Info

Unesco : la harissa de Tunisie au patrimoine immatériel de l'humanité

Harissa fait maison
Harissa fait maison
Ovva olfa

Condiment national en Tunisie confectionné à base de piments, la harissa a été inscrite jeudi par l'Unesco au patrimoine de l'humanité. Présidé par le Maroc, le Comité en charge du patrimoine culturel immatériel mondial au sein de cette organisation des Nations unies examine depuis lundi 28 novembre 56 demandes d’inscription, dont quatre nécessitant une sauvegarde urgente. 

En Tunisie, c'est un trésor national. La harissa est un condiment confectionné à base de piments séchés au soleil, d'épices fraîchement préparées et d'huile d'olive qui la conserve et en atténue le piquant.

On la trouve quasiment dans toutes les assiettes de restaurateurs en Tunisie et elle est exportée vers de nombreux pays.

Un emblème de la Tunisie, mythique et piquante Harissa

Chargement du lecteur...

La harissa, élément fédérateur pour tous les Tunisiens

"Utilisée comme condiment, ingrédient, ou même un plat à part entière, la harissa est bien connue sur tout le territoire tunisien où elle est consommée et produite, en particulier dans les régions qui cultivent le piment", peut-on lire dans le dossier de candidature présenté par la Tunisie à l'Unesco en vue de son inscription au patrimoine immatériel de l'humanité.

"Elle est perçue comme un élément identitaire du patrimoine culinaire national, et un facteur de cohésion sociale", ajoute le texte. "Préparée et consommée sur tout le territoire tunisien, la harissa est perçue comme un élément fédérateur de tout un pays".

(Re)voir : Festival "Couscoussi" à Alger : quel chef maghrébin prépare le meilleur couscous ?

"Faisant partie intégrante des provisions domestiques et des traditions culinaires et alimentaires quotidiennes de toute la société tunisienne, la harissa est préparée, le plus souvent, par les femmes dans un cadre familial ou vicinal convivial, à caractère festif, marqué par une entraide communautaire remarquable", explique le dossier de candidature examiné par le Comité du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

C'est la première fois qu'il se retrouvait en présentiel après deux sessions annuelles successives (2020 et 2021) tenues en ligne en raison de la pandémie de Covid-19.

Les résultats ont été publiés sur les comptes Twitter de l'Unesco.

Une liste de savoir-faire, traditions, pratiques culturelles à sauvegarder

Afin d'éviter les controverses, l’Unesco honore avant tout des traditions, des pratiques et des savoir-faire à sauvegarder. 

Adoptée en octobre 2003 et ratifiée par 180 pays, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel promeut la sauvegarde des connaissances et savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel.

Outil de la diplomatie culturelle, elle récompense également des "pratiques culturelles transmises de génération en génération, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs ou encore les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers".

Maghreb : le couscous entre au patrimoine immatériel de l’Unesco

Chargement du lecteur...

En plus de ce savoir-faire tunisien, l'Unesco a inscrit le raï (Algérie), la baguette de pain (France), les fêtes foraines (France et Belgique), la culture du "tchaï/thé" (Azerbaïdjan et la Turquie), les techniques traditionnelles de transformation du thé (Chine), le rubab, luth d'Asie centrale (Iran/Tadjikistan/Afghanistan), la slivovitz, l'alcool de prune de Serbie, ou encore le rhum léger (Cuba).

(Re)lire : Le raï algérien rentre au patrimoine immatériel de l'Unesco

​La liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité compte aujourd'hui 530 éléments inscrits, dont 72 nécessite une sauvegarde urgente.