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L'UE sanctionne la Russie a minima, menace l'armée birmane et consulte Washington

L'opposant russe Alexeï Navalny, dans un box vitré au tribunal de Moscou, le 20 février 2021
L'opposant russe Alexeï Navalny, dans un box vitré au tribunal de Moscou, le 20 février 2021
afp.com - Kirill KUDRYAVTSEV
Leonid Volkov, proche de l'opposant russe Alexeï Navalny, lors d'une conférence de presse, le 22 février 2021 à Bruxelles
Leonid Volkov, proche de l'opposant russe Alexeï Navalny, lors d'une conférence de presse, le 22 février 2021 à Bruxelles
afp.com - JOHN THYS
Les présidents russe et bélarusse Vladimir Poutine (g) et Alexandre Loukachenko, le 22 février 2021 à Sotchi, en Russie
Les présidents russe et bélarusse Vladimir Poutine (g) et Alexandre Loukachenko, le 22 février 2021 à Sotchi, en Russie
afp.com - Alexey DRUZHININ
Manifestation contre le coup d'Etat militaire, le 22 février 2021 à Naypyidaw, en Birmanie
Manifestation contre le coup d'Etat militaire, le 22 février 2021 à Naypyidaw, en Birmanie
afp.com - STR
Manifestation contre la nouvelle loi sur la sécurité, le 1er juillet 2020 à Hong Kong
Manifestation contre la nouvelle loi sur la sécurité, le 1er juillet 2020 à Hong Kong
afp.com - Anthony WALLACE
Manifestation contre le gouvernement, le 23 novembre 2020 à Minsk, au Bélarus
Manifestation contre le gouvernement, le 23 novembre 2020 à Minsk, au Bélarus
afp.com - STRINGER

Russie, Birmanie, Venezuela, Hong Kong, Bélarus: les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont tenté de peser lundi contre les violations des droits fondamentaux dans ces pays, mais les sanctions ciblées européennes ont peu d'effet, déplorent les partisans d'actions plus résolues.

L'opposant russe Alexeï Navalny l'a dit crûment aux députés européens en novembre 2020, pendant sa convalescence en Allemagne où il a été soigné après avoir été empoisonné en Russie. "L'UE devrait cibler l'argent, les oligarques, pas seulement les anciens oligarques, mais les nouveaux, membres du cercle proche de Poutine", avait-il lancé.

Mais l'accord politique trouvé lundi ne vise que quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre l'opposant et dans la répression menée contre ses partisans.

"J'espère une décision rapide, d'ici à une semaine pas plus" a annoncé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les proches de Navalny se sont dits déçus. "S'il s'agit de sanctionner dix fonctionnaires du Kremlin qui n'aiment pas voyager à l'étranger et n'ont pas de biens à l'étranger, alors ça ne sera pas douloureux et cela ne transmettra pas le message", a averti Leonid Volkov, venu à Bruxelles plaider pour des sanctions européennes contre les oligarques proches du président Poutine.

Le ministère russe des Affaires étrangères a regretté cette décision "décevante".

"La décision adoptée par le Conseil des affaires étrangères le 22 février courant sous un prétexte alambiqué pour préparer de nouvelles sanctions illégales et unilatérales contre des citoyens russes est décevante", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

En décidant de telles sanctions, l'UE ne veut pas couper les ponts avec Moscou et cherche une riposte adaptée à la dérive autoritaire de la Russie.

"Nous devons être capable de la contrer lorsqu'elle franchit les lignes rouges sur les droits de l'homme, de réagir quand elle nous menace et de nous engager avec elle sur les sujets pour lesquels nous avons des intérêts à défendre", a expliqué Josep Borrell.

"Les sanctions visent les personnes qui sont responsables de l'arrestation d'Alexeï Navalny, de ses condamnations et de ses persécutions", a-t-il souligné.

- Critiques contre l'inefficacité des sanctions -

"Il n'est guère possible de sanctionner les oligarques. Nous ne pouvons agir que contre des fonctionnaires, et cela uniquement si nous avons des preuves", avait expliqué le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn avant la réunion.

Les sanctions européennes consistent en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l'UE pour les personnes ou entités concernées.

Les Européens se sont concertés lundi en visioconférence avec le nouveau secrétaire d'Etat américain Antony Binken sur leurs difficiles relations avec la Russie.

Les ministres ont également décidé de sanctionner les militaires responsables du coup d'état en Birmanie. "Les mesures européennes vont frapper leurs intérêts, car dans ce pays, les militaires sont des entrepreneurs et ils détiennent des pans de l'économie", a annoncé Josep Borrell.

Ils ont par ailleurs sanctionné les atteintes à la démocratie et à l'Etat de droit commises par le régime de Nicolas Maduro au Venezuela avec l'inscription de 19 hauts fonctionnaires sur la liste noire de ce pays qui compte désormais 55 noms.

Les ministres ont également décidé lundi le principe de nouvelles sanctions contre la répression menée à Hong Kong, où le principe "un pays, deux systèmes" est remis en cause par la Chine.

Ils ont enfin annoncé envisager de nouvelles mesures contre le pouvoir au Bélarus. Mais trois trains de sanctions ont déjà été adoptés contre le régime et le président Alexandre Loukachenko a été inscrit sur la liste noire sans aucun effet. Et le soutien affiché de Vladimir Poutine conforte Minsk.

Les critiques se multiplient contre l'inefficacité des sanctions ciblées européennes. "L'Europe ne devrait pas avoir peur d'utiliser ses leviers économiques contre la Russie", soutient Ian Bond, directeur pour les affaires de politique internationale au Centre for European reform (CER).

Mais "il ne faut pas attendre une approche unie", déplore l'Italien Gianni Rotta, expert en désinformation auprès de la Commission européenne.

"L'UE est confrontée à une pandémie et à des difficultés économiques croissantes, à une dépendance au gaz russe et compte quelques pays membres qui sympathisent avec le Kremlin ou sont dominés par des partis populistes alimentés par la Russie", a-t-il expliqué dans un entretien pour le centre Carnegie Europe.