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"L'urbex" : quand l'exploration urbaine redonne vie aux ruines

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© TV5MONDE

Contraction d'exploration urbaine, "l'urbex" consiste à visiter des lieux abandonnés, souvent interdits ou difficiles d'accès, comme des tunnels de métro, des toits, des catacombes ou des chantiers de constructions et de rénovations. Une pratique popularisée depuis quelques années grâce à YouTube et aux réseaux sociaux.

On appelle leurs adeptes des urbexeurs ou urbexeuses. Ils explorent des lieux désaffectés comme des gares, des usines, ou des châteaux. Cette pratique a été popularisée aux Etats-Unis dans les années 1990. Et grâce aux réseaux sociaux et YouTube, l'urbex fascine et intrigue aujourd'hui un grand nombre de personnes. Sur Instagram, le hashtag "urbex" regroupe plus de six millions de publications. Alors, quels sont ces pratiquants et pourquoi cela les fascine tant ?

Pratiquer l'urbex

"L'urbex" prend le contre-pied des visites touristiques traditionnelles, en explorant un lieu par son passé. Découvrir, voire redécouvrir, les lieux est une des principales raisons qui explique pourquoi l'urbex attire tant. L'usine abandonnée que nous avons visité est un bon exemple. La nature semble avoir repris ses droits sur le bâtiment, et offre parfois une impression de vision post-apocalyptique. Désaffectée depuis vingt-cinq ans, certaines pièces ou équipements, comme l'ascenseur, semble avoir gardé leur état d'origine, malgré l'usage du temps. Cette visite permet donc de s'imaginer voire de comprendre comment fonctionnait cette usine et quel était le quotidien des salariés. (voir notre vidéo ci-dessus)

L'urbex est vaste et regroupe plusieurs types d'explorations. La cataphilie, d'abord, rassemble les adeptes des catacombes, de Paris à Naples, en passant par Rome. Cette pratique cherche avant tout à explorer les catacombes et pas à les étudier (comme le fait la subterranologie).

Autre type d'exploration, la toiturophilie. Comme son nom l'indique, il s'agit de l'exploration des toits. Principalement réalisée par des adeptes de photographie, la pratique n'est pas sans risque. Souvent illégale, certains en ont même perdu la vie, comme l'Américain Christopher Serrano (heavy_minds sur Instagram), décédé en 2016 en tentant de grimper sur un métro. En France, Johan Tonnoir, adepte du parkour (une discipline sportive qui consiste à franchir successivement des obstacles urbains ou naturels) a publié une vidéo dans laquelle il s'amuse à courir de toit en toit. Frissons garantis.

Pratiquer l'urbex est surtout, et avant tout, explorer des bâtiments abandonnés, comme des bâtiments abandonnés, des hôpitaux, des anciens bunkers, des châteaux, des usines laissées à l'abandon, etc.

Il existe même des villages délaissés, comme le montre Exploring With Josh dans une vidéo YouTube, chaîne d'urbex regroupant près de trois millions d'abonnés.

L'urbex et ses dérives

Si l'urbex reste incontournable aux Etats-Unis, où le phénomène s'est popularisé dans les années 1990, qu'en est-il de cette pratique en France ? Elle a tout d'abord débuté par le bouche-à-oreilles, avant d'être popularisée via YouTube notamment et des réseaux sociaux comme Instagram. Des comptes ont réussi se faire une place comme celui d'alexpenfornis, lorsqu'il photographiait les toits de Paris.

L'urbex se raconte également dans les livres. Timothy Hannem, passionné par l'exploration des lieux abandonnés, en a publié un regroupant 35 expéditions urbaines pour connaître l'Europe autrement. De l'Espagne à la Suède, en passant par la France et la Belgique l'auteur fait découvrir aux lecteurs des lieux inédits de l'Europe après avoir consacré un ouvrage à la France.

Toutefois, cette pratique n'est pas sans risque et des dérives sont apparues : vols, dégradations, etc. Certains gestionnaires de monuments sont devenus très vigilants. Comme Notre-Dame de Paris, où des barbelés ont été installés pour empêcher les curieux de grimper sur les gargouilles.