italiennes

Côté politique, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a signé deux nouveaux arrêtés interdisant aux bateaux humanitaires de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes: au moins 164 migrants, dont des femmes, des enfants, secourus par des ONG espagnole, ProActiva, et allemande, Sea-Eye, étaient toujours bloqués en mer vendredi.

En l'absence d'accord entre Etats européens pour accueillir les rescapés, le gouvernement italien barre l'accès à ses ports, situés en première ligne face aux côtes libyennes: les équipes de l'Ocean Viking -13 personnes pour SOS Méditerranée, dont neuf marins secouristes; neuf pour MSF dont un médecin, une sage-femme, un médiateur culturel, plus l'équipage, soit 31 personnes au total- se préparent donc à une possible errance le long des côtes.

Si les navires des ONG "entrent dans les eaux territoriales italiennes, nous les saisirons un par un. On verra bien qui se fatiguera en premier", a déjà prévenu jeudi M.Salvini.

En l'absence d'accord entre Etats européens pour accueillir les rescapés, le gouvernement italien barre l'accès à ses ports, situés en première ligne face aux côtes libyennes: les équipes de l'Ocean Viking - 13 personnes pour SOS Méditerranée, dont neuf marins secouristes ; neuf pour MSF dont un médecin, une sage-femme, un médiateur culturel, plus l'équipage, soit 31 personnes au total- se préparent donc à une possible errance le long des côtes.
 

Le navire devrait être capable de recevoir 200 à 300 personnes. D'une capacité légèrement supérieure, l'Aquarius avait dû, un temps, abriter un millier de naufragés, rappelle SOS Méditerranée.

La Méditerranée, dont la surface ne représente qu'1% des océans de la planète, est pourtant devenue la route maritime la plus meurtrière au monde. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 840 personnes y ont disparu depuis le début de l'année, dont 576 en Méditerranée centrale - sans compter les naufrages non répertoriés.